Naissance du festival Medséries: Une vitrine pour la série TV méditerranéenne

Naissance du festival Medséries: Une vitrine pour la série TV méditerranéenne

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Organisateurs et festivaliers au Cinéma U Paradisu / Photo de Martin Baixe.

Le 1er festival de Medseries s’est tenu à Furiani, en Haute-Corse, du 20 au 23 avril, naviguant entre le Cors’Hotel, les studios Pasta Prod et le cinéma U Paradisu.

« C’était une saison pilote. C’est le début d’une aventure et d’une histoire à travers la série en Corse pour être un vecteur important en Méditerranée. » Tel est le bilan observé par son fondateur, Alix Ferraris de Diffusion KVA, déjà à l’origine des Nuits Meds, festival offrant depuis 2007 une véritable vitrine de la production cinématographique méditerranéenne. Cette fois ci, c’est la production télévisuelle qui était à l’honneur. « Par sa situation géopolitique et géographique je considère la Corse comme un « hub » du point de vue de l’accompagnement, dans le but créer un pôle audio-visuel. […] Je trouvais intéressant de stimuler la création dans ce sens car il n’y a aucun évènement en Méditerranée consacré à la série ».

Et on peut dire effectivement que le festival a commencé sur les chapeaux de roue tant le programme fut riche en rencontres et en projections.

Ainsi, jeudi 21 avril, les festivaliers purent assister aux conférences de Nathalie Gresse de Corsica Pôle Tournage et de Laurent Simonpoli directeur des programmes à France 3 Corse Via Stella, sur les étapes de la production télévisuelle. Le lendemain c’était au tour de Florian Cabane, chargé de mission au Service des Industries Culturelles et de l’Image à la Direction de la culture de la Région SUD, de Gilles Boussion directeur du FRAMES Web Video Festival et de Camille Baron (via webcam) chargée de programmes à Arte, parler de la web-création, un domaine en pleine effervescence.

Côté projection, en plus des séries de Via Stella et des productions web soutenues par Frames et la région Sud, évoquées plus haut, nous pûmes découvrir les nombreux projets produit par la plateforme Allindi, présentés par ses fondateurs : Maria Francesca Valentini et Gérôme Bouda, ainsi que la nouvelle saison de la série d’animation Athleticus produite pour Arte.

Furent également projetés, au cinéma U Paradisu, les exercices de l’atelier de réalisation des Talents en Court, organisé par le réalisateur Gérard Pautonnier-Mazzoti. « C’est un peu dans la continuité de ce que je fais en dehors de mon métier de la réalisation -nous dit ce dernier– c’est-à-dire des cours et des ateliers de directions d’acteurs et de réalisation […] pour le Vox Milo Festival. J’ai voulu faire avec Medseries ce même type d’atelier de réalisation très court, avec très peu de moyens et axé sur la direction d’acteur, l’interconnexion et le travail d’équipe, qui me semblent primordiaux pour le métier qu’on veut faire. » C’est ainsi que les réalisateurs naissants purent réaliser dans un esprit de franche camaraderie et en usant de débrouillardise, plusieurs petits épisodes de la série humoristique A Musée Vous, A Musée Moi d’Arte. Pasquale Borodine qui présentait justement un épisode, co-réalisé avec Anaïs Vincileoni rapporte : « J’ai trouvé [l’atelier] très instructif et intéressant, ça m’a beaucoup appris sur la manière dont je pouvais diriger mes acteurs et aussi sur le travail d’équipe […] Le fait d’être avec quelqu’un d’autre m’a permis de m’ouvrir sur d’autres manières de travailler ».  « C’est un petit peu une aventure collective dans le but de mettre en avant nos savoirs-faires – commente Alix Ferraris – C’est surtout ce qui relève de la difficulté d’être sur une île. C’est[ s’apercevoir qu’on a quand même une capacité, nous, insulaires, de par nos difficultés de financement à être considéré comme de véritables professionnels et qu’on peut proposer plusieurs valeurs ajoutées dans le but de favoriser la transmission ». Un peu plus jeunes mais tout aussi assidus, les élèves des classes élémentaires de l’école U Principellu de Furiani, ont pu dévoiler leurs talents avec les mêmes exercices, sous la houlette de Florence Franceschi.

Un autre élément important de ce festival fut également l’atelier Work in Progress : résidence d’écriture durant laquelle auteurs et aspirants auteurs ont pu retravailler leurs projets respectifs de séries sous la supervision et les conseils de Jean-François Lucioni et du réalisateur Ange Basterga. A l’issue des trois jours d’atelier, les participant eurent à pitcher leurs différents travaux devant l’assistance et on a pu ainsi découvrir les projets de Gjulia Pierrini, de Clément Vieu, de George Hazim et du duo Léa Maurizi et Stéphane Regoli. Autant de séries embryonnaires que l’on espère promises au plus bel avenir.

 « Je suis ravie de cette résidence – Nous dit Gjulia, porteuse du projet De Façade J’ai trouvé le discours rassurant même s’il n’est pas forcément bienveillant. Ils posent des mots sur un travail […] Comme dans toute résidence, on ne vient pas pour se faire brosser ni pour directement intéresser quelqu’un, mais pour avoir des conseils, pour évoluer et pour se placer un peu dans le marché. En cela la résidence a été très bénéfique et très efficace. »

Malgré une fréquentation sommes toute assez modeste cette année, le festival Medséries compte bien être présent pour les années à venir et Alix Ferraris réfléchit déjà aux multiples défis à relever d’ici l’an prochain : « Déjà, on va renforcer et rouvrir la résidence Work in Progress en Méditerranée […] On va continuer les travaux en lien avec les enfants. On va essayer de favoriser des projections, sans compétition mais d’avantage des avant-premières. Exemple : Flamme de Jonathan Coen, tournée à Île-Rousse. […] On va toucher Canal +, on va essayer de toucher Netflix, on a bien sûr notre plateforme Allindi qui est un partenaire fidèle. On va essayer de garder un angle, rester sur Furiani et surtout développer des actions toujours aussi créatives. »

David Olivesi


 

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