Le rapprochement et Action Commune

Le rapprochement et Action Commune

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Au cours de sa visite de trois jours en Algérie, le chef d’État français a eu de longs échanges avec son homologue algérien, soulevant des questions ayant mené par le passé à la discorde entre l’Algérie et la France. Une visite, destinée à raccommoder les liens rompus entre la France et l’Algérie, mais qui ne propose pratiquement rien de nouveau, lorsqu’on relit la déclaration « le pacte d’amitié » du Président de Jacques Chirac lors de sa visite à Alger en 2004, c’est pratiquement les mêmes mots, depuis rien n’a tout à fait changé.

Si le président de la République française Emmanuel Macron a tapé en touche le sujet sur le gaz au cours de son séjour en Algérie, en affirmant qu’il n’était pas demandeur, parce que la France s’approvisionne beaucoup plus de la Norvège qu’ailleurs, mais on sait pertinemment que la France a bien besoin de gaz algérien. La conciliation sans vagues entre les restrictions énergétiques imposées à tout le monde et les obligations sociales et économiques n’est pas un simple exercice, d’autant plus que dans le domaine de la production nucléaire, Paris a la spécificité de se perdre dans des politiques parfois de non engagement, parfois le contraire. Bien avant que l’étranglement énergétique ne s’annonce, la France est obligée de frapper à des portes diverses pour échapper aux conséquences de la fermeture des vannes gazières russes et à ce jour l’adresse algérienne est citée officiellement comme assistance. Pour l’instant l’Algérie prend note et ne peut offrir que ce dont elle dispose. De plus, tenue de préserver sa politique de non-alignement dans le concert des nations, elle ne peut fauter à sa position et s’engager dans des bras de fer dont les causes et les adeptes lui sont étrangers.
Cependant, le président français, Emmanuel Macron, a terminé sa visite de trois jours en Algérie, par la signature à Alger, d’un accord de « Partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France ».le chef d’État algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré que la visite de son homologue français était « nécessaire, excellente et très réussie ». Les deux pays vont également « agir ensemble dans beaucoup de domaines en dehors de l’Algérie et la France », estimant que « ce rapprochement va nous permettre d’aller très loin » et que cette visite « a permis un rapprochement qui n’aurait pas été possible sans la personnalité même du président Macron ». La nouveauté dans cette visite la reprise de relations en bon terme et de remettre tout sur table pour un nouveau départ fructueux et stable surtout dans le monde , c’est le sommet de très haut niveau qui a réuni à Alger les présidents et les services de sécurité des deux pays, la veille, « pour la première fois depuis l’indépendance » de l’Algérie en 1962, et annoncé des actions communes « dans l’intérêt de notre environnement géopolitique« . Du côté Algérien en réalité les sujets qui empêcher d’aller de l’avant et encore plus loin, c’est la question de la mémoire entre les deux pays. Pour sa part, le chef d’État français a déclaré que sa visite a permis de traiter de « tous les sujets sensibles » entre les deux pays car ils revenaient sans cesse », Emmanuel Macron citant notamment la question de « la mémoire » entre les deux pays et leur histoire qu’il voudrait commune.

Bien entendu qu’il y a eu déjà un travail profond de la part d’historiens et en particulier de Benjamin Stora, certes beaucoup de choses ont été relevés d’un côté comme de l’autre. Il est necessaire une fois pour toute cette question de mémoire soit régler, tout simplement par la reconnaissance des crimes atroces que la France avait commis pendant la guerre d’Algérie, également régler le dossier des essais nucléaire au Sahra à Reggane et indemniser les victimes, ce que les algériens attendent depuis très longtemps. 

L’accord de « partenariat renouvelé »

 La Déclaration d’Alger pour un Partenariat renouvelé entre l’Algérie et la France, signée par les présidents respectifs, Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron, prévoit que les deux pays « rehaussent leurs concertations politiques », notamment à travers un haut conseil de coopération au niveau des chefs d’État, qui vise à « approfondir dans un esprit de confiance et respect mutuels, des réponses adaptées aux questions bilatérales, régionales et internationales ». Cette déclaration « fournit un cadre pour concevoir une vision commune et une démarche étroitement concertée pour faire face aux nouveaux défis globaux (crises globales et régionales, changement climatique, préservation de la biodiversité, révolution numérique, santé…) ». Parmi les autres questions soulevées au cours de cette visite, figure également celle des visas, dont la France avait décidé à l’automne dernier de diviser le nombre octroyé par deux.

Hassina H.Sahraoui

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