Lutte contre les violences faites aux femmes

Lutte contre les violences faites aux femmes

505
PARTAGER

Les violences subies par les femmes constituent l’une des violations des droits de l’homme les plus répandues dans le monde. L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) a adopté en 1993 la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Elle définit la violence à l’égard des femmes comme tous les “actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou dans la vie privée” (article 1er).

Les violences envers les femmes sont parfois banalisées, voire encouragées par des stéréotypes. L’école a un rôle à jouer pour prévenir les violences entre jeunes, lutter contre des comportements sexistes et assurer une éducation au respect afin d’éviter que ne s’ancrent à l’âge adulte des comportements de domination générateurs de violences envers les femmes.

Ces violences peuvent prendre des formes très diverses :

  • violences domestiques (coups, violences psychologiques, viol conjugal, féminicide) 
  • harcèlement ou agression sexuelle (viol, avances sexuelles non désirées, harcèlement dans la rue, cyber-harcèlement) 
  • mariage précoce et forcé
  • mutilation  génitale féminine 
  • trafic d’êtres humains (esclavage, exploitation sexuelle).

Ces violences constituent la manifestation la plus aiguë de l’inégalité homme-femme. La déclaration des Nations unies les lie explicitement à la domination des hommes et à la subordination des femmes.

Le cyber-harcèlement est une forme de violence assez récente qui se développe. Les menaces de viol, les injures sexistes et autres invectives font partie du quotidien de nombreuses femmes sur le Web.

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) a publié en 2018 un rapport intitulé “En finir avec l’impunité des violences faites aux femmes en ligne : une urgence pour les victimes”. Ses conclusions sont alarmantes : 73% des femmes déclarent en être victimes, et pour 18% d’entre elles sous une forme grave. Ces violences visent, selon le Haut Conseil, à contrôler la place des femmes et à les exclure de l’espace public. Elles se manifestent principalement sous deux formes :

  • le cyber-contrôle dans le couple : un conjoint ou un ex-conjoint violent surveille l’activité de sa conjointe (conversations, déplacements, dépenses, etc.), éventuellement à son insu via des applications dédiées ;
  • le harcèlement sexiste et sexuel en ligne, qui consiste à envoyer des messages ou à publier des propos insultants, dénigrants, voire menaçants.

Victimes au sein du couple recensées en 2019 : plus de 80% sont des femmes

La dernière enquête « Cadre de vie et sécurité » de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) révèle qu’entre 2011 et 2018, 295 000 personnes de 18 à 75 ans, dont 72% de femmes, se sont déclarées victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Ces violences conjugales ne sont pas souvent suivies de plaintes, surtout lorsqu’elles ont un caractère sexuel : seules 27% des victimes les ont signalées à la police ou à la gendarmerie.

Selon une étude de la Délégation aux victimes du ministère de l’intérieur, les morts violentes au sein du couple ont concerné 173 victimes en 2019 (contre 149 en 2018), majoritairement des femmes (146 contre 121 en 2018). Sur ces 146 femmes tuées, 41% avaient déjà subi des violences de la part de leur partenaire et 43% avaient déposé une plainte.

Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), dans son deuxième état des lieux du sexisme en France, paru en 2020, rappelle sa définition du sexisme : il s’agit « [d’]une idéologie qui repose sur l’infériorité d’un sexe par rapport à l’autre, mais aussi un ensemble de manifestations des plus anodines en apparence (remarques, plaisanteries, etc.) aux plus graves (viols, meurtres) qui ont pour objet de délégitimiser, stigmatiser, humilier ou violenter les femmes et entraînent pour elles des effets en termes d’estime de soi, de santé psychique et physique et de modification des comportements ».

En France, 99% des femmes disent avoir été victimes d’un acte ou comportement sexiste en 2019. Le Haut Conseil a étudié plus précisément trois domaines de la vie publique : le milieu de l’entreprise, où le sexisme demeure très important mais où naissent aussi beaucoup d’initiatives pour le combattre.

  • les médias : les émissions de divertissement, notamment la téléréalité, diffusent une image caricaturale des femmes ;
  • le monde politique, qui fonctionne encore comme une « chasse gardée des hommes » malgré les avancées de la parité sous l’effet des contraintes légales.

Bilan des violences faites aux femmes durant le confinement

 Le  bilan publié par la MIPROF en juillet 2020, confirme leur forte hausse entre le 16 mars et le 10 mai 2020. Le nombre d’appels au 3919 a bondi : la plateforme a reçu 44 235 appels et déclenché une prise en charge pour 15 610 d’entre eux. Les appels pour violences conjugales ont triplé par rapport à 2019 sur la même période : ils représentaient 9% des appels en 2019, 19% au début 2020 et 25% pendant le confinement. Le ministère de la justice a enregistré moins de féminicides mais plus de tentatives de meurtre. La crise sanitaire et le confinement auraient eu un effet révélateur (et non déclencheur) des violences conjugales, et un effet aggravant dans certaines situations. Le rapport de la MIPROF recommande de pérenniser et de renforcer les dispositifs et les actions mis en place durant le confinement car ils s’avèrent bien adaptés aux spécificités des violences au sein du couple. Dès l’instauration du deuxième confinement, en novembre 2020, le gouvernement français a communiqué sur les mesures prévues en la matière.

Les actes de violence à l’encontre des femmes sont  réprimés de plus en plus  sévèrement en France.

Rédaction Salama

(source institutions publiques)

Commentaires

commentaires