L’alliance LICRA-Grande Mosquée de Paris et l’atteinte à la mémoire de Benbadis...

L’alliance LICRA-Grande Mosquée de Paris et l’atteinte à la mémoire de Benbadis par un recteur à faible légitimité religieuse.

990
PARTAGER

Ceux qui auront la patience de se pencher sur les débuts du nouveau recteur de la mosquée de Paris auront à distinguer entre l’image factice qu’il cherche à donner de lui-même et les réalités telles qu’elles sont régulièrement révélées par son entourage qui doute de ses compétences.

Dalil Boubaker, ancien recteur de la grande mosquée de Paris

Les informations avérées proviennent généralement de l’intérieur de la mosquée, où les plus anciens ont la nostalgie de la période où le regretté cheikh Abbas réussit à faire sortir la mosquée de son isolement. Presque tous regrettent les dernières années durant lesquels Dalil Boubakeur ouvrit la mosquée aux autres organisations de l’Islam en France, sortit « l’Institut » de son hibernation et se posa en garant de l’orthodoxie sunnite pour mieux se démarquer des apprentis-réformateurs médiatiques qui promettent aux laïcistes de ramener à deux le nombre de prières quotidiennes-en attendant d’autres excentricités.
Les chercheurs désireux de contrer les mystifications que multiplie ce genre d’acteurs de l’Islam en France peuvent compter sur les témoignages des membres outrés de la Société des habous, des étudiants de l’Institut sidérés par la chute du niveau de l’enseignement depuis l’arrivée du nouveau recteur et ceux des imams détachés choqués par le soutien à Charlie-hebdo destiné à obtenir une présence dans des médias, souvent islamophobes. Tous se taisent par crainte des représailles, mais tous sont unanimes à déplorer les conséquences fâcheuses de la régression commencée après le coup de force du 11 janvier 2020.
La démystification est facile à faire. Il suffit d’examiner de plus près les contenus des tweets du recteur (plus nombreux que le nombre de prières par jour) pour les déconstruire à la lumière des témoignages des habitués de la mosquée. Ces témoignages émanent d’une partie du personnel de la mosquée restée attachée à la dignité de la fonction religieuse. Selon ces modestes employés, pour être sauvegardée, celle- ci exige plus de retenue, plus de maîtrise du désir de paraître, un savoir religieux amélioré et moins d’incohérences. Tous constatent un usage inconsidéré de la « laïcité » pour faire admettre toute sorte d’abus.
En peu de mois, le nouveau recteur a abusé de l’usage de la « laïcité » afin de satisfaire les milieux administratifs et médiatiques, intéressés par des « musulmans sans Islam », et dont le soutien lui paraît infiniment plus important que la confiance des fidèles.

La première stratégie improvisée par le successeur de Dalil Boubakeur était fondée sur une outrancière surenchère laïciste. Au vu de la multiplication des sous-courants laïcistes, les musulmans désireux de s’adapter dans une société sécularisée sans perdre leur âme ne savent plus quelle est la bonne définition de la laïcité. Malgré cette perplexité des musulmans les plus modérés, le recteur s’est lancé dans une apologie béate de la laïcité, qui est aussi peu connue de lui que l’Islam. La plus inoubliable de ses gesticulations qui lui a permis d’occuper pour un temps l’espace médiatique a consisté à recevoir ostensiblement une militante berbériste qui s’est improvisée « imam » dans la banlieue parisienne. En faisant croire qu’il allait approuver la nomination d’imams-femmes, le nouveau recteur a pu intéresser des journaux qui n’avaient jamais entendu parler de lui. Il multiplia les annonces sur une officine au titre ronflant- baptisée « Conseil des Sciences et de la Culture »- dont les rôles demeurent imprécis. Sa création a été annoncée juste après la « démission »de Dalil Boubakeur, un 11 janvier, jour anniversaire du départ forcé du président Chadli. Le recteur a confié à un vrai « janviériste » de 1992 la présidence de cette cellule qui est composée d’individus à très faible sensibilité religieuse, et à qui l’on devait déjà une peu glorieuse désislamisation de l’émission religieuse dominicale diffusée sur France 2 par l’association « Vivre l’Islam ». Les problèmes posés, aussi bien à l’Islam qu’à la laïcité, par cette association furent résumés par un préfet qui avait été directeur du Bureau central des Cultes du ministère de l’Intérieur et qui préfère l’appeler « Vivre (de) l’Islam ».
Les imams détachés à qui la nouvelle direction de la mosquée ordonna de se mettre à la disposition de l’agnostique président de ce conseil s’attendaient à voir ce dernier leur commander une « fetwa » autorisant la nomination de femmes-imams. Le malaise des imams a été d’autant plus fort que la plupart savent que cet ancien ministre de l’Éducation en Algérie (qui dit vouloir rompre avec l’ « Islam consulaire » !) avait refusé, à l’arrivée de Dalil Boubakeur, d’envoyer en France des imams mêlés aux enseignants de l’ELCO. Il justifia son refus en arguant qu’il fallait « laisser les immigrés s’assimiler ». Il considérait, lui aussi, l’Islam comme un obstacle à cette assimilation. Le nom de ce pro-janviériste laïcard se trouve cité dans les témoignages de l’ancien ministre de l’Éducation, Ali Ben Mohamed, dans ses révélations sur la distribution des sujets du bac pour le déstabiliser et mettre fin à la politique d’arabisation. Ce fut fait quand la manipulation réussit et permit à l’actuel président du « Conseil des sciences… » de prendre la place du ministre admiré pour son parfait bilinguisme.
Mais le projet islamo-féministe a dû être abandonné après le sérieux malais créé par une interview dans le Figaro, où le recteur s’est autorisé à soutenir, au nom d’une institution religieuse, l’acharnement islamophobe de Charlie-Hebdo qui a publié à nouveau les caricatures contre le Prophète. C’est après cette sortie que fut mise sur les réseaux sociaux une déclaration de 2006, dans laquelle le président Chirac, en se posant en garant de « la liberté d’expression », appela néanmoins au « respect de la dignité des croyants ». On s’est aperçu que la recherche éperdue de la médiatisation a fait oublier au nouveau recteur que son premier devoir, quand il s’exprime au nom d’une prestigieuse, mais paralysée mosquée, consiste à défendre la dignité des croyants. Cet épisode a créé un dissentiment durable qu’aucune des pirouettes du recteur ne pourra faire oublier.
Il y aurait aussi à s’interroger sur les langages multiples du nouveau recteur. En moins d’une semaine, il dit une chose aux uns, et son contraire aux autres. Dans une longue interview au journal el Khabar, il reconnut son déficit de légitimité religieuse et admit la maigreur de sa culture islamique. Et il s’est empressé de s’attribuer un « rôle politique » qui, selon son singulier raisonnement, ne requiert ni une sensibilité islamique affirmée, ni des connaissances islamologiques étendues. Voyant le journaliste sceptique sur ses possibilités d’améliorer sa légitimité afin de mettre au point ses relations avec les fidèles de plus en plus en plus mécontents, il s’abrita derrière le passé révolutionnaire familial en rappelant l’existence d’un « frère chahid » et d’une sœur tissal (agent de liaison) de la Zone autonome d’Alger ». C’est peut-être vrai, mais aucun des survivants de la ZAA ne se souvient de l’héroïsme nationaliste attribué par le recteur à cette sœur. A supposer que la participation de membres de sa famille à la guerre de libération soit vraie, le sacrifice de son frère et le dévouement de sa sœur ne changent absolument rien à son irrémédiable déficit de légitimité religieuse. En voulant bénéficier d’une partie du prestige nationaliste de membres de sa famille, il cherche à substituer ce « capital symbolique » à la légitimité religieuse qu’il reconnaît ne pas avoir, notamment dans l’interview au journal arabophone el Khabar.
Mais quelques jours après la parution de cette interview kilométrique, dont la publication aurait, selon une source bien informée, fait l’objet d’une tarification en bonne et due forme, le recteur était interviewé en direct à une émission matinale de RTL. Là, il fit preuve d’amnésie pour déclarer qu’il « ne fait pas de politique » et prit l’engagement de combattre « l’islam politique ». La promesse de combattre « l’islam politique » revient souvent dans ses déclarations répétitives. Mais il n’a jamais été en mesure de donner une définition satisfaisante de ce qu’il promet de combattre. Sans parler de son incapacité à répondre aux objections lui rappelant que de nombreux courants de « l’Islam politique » bannissent tout recours à la violence et jouent un rôle plus actif que le sien dans la prévention des usages du religieux à des fins répréhensibles. Au cours de cette même interview il a eu un lapsus que des psychanalystes qui n’avaient jamais entendu parler de lui ont trouvé très révélateur. Alors qu’il voulait parler du Prophète, il dit « le recteur salla allahou ‘alayhi wa sallama… »(le recteur, prière et salut de Dieu sur lui…) !!!
C’est parce qu’il n’a pas de réponse convaincante aux objections que suscitent ses déclarations contradictoires, qu’il n’a pas eu le courage d’intervenir au colloque international organisé le 23 février dernier à Alger par le Haut Conseil islamique, dont le président l’a inscrit pour parler le premier en espérant lui donner l’occasion de se repentir après son choquant soutien à Charlie. Le recteur a préféré fermer ses téléphones et repoussa la perche que lui tendait le cheikh Ghelamallah qui voulait sans doute contribuer à améliorer l’image de son pays, sérieusement mise à mal par les palinodies du recteur d’une mosquée entièrement financée par l’Algérie. Le recteur s’est dérobé sans doute parce qu’il n’avait aucun argument à opposer aux objections du secrétaire général de l’Union Mondiale des Oulama musulmans qui avait eu le courage de dénoncer l’islamophobie quasi-officielle en France, qu’approuvaient les faux représentants de l’Islam.
Tous ces errements ont excédé les plus paisibles parmi les fidèles de la mosquée. Ils ont outré les jeunes musulmans de toutes les régions dont certains ont le courage de répliquer vigoureusement aux provocations de ses tweets.


On croyait le nouveau recteur conscient de l’irritation que provoque chacune de ses nombreuses, trop nombreuses sorties médiatiques. Les plus optimistes répétaient qu’il était en train de s’améliorer afin de faire baisser les tensions palpables dans les couloirs de la mosquée, et dans les rencontres de fidèles après la prière du vendredi. Mais les espoirs d’amélioration furent vite déçus quand le recteur annonça l’accord qu’il choisit de conclure avec la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), après les carnages de l’aviation israélienne à Gaza. Cette Ligue a toujours nié l’existence de l’islamophobie. Elle reprenait allègrement à son compte les laborieuses explications servies régulièrement aux médias par des politistes sécuritaires voulant faire croire que ce concept ne serait qu’une invention des « islamistes radicaux » voulant « nous interdire de critiquer l’Islam »(sic). Même quand on tire sur de paisibles fidèles à l’entrée d’une mosquée, comme celle de Bayonne, ces idéologues continuaient à nier l’évidence. Jusqu’à récemment, la LICRA et le nouveau recteur persistaient dans cette négation. Mais ces tout nouveaux partenaires se mettent soudain à adorer ce qu’ils voulaient brûler et s’engagent à se concerter pour dénoncer les actes islamophobes. Cet accord a été durement critiqué par les préposés à la lutte contre l’islamophobie qui se trouvent totalement oubliés, et avec lesquels le recteur ne s’était jamais concertés. Selon d’autres critiques, la LICRA aurait fait preuve d’un « humanisme bourgeois tardif »(selon l’excellente expression d’Edward Saïd), juste pour éviter de voir l’agressivité israélienne fortement dénoncée en Europe, et pas seulement par des musulmans. Les expériences passées ont montré que les plus convaincants parmi les musulmans réussissent à priver Israël d’une partie de ses soutiens inconditionnels qui, lorsqu’ils sont bien informés, peuvent dénoncer les crimes commis à Gaza, au nom de l’éthique juive elle-même. L’engagement tardif du recteur contre l’islamophobie et le racisme est mis en doute par les vétérans de l’anti-racisme qui se souviennent des sérieux désaccords entre la LICRA et le MRAP, du temps du regretté Mouloud Aounit. Il arrivait à cet militant authentiquement anti-raciste de reprocher durement à la LICRA sa torpeur, voire ses pesants silences, quand d’abominables crimes racistes anti-arabes étaient commis. La LICRA était restée moins vigilante sur le racisme, malgré le changement de son sigle où fut ajouté le « R » à LICA (Ligue Contre l’Antisémitisme), mais sans trop s’impliquer dans le combat contre le racisme anti-arabe et l’islamophobie. Si le but du nouveau recteur était vraiment la dénonciation du racisme et de l’islamophobie, un partenariat avec le MRAP lui aurait rapporté les soutiens de ceux et celles qui le critiquent durement pour sa complaisance avec la LICRA.
Dans cette affaire, le recteur a confirmé qu’il obéit souvent à des réflexes en faisant l’économie de la réflexion qu’exigent les situations complexes. Il aurait pu s’aviser que la LICRA s’emploie surtout à éviter les condamnations de l’agressivité israélienne. En s’alliant à quelqu’un que les médias complaisants font passer pour le plus représentatif de « l’Islam de France »(en raison du prestige et de l’ancienneté du bâtiment), et en dénonçant, souvent du bout des lèvres, l’islamophobie en France, cette Ligue veut faire croire que les musulmans de ce pays seraient sur la même ligne que le recteur. Selon les témoignages de ceux qu’amuse le recensement de ses contradictions, le recteur se serait contenté, sur une chaîne de télévision, de désigner le « terrorisme des Palestiniens» comme la seule et unique cause de la dernière guerre à Gaza . Le recteur a assumé toutes ces critiques prévisibles, en ayant l’esprit obnubilé par les quelques avantages médiatiques, qui, pour lui, sont une fin en soi.
Au vu de la dureté et du bien fondé des reproches adressés de toutes parts à sa transaction avec la LICRA, le recteur a cru pouvoir limiter les effets de ces critiques en essayant de s’expliquer dans une tribune parue dans le Monde, que beaucoup de lecteurs trouvent trop indulgents avec lui. Dans ce texte, sur lequel il y aurait beaucoup à dire, le signataire (qui n’est pas nécessairement le rédacteur) appelle le vénérable cheikh Abdelhamid Benbadis à la rescousse. Il tente de faire cautionner par le prestige du cheikh les douteuses transactions symboliques qui lui sont reprochées. Le lecteur du Monde apprend que Benbadis aurait été un ami, voire un allié de Bernard Lecache, le fondateur de la LICA qui cherchait à entraîner les musulmans dans ses campagnes anti-fascistes. Là aussi, le recteur n’est pas à une contradiction près. Benbadis redevient utile à citer, alors que dans l’entourage du recteur il est régulièrement dénoncé comme étant le grand-père des « radicalismes », voire même du « terrorisme ». Il suffit de se souvenir des élucubrations de certains invités de marque à l’émission dite islamique qui accablent les chefs de l’Islah (Benbadis et Brahimi) en les rendant responsables des radicalismes des années 90. Un des membres du fameux « Conseil des sciences… », partisan du néo-maraboutisme comme remède-miracle contre « l’Islam politique », imputait doctement la montée des fondamentalismes au combat par Benbadis du maraboutisme pro-colonial. Le recteur partage ses avis. Mais il n’hésite pas à faire cautionner une alliance « islamo-sioniste » par le même Benbadis.
4-Photo Cheikh Benbadis

Cheikh Benbadis

La prétendue alliance Benbadis-Lecache a outré tous les lecteurs des mémoires de Malek Bennabi, qu’un ex-protecteur du recteur, lecteur des « banlieues de l’Islam », accusait d’ «intégrisme » à titre posthume. Cet ancien homme fort de l’ambassade tenta vainement d’empêcher que le nom de Bennabi soit donné au lycée algérien de Paris. Mais le président Boutéflika ne s’est pas laissé impressionner par cet apprenti-décideur
Bennabi mentionne dans le deuxième tome de ses « mémoires d’un témoin du siècle » les ambiguïtés de Bernard Lecache, cet « humaniste » intéressé surtout par l’utilisation des musulmans comme force d’appoint. En 1937-38, cet immigré russe invitait les nombreux auditeurs du Centre Culturel du Congrès musulman algérien, qu’animait Bennabi à Marseille, à venir remplir les salles où il organisait ses meetings. Mais dans les motions adoptées à l’issue de ces réunions, Lecache ne tenait pas ses promesses de condamner les iniquités coloniales au même titre que les atteintes aux droits de l’homme en Russie ou en Europe centrale. Cet « ami » occasionnel des musulmans faisait du porte-à-porte dans sa recherche d’une force d’appoint musulmane. Et il a dû faire partie des nombreuses personnalités qui rendirent visite, en 1934, au cheikh Benbadis pour le féliciter de la noblesse dont il fit preuve pour éviter à la colère provoquée par la profanation d’une mosquée de Constantine par un officier de confession juive de justifier le recours au principe nazi (et néanmoins actualisé par l’armée française pendant la guerre de libération) de la responsabilité collective. Le cheikh Benbadis s’était trouvé dans une situation comparable à celle de l’émir Abdelkader qui, en 1860, sauva du massacre 12000 chrétiens de Damas. La maçonnerie qui avait superbement ignoré l’émir durant ses cinq années de captivité en France, tenta de rentabiliser son prestige dans le but d’attirer plus de musulmans vers les Loges. En falsifiant l’histoire de la rencontre Benbadis-Lecache, le recteur se met sur les traces de ces manipulateurs. L’ambiguïté de l’interprétation par le recteur de la brève rencontre entre Lecache et Benbadis facilite le travail de sape des habitués du révisionnisme historique. En s’appuyant sur un faux représentant de l’Islam, qui ignore tout de la vie de Benbadis et ne s’intéresse à l’histoire que pour en faire des usages aussi douteux que ceux qu’il fait de la religion, ces révisionnistes s’empressent déjà d’attribuer à Benbadis une indulgence, voire quelque sympathie pour le mouvement sioniste. Or, chacun sait que les correspondances régulières du cheikh Benbadis avec Rachid Rida et l’émir Chakib Arslane (qui présidait le Comité syro-palestinien de Genève) lui permettaient de mesurer les dangers de la déclaration Balfour pour la paix au Proche-Orient
Ce recteur qui se dépense à soigner ses relations avec les plus islamophobes parmi les médias et néglige de rétablir la confiance avec les fidèles, a exaspéré les musulmans par ses précédentes gesticulations médiatiques. Il a oublié que son devoir de responsable d’une institution religieuse consiste d’abord à rappeler le respect que l’on doit à la dignité des croyants, sous peine de les considérer comme des citoyens de seconde zone. Il a montré qu’il peut sacrifier le Prophète à l’autel de ses besoins d’être cité dans les médias. Il vient de provoquer une colère supplémentaire en passant à la manipulation de l’histoire de Benbadis qu’il connaît très mal et dont l’enseignement est banni, à « l’institut », au nom d’un néo-maraboutisme que l’Association Nationale des Zaouias, créée en 1992, croyait suffire à endiguer la montée de « l’Islam politique ».
Par ses récidives, cet individu pose de sérieux problèmes aux fidèles de la mosquée de Paris, à qui il ne pense que pour les quêtes ; à la laïcité française- qu’il trouve le moyen d’approuver juste quand elle est transformée en machine de guerre contre l’Islam et qu’il dénature, notamment quand il déclare aux imams algériens opposés artificiellement aux turcs: « la République laïque n’a pas d’imams ; ses imams, c’est…vous » ; aux musulmans de France qui méritent mieux et, surtout, à l’Algérie qui continue de financer une institution budgétivore dont la nouvelle direction ignore souvent les grandes orientations de la diplomatie algérienne.

La FIF

Les dix huit mois du recteur à la mosquée de Paris sont marqués par des gesticulations permanentes qui ne suffisent pas à faire oublier un grave manque de légitimité religieuse chez un « bureaucrate de la foi » qui prétendait s’en passer, en invoquant quelques soutiens plus ou moins occultes. Mais l’échec cuisant du candidat de la mosquée aux élections du 10 juin pour la présidence de la FIF (Fondation de l’islam de France) a montré les limites de ces soutiens. Il semblerait que le recteur avait aussi son candidat à la dernière élection du président de l’ex-UOIF. Mais ce candidat, qui se réclamait aussi du soutien d’un « organisateur » laïque de l’Islam, n’a pas eu plus de succès que celui qui voulait prendre la place de Ghaleb Bencheikh, contre lequel furent menées, par pure jalousie de bureaucrates contre un brillant conférencier, des campagnes indignes et de la laïcité et de l’Islam.
Les gesticulations de ce recteur, après avoir porté atteinte à la dignité de la fonction religieuse, falsifient l’histoire et manipulent la mémoire du cheikh Benbadis.
Bien informé, les députés se réclamant de « l’Islam politique » qui viennent d’être élus à l’APN, ne manqueront pas de demander des explications à celui qui a détérioré l’image de l’Algérie auprès des musulmans de France, de toutes nationalités. Ils pourront même interpeller les rares personnalités dont les noms sont cités en privé par ce recteur pour faire croire qu’il bénéficierait de leur soutien.

Sadek Sellam

Commentaires

commentaires