Automédication

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Fléau du Siècle en Algérie

L’automédication, fléau du siècle, particulièrement en Algérie où trois Algériens sur quatre ont recours à une médication sans avis médicalisé. Les jeunes et moins jeunes sont nombreux à s’adonner à l’automédication à titre préventif. Profanes, s’érigeant pour l’occasion en « médecins-conseil », sans prendre conscience du danger que cette pratique peut engendrer sur la santé physique et morale.

« Ne pas laisser les médicaments à la portée des …Adultes ! »

En 2009, une étude indiquait que la proportion des personnes se soignant seules augmente progressivement chez les adultes de 40 à 79 ans. Selon l’étude, elle est plus importante chez les Cadres. Un comble !

Les campagnes de sensibilisation mettent en garde contre les risques d’une utilisation irrationnelle des médicaments, produits chimiques par nature, et recommandent le recours au médecin, et donc à la prescription médicale (ordonnance), même dans le cas de maladies considérées bénignes ou passagères.

En 2018, une autre étude ciblant un échantillon représentatif de personnes, issues de 23 Wilayas, indique que durant l’année écoulée : 52% d’Algériens ayant consommé des médicaments ont privilégié l’automédication et 42% ont sollicité des pratiques alternatives : roqia (59%), hidjama (40%), herboristerie (22%).

La plupart des personnes interrogées ont justifié leur attitude par l’adoption d’un « comportement préventif ». En Algérie, si certains médicaments sont autorisés à être vendus sans ordonnance (antiseptiques, antalgiques, certaines crèmes dermatologiques et cosmétiques…), d’autres en revanche, sont formellement interdits sans la prescription d’un médecin.

Plus de 1500 médicaments sont délivrés en pharmacie sans ordonnance. L’automédication représente près de 650 millions de boîtes sur un milliard, vendues en pharmacies.

Les effets secondaires des médicaments peuvent causer la mort des personnes fragiles. Pour exemple, les corticoïdes et antibiotiques, causant un grave déficit immunitaire.

La majeure partie de ceux recourant à l’automédication ne prennent pas la peine de consulter la notice, pour vérifier avant chaque usage, posologie et l’existence d’éventuelles contre-indications ou d’associations dangereuses, ainsi que les dates de péremption.

Beaucoup tiennent à disposer d’une « boîte à pharmacie » à la maison. Des médicaments acquis sans avis médical et soigner les enfants en cas de malaise léger.

Autre aspect du problème, la rupture des médicaments a généré le phénomène de stockage. Une option génératrice de surdosage et non-respect de la posologie.

Moufida, 46 ans, dit soigner ses dérangements gastriques avec le même sirop, depuis plus de 10 ans. Elle en possède 03 flacons par peur d’une pénurie.

Walid, 58 ans, ne saurait se passer de ses nombreux antalgiques, dont il soigne ses divers maux. Il passe aux Anti inflammatoires pour les grandes douleurs.

40% des personnes interrogées, dont malades chroniques, affirment n’avoir pas trouvé le médicament prescrit même en générique et 42% se sont adressées à trois pharmaciens successifs pour pourvoir à leur ordonnance.

Depuis l’instauration du tiers payant, on constate une atténuation marquée de l’automédication. Avant les caisses de Sécurité sociale étaient gagnantes. Actuellement, 80% des patients sont remboursés par la CNAS, et se rendent plus volontiers chez le médecin, d’où l’abondance de prescriptions médicales.

L’automédication n’est qu’une forme poussée de la mauvaise éducation sanitaire du citoyen et qu’en outre, seul un praticien est amène à juger de la gravité d’une affection et du remède à prescrire.

Karine AÏT YOUNES

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