Salim Brahimi: Commissaire Du festival international de la bande dessinée

Salim Brahimi: Commissaire Du festival international de la bande dessinée

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« Les nombreux talentueux auteurs algériens ne demandent qu’à s’exprimer ».

Propos recueillis par Maissane Nour:

Journaliste à la chaine3, le commissaire du festival international de la bande dessinée Salim Brahimi revient dans cet entretien sur la programmation de la 14éme édition du FIBDA qui se déroulera du 4 au 8 octobre 2022, au niveau de l’esplanade de Riad El-Feth à Alger.

 Après une édition restreinte en décembre dernier en raison de la pandémie du Covid 19, le festival international de la bande dessinée reprend cette année sa place habituelle dans le calendrier des festivals sous le slogan « Dessinons notre patrimoine ». Pourquoi le choix de cette thématique ? Le choix de la thématique est venu naturellement, la richesse du patrimoine algérien qu’il soit matériel ou immatériel peut inspirer les auteurs de BD à écrire mille et une histoire se basant sur notre vaste culture. Pourquoi chercher ailleurs quand on a une histoire aussi riche que celle de notre pays ? Justement ce choix a été soutenu par le ministère de la culture et des arts à sa tête madame la ministre Dr Soraya Mouloudji qui a encouragé énormément cette initiative.

« Dessinons notre patrimoine » est aussi une manière de se réapproprier notre patrimoine et de le mettre en valeur avec un regard algérien. Le 9ème art est une voie magnifique pour y arriver.

SALAMA : Parlez-nous de ce programme de 2022 et quelles sont les nouveautés de cette édition ?

Salim Brahimi : « Après l’édition exceptionnelle de l’année 2021 qui a eu lieu en décembre, le festival revient à sa date habituelle qui est au début octobre, le programme sera basé en premier lieu sur l’aspect académique et pédagogique qui est une réelle nouveauté que nous avons introduit. Nous avons signé une convention avec l’école supérieure des Beaux-arts d’Alger pour faire bénéficier ses étudiants des expériences internationales et activités du FIBDA. Et à ce sujet, nous avons programmé plusieurs rencontres- ateliers au sein même de l’école supérieure des Beaux-arts de très haut niveau, avec le professeur ItoYu de l’université de Tsukuka du Japon et le musée international du manga de Kyoto. Un deuxième atelier est prévu avec le célèbre mangaka japonais : YokoiSampo. Une autre rencontre est prévue sur l’écriture scénaristique de la bande dessinée avec l’auteur français : Frédéric Siriez… le festival qui aura lieu à l’esplanade prévoit plein d’activités pour le grand public : ateliers de BD, expositions internationales, concerts musicaux BD, un espace dédié à la réalité virtuelle, des activités pour enfants et moins grands, des signatures tous les jours… »      

SALAMA : Outre la participation étrangère, cette 14 é édition du festival a mis à l’honneur la BD japonaise cette année. Pourquoi ce choix ?

SB : « Le choix suit une logique simple : il existe trois grandes écoles de bande dessinée dans le monde : Le comics américain, la BD Franco-belge dite européenne et enfin le manga japonais. Les deux premiers pôles ont déjà été invités d’honneur précédemment au FIBDA, reste à compléter cette logique pour avoir le troisième pôle de la BD dans le monde : le Japon. »

SALAMA : Cette année encore, le FIBDA mettra l’accent sur les sessions de formation et des ateliers ?

SB : « Absolument, nous y tenons beaucoup, en plus des cessions approfondies pour les étudiants des Beaux-arts, nous avons prévu des ateliers d’initiation à la bande dessinée pour enfants et nouveauté : un atelier de BD de langue Amazighe. Ainsi que d’autres ateliers destinés aux adolescents… »

SALAMA: Le Cosplay est une valeur sûre du festival. Y aura-t-il des nouveautés pour cette activité ?

SB : « Le cosplay est une activité artistique indissociable des grands festivals du genre dans le monde, toujours avec le soutien de l’office national des droits d’auteurs et droits voisins ONDA, nous comptons mettre en compétition des candidats qui confectionneront des costumes de leurs héros de BD et surtout feront une démonstration devant un jury international. Nouveauté cette année : le jury sera présidé par Dr Aoyagi Etsuko de l’université de Tsukuba du Japon, Davis Espinosa du Mexique, Alice Hérault qui est championne de France de Cosplay…  »  

SALAMA : Le festival a décidé de revoir à la baisse ses tarifs par rapport à l’édition 2021 avec des facilitations pour certaines catégories ?

SB : « Absolument, même si tout a augmenté, ne serait-ce que dans le prix du papier ou fournitures et matériel de dessin… Non seulement nous avons décidé de baisser les tarifs d’entrée de 500 à 400 Da, avec des facilitations ou l’entrée des enfants est à 200 Da et totalement gratuite pour les étudiants des instituts des Beaux-arts pour leur faire bénéficier de toutes les activités du FIBDA, elle sera également totalement gratuite pour les personnes en situation de handicap. »

SALAMA : Selon vous, comment se porte la bande dessinée algérienne en 2022 sachant qu’il y a une vraie démarche, de votre part et de la part de la tutelle, pour accompagner et soutenir les auteurs algériens ?

SB : « La démarche de la tutelle est matérialisée par la volonté de madame la ministre de la Culture et des Arts qui encourage le 9ème art en soutenant le FIBDA. Nous espérons que la tutelle relance le FDAL FDAL (fond de développement des arts et des lettres) en accordant une place de choix à l’édition de BD en Algérie d’autant que les auteurs algériens sont très nombreux, talentueux et ne demandent qu’à s’exprimer. D’une autre coté, les lecteurs algériens sont férus de bandes dessinées en tous genre et ne demandent qu’à découvrir de nouvelle sorties BD algérienne. »

M.N

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