La lutte des femmes…elle ne s’achève pas !

La lutte des femmes…elle ne s’achève pas !

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Depuis un an la crise sanitaire a bousculé le monde entier et les familles, la violence a pris encore plus de place chez l’être humain, pendant les confinements nous avons constaté rien qu’en France les signalements  qui ont augmenté de 40 % et les appels au 3919, le numéro spécial pour les femmes victimes de violences, ces violences ont triplé par rapport à 2019 sur la même période, depuis plusieurs mois des femmes victimes de féminicides. De nombreuses inégalités structurelles entre les hommes et les femmes sont déjà présentes et la crise qui se prépare agira comme un révélateur et aggravera la situation. La constatation de la situation des femmes à travers le monde et en France nous confirme que les femmes gagnent moins (à l’exception des femmes algériennes où le salaire est égal aux hommes), ainsi elles épargnent moins, occupent des emplois moins stables et souvent dans des secteurs informels de l’économie, alors que les hommes sont privilégiés. Les secteurs les plus touchés par la crise vont procéder à un allègement au travers de la variable d’ajustement salariale. Les femmes seront en première ligne et seront les plus impactées. Ce qui est inquiétant ; l’égalité homme femme n’est plus d’actualité. On constate aux USA, sur les trois derniers mois, une augmentation considérable du taux de chômage pour les femmes qui dépasse le taux enregistré pour les hommes. La tendance était à l’inverse avant la crise et on peut observer ce phénomène dans la majorité des pays du monde. Les femmes entrepreneurs qui sont à la tête de petites structures sont particulièrement exposées. En effet, 70% d’entre elles sont déjà en difficulté d’après les premières enquêtes réalisées et 40% redoutent de ne plus pouvoir payer les salaires dans un avenir proche. Pour la première fois dans l’histoire économique moderne, nous sommes en train d’assister à un désastre : 600 millions à 1 milliard de personnes pourraient basculer dans la pauvreté et la majorité sera des femmes. Dans le monde et en France, une femme qui élève ses enfants seule est particulièrement vulnérable : un seul revenu pour la famille et charges domestiques de plus en plus coûteuses. Il est urgent et vital de prendre les bonnes mesures. Il faut élaborer  des plans de protection sociale réalistes et efficaces afin de soutenir les femmes. Il faut qu’elles participent à la planification des interventions et orientations économiques à venir. Revenons sur les  droits de la femme au Maghreb, par exemple en Tunisie, il a été  observé qu’un collectif de femmes tunisiennes  ont fait un travail remarquable  de recherche, minutieux et très complet sur l’héritage dans la religion musulmane, elles ont préparés un rapport concernant l’égalité de l’héritage homme femme, ce rapport a été remis à l’ancien président Tunisien Béji Caïd Essebsi pour qu’il soit présenté à l’assemblée Tunisienne, mais depuis le décès  de celui-ci, ce rapport a été complètement oublié. Ce qui veut dire même en Tunisie où les droits de la femme étaient un exemple pour toutes les femmes au Maghreb nous constatons une régression, car aujourd’hui la nouvelle assemblée est présentée par la majorité des députés islamistes. En Algérie depuis le Hirak du 22 février 2019  nous assistons à une lutte des femmes qui réclament plus de droits, l’abolition du code de la famille et surtout la suppression du tuteur pour le mariage. Par contre la seule chose  qui peut être positive, pour la première fois dans la nouvelle constitution Algérienne la loi contre la violence faite aux femmes est inscrite. Tandis qu’au Maroc en 2018 après cinq ans de discussions et une multitude d’amendements, le Parlement marocain avait  adopté  le projet de loi contre les violences faites aux femmes. La loi 103.13 enrichit donc le code législatif et vient compléter en sorte la Moudanawa – le Code du statut personnel qui régit le droit de la famille –, dont la dernière révision qui a  été faite en 2004.Par ailleurs rappelons  en Afrique à Libreville, le 16 juillet 2020 une femme est devenue  première ministre et une autre  femme africaine Ngozi Okonjo-Iweala vient d’être nommée directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), c’est une première en Afrique, mais il faut souligner que nous sommes  loin  de l’égalité des femmes et  des hommes.Le devoir de citoyen et d’humain est de proposer un avenir juste et bienveillant pour toutes et tous. Le devoir des responsables politiques et économiques est de poser des actes sur ce besoin de justice.

Hassina H.Sahraoui

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