Oum Kalsoum et Dalida, les voix de l’Égypte

Oum Kalsoum et Dalida, les voix de l’Égypte

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Coffret « Divas d'Orient ». Orients éditions

Le rayonnement d’Oum Kalsoum et l’empreinte laissée par Dalida en Égypte sont inscrits dans l’ADN du pays. Dans un coffret au titre très à propos, Divas d’orients, sont réunies les deux femmes qui ont marqué le monde de la musique, en deux ouvrages rassemblant une collection d’hommages en image.

Oum Kalsoum Forever de Ysabel Saïah-Baudis

Oum Kalsoum Forever de Ysabel Saïah-Baudis. Orients éditions

En Egypte, il existe une diva qui surpasse toute autre. Elle est l’astre de l’Orient, la quatrième pyramide… que dire d’autre, si ce n’est son nom : Oum Kalsoum. Monument sacré dont le mythe se prête autant à sa voix qu’à ses chants savants, elle existe partout où la langue arabe subsiste et son influence est à la hauteur de ses illustres surnoms. Et si la rhétorique de son oeuvre est grandement nourrit par l’élite des poètes et intellectuels de son temps, c’est en revendiquant ses origines modestes et à travers son infaillible patriotisme que l’icône a forgé sa place à la tête des symboles culturels du monde arabe moderne.

Dans Oum Kalsoum Forever, c’est le portrait d’un écho que l’on découvre page après page. Entrecoupé de photographies de l’artiste en représentation, sur scène comme en dehors, le profil de la diva se répète, reflet distancié vu et revu à travers l’art et la pop culture. Comme autant de « Diptyque Oum », elle est copiée-collée, sculptée, peinte, photoshopée… imprimée dans la conscience collective de plusieurs générations qui continuent à donner vie à sa légende.

Dalida en Égypte de Jaqueline Jondot

Dalida en Égypte de Jaqueline Jondot. Orients éditions

Un regard sur la couverture, et c’est à croire que la chanteuse a prêté son nom à un alter ego. Mais c’est bien elle : cheveux bruns et courts, loin de la longue crinière blonde qu’on associe à son souvenir. Quand on se remémore Dalida, on pense « l’italienne », monument de la chanson française à la voix roque et mélancolique. On se rappelle moins facilement de l’égyptienne, la fille de Choubra, actrice qui ne se convertira à la chanson qu’une fois arrivée aux abords des cabarets parisiens. C’est pourtant de son pays natal qu’elle détient son inimitable accent : l’anglo-égyptien d’un Caire alors sous la puissance mandataire britannique, orné de l’italien familial rapporté deux générations plus tôt sur les rives du Nil.

Jaqueline Jondot effectue, avec Dalida en Égypte, un véritable travail d’enquête, sur les traces de celle qui était Iolanda Gigliotti, réunissant les témoignages rares de ceux qui l’ont alors connue et d’autres, qui parcourent au quotidien les lieux qu’elle habite encore. Dans ce recueil, la diva n’existe qu’en Égypte : enfant d’un monde cosmopolite où l’on peut retracer son histoire à travers les clichés d’école et les photos de famille. Son départ en France n’est qu’un vide temporel, un saut en avant jusqu’à son retour au pays lors d’une première visite et, plus tard, d’un dernier film.

Syrine Gouni

Édition: Orients éditions, coffret, 24,90€ en vente sur orienteditions.fr.

Une exposition de photos des deux divas aura lieu prochainement à l’Institut du monde Arabe à Paris.

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