Salama News

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Algérie

Le Président Tebboune reçoit le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles

Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a reçu, jeudi à Alger, le ministre turc de l’Energie et des Ressources naturelles, M. Fatih Donmez.

L’audience s’est déroulée au siège de la présidence de la République en présence du directeur de Cabinet à la Présidence de la République, M. Abdelaziz Khellaf et du ministre de l’Energie et des Mines, M. Mohamed Arkab.

Conseil des droits de l’homme: l’Algérie présentera son rapport vendredi à Genève

 

L’Algérie présentera, vendredi à Genève (Suisse), son quatrième rapport au titre de l’Examen périodique universel (EPU) lors d’une session du Groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l’homme, a indiqué jeudi un communiqué du ministère de la Justice.

« Une délégation algérienne multisectorielle, conduite par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Abderrachid Tabi, présentera, vendredi 11 novembre à Genève (Suisse), le quatrième rapport de l’Algérie au titre de l’Examen périodique universel (EPU), lors d’une session du Groupe de travail intergouvernemental du Conseil des droits de l’homme », a précisé le communiqué.

L’Algérie a déjà soumis, dans ce cadre, trois rapports, dont le dernier le 8 mai 2017, a rappelé la même source.

L’Examen périodique universel est un mécanisme établi par la résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 15 mars 2006. Il s’agit d’un processus permettant aux Etats de présenter les mesures qu’ils ont prises pour protéger et promouvoir les droits de l’homme et relever les défis rencontrés.

L’EPU prévoit également le partage des meilleures pratiques en matière de droits de l’homme à travers le monde.

Lamamra représente le président de la République au « Forum de Paris sur la paix »

Le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, prend part à partir de jeudi à la 5e édition du « Forum de Paris sur la paix » dans la capitale française, en sa qualité de représentant du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, indique un communiqué du ministère.

« En qualité de représentant du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, le ministre des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger, Ramtane Lamamra, prendra part à la 5e édition du Forum de Paris sur la paix qui se tiendra dans la capitale française, du 10 au 12 novembre 2022, sous le thème +Surmonter la multi-crise+, à l’invitation du président de la République française », lit-on dans le communiqué.

Cet évènement intervient après une pandémie qui a considérablement aggravé les inégalités mondiales et dans un contexte international marqué par un clivage géopolitique aigu sur fond de crise en Ukraine « dont les retombées politiques et économiques continuent de dominer l’actualité internationale », poursuit le document.

Il regroupera plusieurs chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreux ministres et responsables d’Organisations internationales gouvernementales et non-gouvernementales ainsi que des acteurs du secteur privé pour examiner les principales problématiques dans le monde d’aujourd’hui et proposer des solutions pour atténuer les chocs multiples et les conséquences socio-économiques des crises et éviter une aggravation de la polarisation mondiale qui hypothèque la coopération internationale.

Le ministère souligne que la participation de M. Lamamra à ce rendez-vous « sera l’occasion de renouveler l’attachement de l’Algérie au multilatéralisme et à ses positions de principe, plaidant la nécessité de corriger les déséquilibres qui caractérisent les mécanismes de gouvernance globale et favoriser l’avènement d’un nouvel ordre mondial coopératif, équitable et solidaire à même de garantir la paix, la stabilité et le développement et de préserver les intérêts des pays en développement ».

Le chef de la diplomatie algérienne saisira également cette opportunité pour interagir avec ses homologues et autres chefs de délégation sur des questions bilatérales, régionales et internationales d’intérêt commun, conclut le communiqué du ministère.

Sétif: 80 œuvres exposées au Salon de la photographie artistique

 

Quarante artistes venus de plusieurs wilayas du pays participent avec 80 œuvres à la seconde édition du salon national de la photographie artistique qui se tient à la maison de la culture Houari-Boumediene de Sétif sous le slogan « des objectifs algériens à la fête du soixantenaire ».

 

En marge de la cérémonie d’ouverture de cette manifestation qui s’est déroulée mercredi dans la soirée, Meriem Keroum, directrice de la maison de la culture a indiqué que le salon organisé en coordination avec la direction de wilaya de la culture s’inscrit dans le cadre de la célébration du soixantenaire de l’indépendance et du 68ème anniversaire du déclenchement de la révolution libératrice et regroupe 40 artistes professionnels et amateurs dont sept de Sétif et 33 des diverses wilayas du pays.

Les œuvres exposées durant le salon ont été sélectionnés par un jury spécialisé parmi 146 photos candidates, selon la même source.

Outre ces œuvres, le salon propose aux visiteurs deux autres expositions, la première sur les anciens appareils de photo et la seconde sur les photos réalisés par les adhérents à l’atelier de photographie de la maison de la culture, a ajouté la même cadre.

La manifestation comporte également l’organisation d’ateliers de formation sur, entre autres, la photographies publicitaires encadré par l’artiste Ahmed Hamadani et la photographie panoramique qui sera animé par l’artiste Yacine Hamoudi de Bejaia sur le site archéologique de Djemila, selon la même source.

Les organisateurs ont prévu en l’honneur des hôtes du salon des visites vers les sites touristiques et historiques de la wilaya dont les cascades d’Oued El Bared, la cité archéologique de Djemila, Ain El Fouara, Ain Djourdj, le fort byzantin et le site où est tombé le premiers chahid des massacres du 8 mai 1945.

Le photographe Bachir Rebouh qui participe avec deux photos l’une d’un chevalier algérien en tenue traditionnel et la seconde, en noir et blanc, une exhibition de fantasia a exprimé sa joie à ce salon qui offre un espace de rencontre et d’échange entre les artistes des quatre coins du pays.

International

ONU/4e Commission: inquiétude face à l’accélération des projets expansionnistes en Palestine

 

NEW YORK (Nations unies) – L’accélération des projets expansionnistes sionistes en Palestine occupée a vivement préoccupé, mercredi, les délégations de la Quatrième Commission de l’ONU, chargée des questions politiques spéciales et de décolonisation, à l’ouverture du débat sur les pratiques et activités d’implantation sionistes affectant les droits du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés.

Venue présenter les deux rapports du Secrétaire général de l’ONU sur les colonies de peuplement sionistes en Palestine occupée, y compris Al Qods-Est, et le Golan syrien occupé, la Sous-Secrétaire générale aux droits de l’Homme, Ilze Brands Kehris, a indiqué que les projets de construction de colonies de peuplement ont progressé, avec l’approbation de quelque 9.200 logements en Cisjordanie occupée et l’établissement par les colons de 16 nouveaux avant-postes.

Le transfert par l’entité sioniste de sa propre population civile sur le territoire qu’elle occupe est interdit par le droit international humanitaire et peut constituer un crime de guerre, a rappelé Mme Brands Kehris.

L’occupation sioniste a en outre continué de consolider les blocs de colonies de peuplement à l’aide de routes de contournement et du mur de séparation, outre les expulsions arbitraires, les démolitions de logements et les déplacements forcés.

L’année 2022 a été la plus meurtrière depuis 2006 pour les Palestiniens vivant en Cisjordanie occupée, avec au moins 121 martyrs, dont 27 enfants, a noté le président du Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques sionistes affectant les droits de l’Homme du peuple palestinien et des autres Arabes des territoires occupés, en présentant son rapport annuel.

Il a également fait état d’un niveau de violence sans précédent des colons sionistes, dont des cas d’agressions, souvent facilités par les forces d’occupation, qui ont augmenté de 34% depuis 2021.

Mme Brands Kehris a dénoncé à son tour l’augmentation « alarmante » de la violence des colons contre les Palestiniens, faisant état de 575 incidents violents ayant fait des morts, des blessés et des dégâts matériels.

871 structures palestiniennes démolies ou confisquées==

La liberté de circulation et l’accès des Palestiniens aux services et moyens de subsistance continuent d’être violés arbitrairement, a par ailleurs noté la Sous-Secrétaire générale.

Les forces d’occupation sionistes ont ainsi démoli ou confisqué 871 structures appartenant à des Palestiniens en Cisjordanie occupée, expulsant de force 1.140 Palestiniens, dont 594 enfants.

A Al-Qods-Est occupée, un nombre croissant de Palestiniens ont été contraints de démolir eux-mêmes leurs propriétés pour éviter d’avoir à payer le coût de la démolition, tandis qu’à Masafer Yatta, 1.144 habitants risquent d’être expulsés de force à la suite d’une décision des autorités d’occupation.

En 2021, l’expansion des colonies a pris une « nouvelle dimension » dans le Golan syrien occupé, puisque l’entité sioniste a approuvé la construction de 7.300 logements dans les 34 colonies existantes, pour 23.000 nouveaux colons sionistes, a-t-elle noté, ce qui constitue une violation du droit à l’alimentation, à la santé et à un logement convenable.

Au nom du Mouvement des pays non alignés, l’Azerbaïdjan a condamné l’exploitation illégale des ressources naturelles par l’occupation sioniste, qui continue, selon son délégué, de refuser aux Palestiniens la souveraineté sur celles-ci afin de perpétuer leur état de dépendance.

« Le peuple palestinien est confronté à un moment existentiel », a quant à elle, indiqué la déléguée de l’Etat de Palestine, alors que les Palestiniens continuent d’être « déshumanisés » et pris pour cible « pour ce qu’ils sont », dans le cadre d’une campagne de dépossession et de déplacement, de colonisation et d’annexions, de nettoyage ethnique et de persécution.

Grande Bretagne

Grèves en série, le métro londonien paralysé

Des millions de personnes ont vu leurs trajets fortement perturbés jeudi par une nouvelle grève quasi totale du métro londonien, au moment où les mouvements sociaux s’intensifient au Royaume-Uni et en Europe face à l’inflation.

Le plus vieux métro du monde était presque entièrement paralysé jeudi, avec la plupart des lignes totalement à l’arrêt et quelques-unes avec un service très réduit.

Seule la toute jeune Elizabeth Line, inaugurée en mai et partiellement automatisée, fonctionnait quasi normalement, avec seulement quelques stations fermées au cœur de la capitale.

Au nord-est de la capitale, à la station Blackhorse Road sur la ligne Victoria, Daniel Osei, 26 ans, qui travaille dans une école du quartier de Fulham, soutient sur le principe la grève mais estime qu’il « y en a vraiment eu beaucoup » depuis le printemps. « Il semble que ça n’ait pas autant d’impact sur le gouvernement » et le budget qu’il alloue à TfL (Transport for London) « que sur les usagers », note-t-il.

« J’ai pris la voiture, le train et maintenant je dois pédaler », énumère-t-il, son vélo à la main.

Le syndicat national RMT (Rail, Maritime and Transport) qui a appelé à la grève, s’oppose notamment à la suppression de 600 postes dans les stations de métro et à un projet de TfL de modifier son financement des pensions de retraite des agents, selon un communiqué.

Plombé par la pandémie, TfL a conclu fin août un accord de financement avec le gouvernement qui ne comble toutefois pas les besoins de l’opérateur public.

« Ces attaques (du statut des salariés) sont profondément injustes et complètement inutiles », estime le syndicat, qui affirme avoir fait des propositions pour suspendre la grève qui ont été rejetées par TfL.

 

Inflation record en Europe

Selon Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite qui a aussi appelé à la grève, « TfL attaque inutilement les pensions et les salaires de nos membres, ce que Unite ne peut tout simplement pas accepter », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

« Aucune proposition pour changer le système de pensions ou les conditions n’ont été faites », avait assuré de son côté Glynn Barton, un responsable de TfL, dans une déclaration mardi après l’échec des négociations avec les syndicats.

Cette grève intervient aussi au moment où le Royaume-Uni connait une multiplication des mouvements sociaux dans un contexte d’inflation record et de crise du coût de la vie.

Mercredi, les infirmières ont voté une grève nationale inédite pour réclamer de meilleurs salaires et 100.000 fonctionnaires environ ont voté pour se mettre en grève jeudi, un mouvement qui pourrait concerner aussi bien les agents de contrôle aux frontières, les examinateurs de permis de conduire que les personnels des agences pour l’emploi.

La semaine prochaine un débrayage est prévu à l’aéroport d’Heathrow tandis que le syndicat de conducteurs de trains Aslef a prévu une autre grève le 26 novembre, entre autres mouvements.

Les mêmes revendications agitent d’autres pays d’Europe, traversés eux aussi par des mouvements sociaux, à l’image de Paris, où le métro est aussi très perturbé jeudi par une grève à l’appel de tous les syndicats qui réclament des hausses de salaire.

« Tous inquiets »

Pema Monaghan, écrivaine de 28 ans, dit soutenir les grévistes, même si ses déplacements de la journée seront compliqués. « Ils défendent leurs conditions de travail et leur paie. Nous sommes tous inquiets pour notre paie » vu l’inflation de plus de 10% au Royaume-Uni, témoigne-t-elle.

Plus à l’ouest de la ville, à la station Kentish Town, sur la ligne Northern, Nicco Hogg, 36 ans et contrôleur de transports se trouvait au milieu d’un périple interminable: « la grève ajoute 90 minutes à mon trajet » qui va prendre environ trois heures pour rejoindre son lieu de travail.

Le métro londonien transporte en temps ordinaire jusqu’à 5 millions de passagers par jour mais a été secoué par plusieurs mouvements de grève ces derniers mois.

Si certains Londoniens ont opté pour le télétravail, dont la pratique s’est largement diffusée depuis la pandémie de Covid-19, beaucoup se sont rabattus sur le vélo, la voiture mais aussi les bus, bondés jeudi.

Afrique

Le Rwanda accuse la RD Congo d’avoir violé son espace aérien

Le gouvernement rwandais a affirmé, lundi 7 novembre, qu’un avion de chasse de la République démocratique du Congo avait violé son espace aérien, à peine 48 heures après un accord visant à désamorcer les tensions croissantes entre les deux pays. « Aucune action militaire n’a été entreprise par le Rwanda et l’avion est retourné en RDC. Les autorités rwandaises ont protesté contre cette provocation auprès du gouvernement de la RDC, qui a reconnu l’incident », selon un communiqué. 

Des responsables du gouvernement fédéral éthiopien et des autorités rebelles de la région du Tigré se sont rencontrés, lundi 7 novembre, à Nairobi des modalités du désarmement des troupes rebelles, prévu par l’accord de paix signé le 2 novembre. Comme le prévoit l’accord, les « commandants en chef » doivent « discuter et élaborer les modalités détaillées de sa mise en œuvre, notamment les questions du désarmement », a rappelé dans un communiqué l’Union africaine (UA), médiateur des pourparlers tenus à Pretoria pendant neuf jours.

La 27e Conférence des Nations unies sur le climat s’est ouverte à Charm el-Cheikh, en Égypte. L’occasion de parler des effets du réchauffement climatique sur le continent : l’Afrique, qui n’émet que 4 % des gaz à effet de serre, subit de plein fouet les conséquences de la hausse des températures. Les pays africains sont ceux qui polluent le moins et qui subissent le plus les affres du réchauffement climatique. Par exemple, la ville de Saint-Louis, au Sénégal, est l’une des plus touchées par la  montée du niveau de la mer. En 2018, le gouvernement a lancé un projet pour déplacer les populations des quartiers à risque dans une nouvelle citée. Mais plus de quatre ans après, le projet n’est pas encore sorti de terre. Reportage de Sam Bradpiece et Élimane Ndao. 

L’invitée de ce journal est Ndeye Marie Aïda Diguène, ingénieure sénégalaise spécialisée en génie civil. Elle a mis au point une innovation dans la construction d’espace de stockage en matériaux durables et lutte pour aider les agriculteurs à améliorer leurs récoltes.

 

Cameroun :

Paul Biya célèbre ses 40 ans de règne à la tête du pays

Au pouvoir depuis 1982 et malgré un état de santé manifestement dégradé depuis quelques années, le président camerounais, Paul Biya, célèbre, dimanche, 40 ans de règne à la tête de son pays, faisant de lui le deuxième chef d’État encore de ce monde à la plus grande longévité au pouvoir (monarchies exceptées). 

C’est l’un des records de longévité au pouvoir d’un chef d’État. Deux générations de Camerounais ont vu le jour sous la présidence de Paul Biya qui célèbre, dimanche 6 novembre, 40 ans de règne sans partage que certains au Cameroun voudraient voir s’achever tout en redoutant l’instabilité qui s’en suivrait.

À 89 ans et avec une santé fragile, le « sphinx » est – monarchies exceptées – le deuxième chef d’État au monde à la plus grande longévité encore au pouvoir, derrière son voisin de Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (plus de 43 ans).

À ses débuts, il promettait de placer son mandat sous le signe du « Renouveau ». Mais dans ce vaste pays d’Afrique centrale, une frange des moins de 40 ans l’espèrent toujours, après sept réélections.

« Quand j’étais petit, ça me paraissait normal de voir Paul Biya président, c’était comme un roi pour moi. En grandissant j’ai découvert le principe des élections », s’amuse Paul Bopda, 18 ans, étudiant en biologie à l’Université Yaoundé I, la plus ancienne du Cameroun, qui accueille 72 000 étudiants.

Pour de nombreux jeunes Camerounais, l’alternance démocratique demeure au mieux une idée abstraite et au pire une impasse : « Je ne crois pas au changement politique mais, à son âge, il devrait laisser la place aux jeunes », lance sa camarade Angela, 18 ans. « On n’arrive plus à bien manger », se lamente-t-elle en invoquant l’inflation sur les prix des biens essentiels.

Première puissance économique d’Afrique centrale 

Malgré ses ressources considérables, la première puissance économique d’Afrique centrale compte plus de 8 millions de pauvres sur quelque 25 millions d’habitants.

Elle demeure engluée dans la tranche inférieure des pays à revenus intermédiaires de la Banque mondiale, depuis de nombreuses années et ce, en dépit des promesses répétées du pouvoir d’améliorer ce classement.

Dans les allées du marché central de Yaoundé « les affaires tournent au ralenti », témoigne Christelle, 30 ans, vendeuse dans une boutique d’électronique, qui dit gagner 50 000 francs CFA par mois (76 euros). « Il faut de l’alternance, on ne peut pas avoir connu un seul président à 30 ans », ajoute la jeune femme.

Pour d’autres commerçants, le chef de l’État ne peut être accusé de tous les maux. « C’est un papa mais il ne peut pas être partout », estime Daniel Hector Ebaa en désignant une toiture jonchée de détritus : « Regardez cette poubelle, ce n’est pas la faute de Biya, c’est la société qui doit se prendre en main », assure ce père de famille de 43 ans.

La longévité au pouvoir peut aussi s’avérer gage de stabilité, « surtout quand on compare notre situation à celle des pays limitrophes », le Nigeria, le Tchad, la Centrafrique… note une démographe de 37 ans, au ministère de la Planification, invoquant son « devoir de réserve » pour garder l’anonymat.

Pour les fonctionnaires, « on ne peut pas dire que tout est noir, il y a des choses à améliorer », souligne-t-elle, en réclamant une revalorisation des salaires et un « assainissement de la gouvernance ». Elle dit gagner 210 000 francs CFA par mois (320 euros).

Deux conflits sanglants 

Le Cameroun fait également face à deux conflits sanglants, contre les jihadistes dans l’extrême-nord et contre les indépendantistes armés dans l’ouest peuplé par la minorité anglophone. Là, l’armée et les séparatistes sont accusés de commettre des crimes contre les civils par les ONG et l’ONU.

Ce conflit a fait plus de 6 000 morts et déplacé plus d’un million de personnes en moins de six ans, selon International Crisis Group.

« Paul Biya avait l’opportunité de résoudre la crise anglophone sans la moindre perte en vie humaines, mais il n’a adopté que des mesures de façade, avec mauvaise foi », estime Kevin Teboh Tekang, 33 ans, enseignant dans un collège de Buéa, en zone anglophone.

« La plupart des jeunes anglophones sont encore au Cameroun non pas par patriotisme, mais à cause de la pauvreté car ils n’ont pas les moyens de quitter le pays », regrette-t-il.

La démographe au ministère de la Planification redoute une « succession » et un plongeon dans une « instabilité qui pourrait nous faire perdre une génération, alors que les jeunes sont le fer de lance de la Nation ».

Sur le campus de l’université de Yaoundé, Durand Djomou, étudiant en biologie de 19 ans, ne parvient même pas à imaginer l’avenir sans Paul Biya. « Ce qui est sûr, c’est qu’avec une autre personne, on ne sait pas ce qui pourrait se passer et ça pourrait être encore pire », lâche-t-il.

 

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