Algériennes Lorsque Féminité rime avec labeur

Algériennes Lorsque Féminité rime avec labeur

243
PARTAGER

Certains disent que les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Que les premiers n’écoutent pas et que les secondes ne savent pas lire les cartes routières. Problème : nos cerveaux seraient-ils à ce point, différents ? Les scientifiques n’ont pas fini d’en discuter. Toujours est-il que dans un couple, recevoir les messages cinq sur cinq n’a rien d’évident. Si l’on se dispute rarement sur des questions métaphysiques, on s’accroche souvent sur des petits riens qui révèlent un gouffre d’incompréhension. C’est toute l’ambivalence de la vie conjugale !

Au cours de notre enquête, toutes les personnes interrogées de sexe féminin l’affirment: « la vie amoureuse, ça se cultive », et à Naïma, (38 ans, mariée depuis peu) d’ajouter : « on ne peut pas être tous les jours au top au bureau. De la même façon, on ne peut pas être tous les jours en symbiose totale avec la personne que l’on aime. On peut être amoureux le matin et en colère le soir ! ». Selon Mounia, 53 ans, 4 enfants, comptable de son état : « un couple se construit au fil du temps et doit reposer sur 04 pistes pour une cohabitation harmonieuse: exprimer sa colère et ses reproches, se méfier de la familiarité, être parents mais pas seulement, s’accorder du temps ». Quand à Aziza, 29 ans, femme au foyer, son couple n’a pas survécu à l’infidélité : « mon mari m’a trompée après la naissance de notre premier enfant, une aventure qui a duré plusieurs mois. Je l’ai sommé de choisir. Il est parti ».

Les témoignages font légion : la vie de couple n’est pas un long fleuve tranquille, mais avec l’arrivée de bébé, la donne change complètement. L’épouse modèle se transforme en mère poule délaissant son cher et tendre. Les femmes se plaignent beaucoup de l’inefficacité de leurs hommes à la maison. « Ils ne feraient pas grand-chose, ou alors de travers », pire les inégalités s’aggravent avec l’arrivée des enfants. De l’avis de Mériem, 42 ans, 2 enfants de 8 et 3 ans – aguerrie aux rouages de la négociation : « Je lui ouvre les yeux sans m’énerver et je m’interdis de tout faire à sa place ». Djamila, 26 ans, en congé de maternité recourt à la flatterie pour arriver à ses fins : « je valorise ses talents high-tech »

Oui, mais la séparation du couple met fin à cette parité…Lorsqu’elle existe.

En Algérie, les tribunaux enregistrent annuellement 68000 cas de divorce, et 14 000 après seulement 03 mois de vie commune. Selon les données de l’institution judiciaire, le nombre de divorce est passé de 65637 en 2017 à plus de 68284 en 2018. Cette même année, plus de 15000 femmes ont été répudiées.

La répudiation constitue en moyenne 49% des divorces (2019).

Les femmes en vertu de l’article 54 du code de la famille, ont le droit de recourir au kholâ. C’est une forme de rachat de la femme de sa liberté en offrant une somme d’argent à son époux pour pouvoir obtenir le divorce. La kholâ constitue 11% des Divorces (2019) et reste diabolisée.

Dans l’absolu, si dans la procédure du divorce, la femme garde le droit au logement et à la pension alimentaire, elle ne les obtient pas toujours dans le fait, même si les lois lui offrent l’opportunité d’engager une action pénale contre son ex-mari. C’est le cas de Souhila, 35 ans, secrétaire, qui a obtenu la garde de ses deux fillettes. Elle est retournée vivre chez ses parents faute de logement et de pension alimentaire. Nesrine, 49 ans, a eu plus de chance, en plus du domicile conjugal, son ex-mari, lui verse une confortable pension alimentaire. Après son divorce, Amina 29 ans, femme au foyer, a repris ses études de droit. Elle espère passer le Capa dans trois ans.

Retrouver un conjoint après un divorce et renouer avec l’amour ne sont pas choses aisées. Les enfants issus de ces unions sont les premiers à en pâtir. Bien souvent, la mère en obtient la garde. Si elle trouve un prétendant, ce dernier devra accepter ses enfants issus d’un premier lit. Certaines font pourtant le choix de confier leurs enfants à leur grand-mère maternelle ou à un membre de sa fratrie.

Comment retrouver l’amour après un divorce ? C’est désormais sur le net que se retrouvent les foules sentimentales. Les sites de rencontres gratuits pullulent. Nabila, 34 ans, fraîchement divorcée a selon elle la recette miracle. Nous vous livrons ses quelques recommandations : se méfier de ceux qui ne publient pas leur photo, bien remplir sa fiche profil, se limiter à quelques critères de recherche, ne pas idéaliser et dépasser le virtuel.

Devenir mère à 40 ans, phénomène de société

Vous avez certainement autour de vous des femmes qui ont eu un bébé sur le tard. Quand la plupart de leurs copines commençaient à s’interroger sur le choix du collège pour leur aîné, elles ont mis en route leur premier. Etudes plus longues, carrière à construire ou tout simplement envie de prolonger une vie de couple avant d’agrandir la famille. Et les bébés de la quarantaine arrivent également de plus en plus dans les familles recomposées.

Selon une étude réalisée en 2018, 1,9 million de femmes travaillaient en Algérie. Elles ne présentent que 18% de la population active et occupent des postes traditionnellement féminins : 57% dans le Secteur public et 42% Secteur privé. Plus leur niveau scolaire augmente, plus les femmes sont présentes sur le marché de l’emploi. 30% des femmes qui travaillent, ont un diplôme universitaire. 55% des femmes diplômées sont au chômage. Les Algériennes qui travaillent sont majoritairement des urbaines ayant fait des études supérieures et ne sont pas mariées. Le mariage n’est plus un frein au travail puisque 84% des célibataires disent qu’elles comptent continuer à travailler après leur mariage et 38% des hommes se disent réfractaires au travail des femmes.

En Algérie, l’emploi féminin évolue trop lentement à cause de facteurs tels que la garde des enfants et les tâches ménagères entièrement dévolues aux femmes, les transports, la mobilité…Dans les textes, hommes et femmes sont égaux devant laloi sur le plan du travail. Ils ont les mêmes droits et devraient avoir les mêmes salaires. L’article 19 du code de la famille modifié prévoit une clause protégeant « le droit au travail des épouses » qui ne peut « constituer un motif de déchéance du droit de garde des enfantsen cas de divorce » prévoit l’article 67.

Certaines femmes actives décident de mettre fin à leur carrière professionnelle en se mariant. Plus vraiment d’horaires, plus de pression. Envie d’avoir du temps à soi et de le consacrer à sa progéniture. Entre les tâches ménagères et les courses, les différentes activités des bambins, les heures s’égrènent à vive allure.

Les mères au foyer sans qualification, trop nombreuses, dépendent financièrement de leur conjoint. Certaines recourent au système D pour joindre les deux bouts : confectionner gâteaux, pains traditionnels et autres qu’elles vendent aux particuliers. C’est le cas de Samia qui s’est spécialisée dans la confection de gâteaux orientaux depuis qu’elle a quitté l’école à l’âge de 18 ans. Mariée l’année suivante, elle voit grandir ses deux jumeaux. Quant à Yasmina, 39 ans, elle brode des parures de trousseaux qu’elle vend aux futures mariées. 

Chaque jour : 07 fruits et légumes, 07 Km de marche, 07 heures de sommeil, 07 idées ou émotions positives. Tels étaient les conseils traditionnels à Okinawa, cette île du Japon où l’on jouit d’une des plus longues espérances de vie au monde. Difficile à suivre de nos jours, mais on peut s’en inspirer

Entre boulot, dodo, les ménagères trouvent le temps de se bichonner. Elles font appel aux artifices des poudres et fards. Celles au fort pouvoir d’achatfréquentent les salles de sport quand leur emploi du temps le leur permet. Elles s’offrent une séance chez leur coiffeur préféré et se font masser en spa pour les plus fortunées d’entre-elles.

La recette miracle, selon Salima, 37 ans, active et mère de 03 enfants : je romps mes habitudes dès qu’elles commencent à s’installer, je sors et je m’entretiens grâce au sport entre copines. Une séance coiffeur aussi de temps en temps, une touche de maquillage ». Hakima, 58 ans, préconise deux recettes infaillibles : « je ris au moins une fois par jour et m’entoure de personnes jeunes ». Quant à Malika, 45 ans, elle s’efforce de manger sainement, dormir suffisamment et marcher au moins une demi-heure par jour.

Le sport, même quand on n’a pas mis ses baskets depuis le collège, il n’y a pas d’âge pour reprendre une activité physique. Si la compétition n’est plus de saison, le sport aide à se sentir bien dans sa peau. A ce propos, les salles de sport foisonnent dans la capitale. Le coach de l’une d’entre-elles conseille d’emblée: faire le bon choix et ne pas lâcher, réveiller son capital musculaire, surmonter peu à peu son manque de souffle et enfin pour réussir, viser un objectif réaliste. Amel, 36 ans, 01 enfant, a perdu 15 kg en fréquentant assidument son club de sport. Epanouie, elle a redonné un nouveau souffle à son couple.

Nabila 36 ans, gérante d’une petite entreprise familiale, jongle avec ses obligations professionnelles. Mariée depuis peu, elle entretient sa silhouette longiligne par des séances de musculation 02 fois par semaine dans un club privé. Luxe absolu etpour faire une pause, elle se rend chaque fin de mois dans un spa. Entre hammam, massage et séance balnéo, la détente est assurée. Sihem, 45 ans, instutrice dans le public, est adepte des sorties au grand air. Chaque week-end, elle emmène ses 03 enfants sur les sentiers de randonnée…accessible à tous et gratuit.

Karine AÏT YOUNES

Commentaires

commentaires