Parution- « La Kahina » d’Aurélien Simon et d’Ilyes Messaoudi

Parution- « La Kahina » d’Aurélien Simon et d’Ilyes Messaoudi

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    Hommage à la reine des berbères

L’auteur Aurélien Simon et l’artiste plasticien Illyés Messaoudi ont signé, en février dernier, aux Orients éditions, un album en couleur intitulé « La Kahina, reine des Tamazgha ».

C’est à travers une lecture des plus agréables que le lecteur est à même de découvrir le parcours exceptionnel de la reine guerrière berbère kahina. Une reine qui a combattu les Omeyyades, lors de la conquête musulmane du Maghreb au VIIe siècle. Après avoir mené   plusieurs guerres et plusieurs succès contre les envahisseurs musulmans, la Kahina meurt au combat, dans les Aurès, en 703. Cette grande figure de proue de la résistance algérienne a le mérite d’avoir unifié le Maghreb. Dès l’entame de son ouvrage, l’auteur Aurélien Simon définit la Kahina comme une « Flamme rebelle brûlant dans l’obscurité, ses cheveux roussis par le henné éclataient dans le vent du soir. Ses yeux étaient clos mais son visage ouvert, lumineux et serein, tout habillé de marques païennes turquoises, autant de portes menant au monde des esprit ».

Aurélien Simon se lance, par la suite, par une description des plus minutieuses de cette femme rebelle qui a su défier tant de régiments et d’Etat. L’auteur rappelle avec force et détail qu’au VIIème siècle, en Tamazgha, « Dihya est la cheffe de la résistance à l’invasion des Omeyades qui la surnomment la devineresse, la Kahina. Lors de la bataille de la rivière Nini, elle remporte une victoire décisive et devient ainsi la reine protectrice des tribus amazighes. Mais les envahisseurs, menés par le général Hassan, préparent la contre-attaque ».

Kahina succède à Koceïla comme chef de guerre des tribus berbères vers 688, contre les armées Omeyyades. En 698, le gouverneur et général omeyyade Hassan Ibn Numan quitte l’Égypte, et prend Carthage, et d’autres villes (voir la conquête musulmane du Maghreb. À Kairouan, Hassan s’informe de savoir qui est le roi le plus puissant de l’Ifriqiya, on lui dit qu’il s’agit de Kahina, une femme « qui régnait sur les Berbères et les Byzantins ». Il est donc allé à sa rencontre.

Pour mener à bien son projet d’écriture sur la Kahina- ce personnage le plus emblématique de la résistance berbère à la conquête arabe du Maghreb, au VIIe siècle- Aurélien Simon s’est appuyé sur des thèses d’historiens de références tels que Gabriel Camps et Mohamed Talbi. Mieux encore pour illustrer son album, Aurélien Simon a fait appel, au dessinateur tunisien Ilyes Messaoudi. Ce dernier s’est inspiré d’un récit historique du VIIe siècle pour créer des peintures spécifiques sous verre.  L’artiste explique que cette technique consiste à décorer des objets en verre au moyen d’une dorure intérieure soudée au feu entre deux pellicules de verre.

Il est à noter qu’Aurélien Simon est licencié en Arts de l’université Sorbonne Nouvelle et auteur sur la musique, le cinéma et l’art contemporain. Il a notamment participé à l’écriture de la monographie de l’artiste plasticien tunisien Slimen Elkamel publiée chez Skira en 2022. Quant à  l’artiste peintre Ilyés Messaoudi après sa série picturale Les Nuits de Shéhérazade et ses illustrations des Amours d’Antar et Abla, il reprend la technique de la peinture sous verre pour visualiser le  décor  et le visage de la Kahina.

Nour Maissane

Le livre « La Kahina» paru le 4 février 2022 chez Orients Éditions. L’ouvrage est disponible sur la boutique en ligne orients éditions

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