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Alger multiplie les invitations françaises : Diplomatie parallèle ou nouveau souffle ?

Entre visites culturelles et économiques, Alger accueille plusieurs figures françaises de premier plan. Une convergence qui interroge : simple coïncidence ou tentative de relancer une relation bilatérale fragilisée par les tensions politiques ?

En quelques jours, Anne-Claire Legendre, Patrick Martin et Ségolène Royal ont foulé le sol d’Alger, tous invités le patron du MEDEF par le CREA et les deux personnalités Anne Claire Présidente de L’IMA et Ségolène Royale Présidente de l’association France-Algérie par la ministre algérienne de la culture Malika Bendouda. Une séquence inhabituelle qui alimente les spéculations sur une stratégie visant à re-dynamiser les relations franco-algériennes par d’autres canaux que la seule diplomatie politique.Interrogée sur cette convergence, Anne-Claire Legendre se veut mesurée. Elle évoque une série d’invitations émanant d’Alger, tout en rejetant l’idée d’un échec politique entre les deux pays. Elle rappelle notamment les récents échanges officiels, dont la visite du ministre français de l’Intérieur et les contacts entre chefs de la diplomatie.Sur le terrain économique, la venue du patron du Medef fin avril pourrait, selon elle, contribuer à lever certains freins persistants dans les relations bilatérales. « Il y a toujours eu une volonté très forte côté français », insiste-t-elle.Malgré la sensibilité du contexte, la présidente de l’IMA n’élude pas les sujets délicats, à l’image du cas du journaliste Christophe Gleizes, condamné en Algérie. Prudente, elle exprime l’espoir que la demande de grâce déposée par sa famille aboutisse, tout en rappelant que son institution n’a pas vocation à intervenir directement.

La ministre de la culture et les arts Malika Bendouda et Mme Anne Claire Le gendre présidente de l’IMA à Paris clôture du colloque consacré à St Augustin

Au cœur de sa visite : une ambition claire. Renforcer les liens culturels pour dépasser les crispations politiques. « Ouvrir une nouvelle page » entre l’IMA et l’Algérie, notamment via un programme dense d’échanges artistiques et institutionnels.L’Institut entend ainsi jouer un rôle de « facilitateur », misant sur la culture comme levier de rapprochement durable. Une approche qui s’inscrit dans une logique de continuité : les échanges culturels, souligne-t-elle, perdurent même lorsque les relations politiques se tendent.Dans cette perspective, l’IMA prépare notamment la commémoration du centenaire de l’Étoile nord-africaine, en présence de proches de Messali Hadj.Enfin, Anne-Claire Legendre a élargi son propos à la situation au Moyen-Orient, dénonçant un « effacement de l’histoire » à Gaza comme au Liban, sur fond de conflits persistants.Entre diplomatie culturelle et enjeux géopolitiques, cette séquence algéro-française esquisse peut-être une nouvelle méthode : avancer là où la politique seule peine encore à convaincre.

HHS

 

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