Les Nuits Méditerranéennes, le festival du court

Les Nuits Méditerranéennes, le festival du court

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Jean-Philippe Ricci, Christian Ruspini et Alix Ferraris. Crédit photo : Syrine Gouni

Pour la 14e année consécutive, le court métrage est à lhonneur au festival les Nuits Méditerranéennes. Lirréductible festival corse itinérant, qui se démarque avec une programmation internationale où chaque bord de la Mare nostrum est l’égal invité, reprend la route pour un parcours de plusieurs mois.

À l’heure du streaming et des plateformes, tandis que les services de vidéo à la demande se disputent la part du marché à coup de productions de films originaux aussi bien que de séries inédites, il est parfois difficile de se souvenir que le cinéma est une forme d’expression artistique à part entière. Bien que l’audiovisuel soit aujourd’hui principalement consommé pour sa qualité de divertissement il est, plus que tout, accessible : vu par le plus grand nombre et – grâce aux nouveaux médias et technologies associées – à la portée d’une génération nouvelle, avide de communication et disposée à transposer cette ferveur contemporaine vers la création cinématographique. Mais si le septième art se fait et s’affiche sur les plus petits écrans, il n’en est pas moins que les salles obscures, après de longs mois de fermeture, nous ont manqué. Loin du confort du domicile, l’expérience immersive d’une bonne séance de cinéma reste pour beaucoup un souvenir bien lointain. Et pour les professionnels du métier, les indépendants et jeune talents qui dépendent de ces salles et des festivals qu’ils accueillent, ces derniers mois ont été tout particulièrement rude.

Cinéma Le Studio à Bastia. Crédit photo : Syrine Gouni

C’est dans ce contexte unique que la 14e édition du festival itinérant de court métrage des Nuits Méditerranéennes s’engage vers une nouvelle saison. La réouverture des cinémas a permis à ce festival corse, engagé pour la création et l’ouverture, de remettre sur les écrans – d’abord à Bastia – le cinéma en court. Mais c’est dès avril, avant même qu’on ai de nouveau accès aux salles, que les Nuits MED ont lancé les bases d’une itinérance de plusieurs mois, avec la mise en place d’un travail pédagogique : la compétition jeune public, où des écoliers ont découvert le court métrage animé. Après la brève interruption du dernier confinement, les centaines d’enfants participant ont pu remettre quatre trophées, avec pour grand vainqueur le festival international du court métrage et de l’image animée Mecal de Barcelone. En parallèle, cinq réalisateur ont eu l’opportunité de présenter leur projet de court métrage à un ensemble de professionnels du cinéma, dont des producteurs, dans le cadre du dispositif « Talents en Court » du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée) en coopération avec la Collectivité de Corse. L’association diffusion KVA, responsable en corse de ce programme pour l’émergence dans l’audiovisuel, permet ainsi avec son festival Les Nuits Méditerranéenne de faire le lien entre professionnels établis, talents prometteurs et grand public.

Car les spectateurs ont eux aussi trouvé leur place, dès la réouverture des salles en Corse, lors de deux rencontres : une « Carte Blanche » accordée au Festival du cinéma italien de Bastia, pour quatre courts métrages au cinéma Le Studio ; et une séance Littérature et Cinéma, menée par les deux acteurs Christian Ruspini (Disparus, Pension complète) et Jean-Philippe Ricci (Inséparables, Un prophète) au cinéma Le Régent. Présentés par Lidia Morfino-Murati, les réalisations italiennes ont en l’espace d’une heure présenté la tragédie sous toutes ses formes avec une fable, une tragi-comédie, un drame et un récit mélancolique. Tandis que l’évènement sur le thème « de l’écran à l’écrit, ou de l’écrit à l’écran ? » a posé la sempiternelle question de la poule et de l’œuf, avec la confrontation de deux oeuvres à l’adaptation contraire. Lorsque le réalisateur Frédéric Farrucci présenta le synopsis de son projet de court métrage Suis-je le gardien de mon frère? (2013) au romancier Jérôme Ferrari, ce dernier y trouva la trame de ce qui sera le prix Goncourt 2012, Le Sermon sur la chute de Rome. Les deux travaux, présentés devant et sur l’écran dans la chronologie de ces productions inverses, se sont fait écho en formant ensemble une expérience singulière. La rencontre « Littérature et Cinéma » prendra place à nouveau au mois de septembre, lors du passage du festival itinérant les Nuits MED au cinéma le Grand Action à Paris. 

Le festival corse itinérant du court-métrage Les Nuits Méditerranéenne poursuit sa course dans la ville de Porto-Vecchio, où se tiendra sa 3e compétition méditerranéenne de courts métrages. Les 35 films, projetés en seize séances du 1er au 4 juin, sont issus d’Algérie, de Croatie, d’Egypte, d’Espagne, de France, de Grèce, d’Italie, d’Israël, du Maroc, de Roumanie, de Tunisie et de Turquie.

Syrine Gouni

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