L’ALDEC, une approche novatrice pour la coopération régionale dans l’Océan Indien (Partie...

L’ALDEC, une approche novatrice pour la coopération régionale dans l’Océan Indien (Partie 3 et fin)

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Quels arguments par rapport à l’éventuelle entrée de l’Algérie à la Commission de l’Océan Indien ?

La Commission de l’Océan Indien (COI) est une organisation intergouvernementale qui regroupe cinq États membres: l’Union des Comores, la France au titre de La Réunion, Madagascar, Maurice et les Seychelles. Créée par la Déclaration de  Port-Louis en 1982, la COI a été institutionnalisée aux Seychelles en 1984 par l’Accord général de coopération, plus connu comme “l’Accord de Victoria“.* Les États membres de la COI contrôlent plus de 5,5 millions de km² de zones économiques exclusives. Ils partagent une même géographie, insulaire et océanique.*

Seule organisation régionale d’Afrique composée exclusivement d’îles, la COI s’affirme comme un acteur primordial de la coopération dans la région du Sud-Ouest de l’Océan Indien, avec l’adhésion notamment  au statut d’observateur des principaux pays du groupe BRICS.

Carte des États membres de la Commission de l’Océan Indien et liste des membres observateurs

L’Océan Indien est traversé par des autoroutes maritimes internationales représentant 70 % du commerce international d’hydrocarbures et près de la moitié du trafic maritime marchand mondial* De plus, les perspectives offertes par la biodiversité régionale pour le développement de la recherche scientifique facilitent l’établissement d’accords de coopération. L’intérêt stratégique que représente le bassin occidental de l’Océan Indien est réaffirmé avec l’entrée de membres observateurs. Les potentiels et les atouts dont dispose la région du Sud-Ouest de l’Océan Indien  ouvrent la voie à la coopération dans les huit domaines qui sont du ressort de l’ALDEC, comme le montre le tableau suivant :

L’ALDEC pourra se joindre à l’effort d’ancrer l’appartenance du pays à la COI ainsi qu’à d’autres  organisations régionales d’Afrique, dans une approche visant à englober, entre autres, les questions relatives au changement climatique, à la coopération universitaire, et à l’économie bleue.

L’Algérie pourrait accéder au statut d’observateur auprès de la COI et bâtir un partenariat marqué par des opportunités notamment liées au positionnement géostratégique de la COI sur l’axe Afrique-Asie *. En outre, l’aspect unificateur de la langue française en tant que langue de travail et d’échange au sein de la COI  est un facteur déterminant pour la mise en place des  projets  de coopération.* Le caractère insulaire représente un atout culturel en ce qu’il encourage la créativité littéraire. A cela s’ajoute, la valorisation du potentiel de l’économie bleue comme un nouvel horizon de développement et de progrès technologiques*.L’UA qualifie l’économie bleue de ‘’ nouvelle frontière de la renaissance de l’Afrique ‘’.

Conclusion

Le pays est au début d’un processus de coopération qui devra mener à une redynamisation de sa politique étrangère sur des fondements solides. L’Algérie s’apprête à participer à des rendez-vous décisifs, lors desquels l’ALDEC redonnera à la coopération ses lettres de noblesse .L’ALDEC est appelée à impulser un nouvel élan aux relations diplomatiques et à intensifier ses efforts pour projeter le rayonnement du pays. L’avenir de la coopération devra puiser dans les valeurs du panafricanisme, pivot de l’unité africaine.

Benteboula Mohamed-Salah. Géographe

beyusek@hotmail.fr

Court glossaire:

Coopération triangulaire :

La coopération triangulaire, comme son nom l’indique, implique trois acteurs, deux du Sud et un du Nord. Ce dernier, qui peut aussi être une organisation internationale, fournit les ressources financières nécessaires pour que les pays du Sud puissent échanger une assistance technique sur un sujet spécifique.

Economie bleue :

Le concept de l’économie bleue intègre intègre dans une nouvelle approche l’exploitation économique des ressources des océans, des lacs, des fleuves et autres étendues d’eau et la conservation des écosystèmes aquatiques. Il constitue une base pour une utilisation et une conservation rationnelles et durables des ressources naturelles (renouvelables et non renouvelables) et de leurs habitats naturels.

Objectifs de Développement Durable (ODD) :

Les objectifs de développement durable sont un appel universel à l’action pour éliminer la pauvreté, protéger la planète et améliorer le quotidien de toutes les personnes partout dans le monde, tout en leur ouvrant des perspectives d’avenir. Au nombre de 17, les objectifs de développement durable ont été adoptés en 2015 par l’ensemble des États Membres de l’Organisation des Nations Unies dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030, qui définit un plan sur 15 ans visant à réaliser ces objectifs.

Références 

Le sigle *mentionné dans l’analyse, indique la source, la webographie :

La coopération franco-africaine en matière de défense (Editions l’harmattan)

Les Etats-nations face à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest. Le cas du Bénin (Editions Karthala

Commission Economique pour l’Afrique (Nations Unies) UNECA

Les mots de la diplomatie (Editions l’harmattan)

La Commission de l’Océan Indien, Parlement Européen, Union Africaine, Organisation Internationale de la Francophonie, UNESCO, Union Interparlementaire, ONU, Agence publique ENABEL, Agence Presse Service Larousse

Pour  toute information sur l’analyse et la webographie, l’adresse mail : beyusek@hotmail.fr

Benteboula Mohamed-Salah . Géographe.

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