Cinéma

“Hadda” : quand la mémoire brûle encore sur grand écran

À Annaba, un film ravive les braises de l’histoire. Entre courage, sacrifice et héritage, Hadda ne se contente pas de raconter : il réveille une mémoire vibrante, portée par la voix des femmes de la Révolution algérienne.

L’émotion était palpable ce lundi au théâtre régional Azzedine Medjoubi d’Annaba. Dans une salle habitée par le silence attentif des passionnés et des professionnels du 7e art, le long-métrage Hadda, signé Ahmed Riad, a été dévoilé en avant-première lors de la sixième édition du Festival international du film méditerranéen.En 76 minutes intenses, le film trace le destin d’une femme hors du commun. Hadda, infirmière et moudjahida, incarnée avec force par Lydia Larini, devient le visage d’un combat collectif. À travers elle, ce sont des générations de femmes algériennes qui surgissent de l’ombre, portant en elles le poids du sacrifice, la dignité du courage et la flamme inextinguible de l’engagement.Pour Ahmed Riad, cette œuvre dépasse le simple cadre du cinéma. Deuxième long-métrage de sa carrière, Hadda s’impose comme un acte de transmission. Une nécessité presque urgente de préserver la mémoire nationale et de la confier aux nouvelles générations, comme un héritage vivant, chargé de résistance et d’héroïsme.Mais au-delà de cette projection marquante, le festival d’Annaba déploie une mosaïque de regards venus de toute la Méditerranée. Quatorze documentaires s’affrontent en compétition, explorant des réalités sociales, historiques et culturelles avec intensité. En parallèle, des œuvres intemporelles comme Bab El Hadid et Le Retour de l’enfant prodigue rappellent la grandeur du cinéma méditerranéen, dans un hommage vibrant au maître Youssef Chahine.Sous l’œil exigeant d’un jury international présidé par le directeur de la photographie italien Paolo Sodi, accompagné de Sara Mansanet Royo et de Kamel Mekser, les films sont passés au crible d’une sensibilité artistique et critique affirmée.La scène ne s’arrête pas là. Courts-métrages algériens, créations palestiniennes bouleversantes, œuvres venues d’Europe et du Moyen-Orient : chaque projection devient une fenêtre ouverte sur des mondes multiples, un dialogue entre les peuples, les histoires et les émotions.Dans cette effervescence, le Festival du film méditerranéen d’Annaba confirme son rôle essentiel : celui d’un pont culturel, où les images rapprochent ce que les frontières séparent.Et parce que le cinéma regarde aussi vers l’avenir, l’intelligence artificielle s’invite dans les débats et les projections, notamment à l’École supérieure des sciences de gestion d’Annaba. Un signe fort, souligné par le commissaire du festival Allal, qui témoigne de l’intérêt croissant de la jeunesse pour ces nouveaux horizons.Au cœur de cette édition, une certitude demeure : avec des œuvres comme Hadda, le cinéma ne se contente pas de raconter l’histoire. Il la fait revivre, vibrer, et surtout, ne jamais s’éteindre.

SALAMA

 

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