Sur la voie de Samira Brahmia

Sur la voie de Samira Brahmia

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Samira est une chanteuse, auteur, compositeur et interprète. Elle est née en 1975 à Besançon dans le Doubs et est ainée d’une fratrie de 3 enfants ; elle grandit en Algérie entre Alger et Chlef jusqu’à l’âge de 27 ans. Samira Brahmia et ses musiciens donnent un concert le 4 mai prochain au Cabaret Sauvage à Paris et préparent une tournée en Algérie.

 

Samira Brahmia apprend le solfège et le piano très jeune et c’est plus tard, en poursuivant son cursus universitaire qu’elle se met à jouer de la guitare et qu’elle commence à écrire des mélodies; c’est ainsi qu’elle trouve sa voie!

Elle débute sa carrière artistique en faisant les choeurs dans le groupe de rock Index et peu à peu, prend de l’assurance et commence à écrire ses propres textes.

Mais le coup d’envoi réel arrive en 2001 lorsqu’elle se présente au casting du film «l’autre monde» du réalisateur algérien Merzak Allouache, où elle interprète une chanson qu’elle avait elle-même écrite. Elle est alors retenue par l’éminent journaliste et photographe algérien Sid Ahmed Semiane (SAS) pour jouer dans ce film. Elle est  aussi repérée par le groupe de musique Gnawa Diffusion qui préparait la bande originale du film et qui lui propse de faire la première partie de leur concert à Alger ainsi qu’une tournée en France. Suite à cela, Samira décide de rester et de s’intaller à Paris et en mars 2003, à l’occasion de l’année de l’Algérie en France, elle est  invitée à participer à la seconde édition du festival « Femmes d’Algérie », dont elle sera la découverte-phare.

Elle évoque avec beaucoup de nostalgie la période de ses débuts et est très heureuse d’avoir connu l’époque de « bled musique à l’Usine”: il s’agit d’un immeuble à Gentilly (région parisienne) où résidaient de nombreux artistes algériens et où répétaient différentes formations musicales algériennes comme l’ONB (Orchestre national de Barbès), Gaâda Diwan Bechar, ou encore Chikh Sidi Bemol. Samira évoque sa chance d’avoir été bien entourée et bien orientée. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’elle rencontre celui qui deviendra son mari et le père de son enfant, le guitariste Khliff Miziallaoua.

Forte de ces rencontres et alors qu’elle avait dans ses valises des chansons en arabe, en français et en anglais; album qu’elle avait écrit en totalié en Algérie; son premier album « Naïliya » sort en 2006.

La carrière artistique de Samira prend véritablement son envole avec ses participations successives aux éditions des spectacles « Les folles nuits berbères », « Barbès Café » et « Cabaret tam tam », produits par le Cabaret Sauvage, qui la font connaître et qui permet à de nombreux professionnels de découvrir et de percevoir ses compétences et ses talents.

Aussi, en 2012, a-t-elle été contactée pour représenter l’Algérie aux Jeux olympiques d’été de Londres où elle a interprété 3 chansons: « Jdoudna« , « La ilaha illa Allah« , « Gnawi Lah idawi« .

Elle a été également amenée à collaborer dans les albums des groupes Fanfaraï et l’ONB et a participé, en 2017, dans l’album « Méditerranéennes » avec deux titres «L’Exil» et «Et si en plus y’a personne», en duo avec Julie Zenatti.

L’on rappelle évidemment sa participation aux émissions « The Voice » France (2015) et « The Voice » Arabe (2018) qui lui ont permis de pouvoir chanter en arabe « Haramtou bik nouâssi » sur une chaîne de télévision française (TF1) et en tamazigh « Ezzi Ssaa » sur une chaîne télévision arabe (mbc). Samira nous confie que ce fut « une occasion de représenter mes langues et mes origines. J’aime aller là où on ne m’attend pas et je veux faire voyager mon art hors des sentiers battus. Les émissions « The Voice » ont été des opportunités de toucher un public plus large, mais aussi de faire connaître et de revendiquer mon identité plurielle et multiculturelle« .

Dans son prochain album qui sortira à l’automne 2018, elle rend d’ailleurs hommage à Miriam Makeba et à Cheikha Rimitti; elle y reprend des standards qu’elle revisite comme « Koubou » et aborde les thèmes universels de l’amour, de la maternité et de l’identité.

Samira Brahmia a grandit en s’appropriant, comme beaucoup d’algériens, l’ensemble des composantes de l’identité algérienne: amazigh, arabe, méditerranéenne et  africaine. Elle veut représenter l’Algérie et faire tomber les tabous et les clichés, en légant aux générations futures des deux rives de la Méditérannée un héritage et en transemmtant une partie de la culture et des valeurs algériennes et africaines.

Soraya DJOUADI

 

gendes PHOTOS :

 

1- Portrait de Samira Brahmia en studio  Paris (France) – © Bill Bétotè Akwa 

 

2- Samira Brahmia et ses musiciens – chanson: Koubou (extrait du nouvel album) – à Tanger (Maroc)  – © Hamza El Hajji

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