La réconciliation avec l’Algérie, pour uneNouvelle Dynamique

La réconciliation avec l’Algérie, pour une
Nouvelle Dynamique

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Elisabeth Borne accueilli à l'aéroport d'Alger par son homologue Aïmene Benabderrahmane

La première ministre de la république Française est arrivée à Alger ce dimanche sous un ciel partiellement couvert après plus d’un mois de celle de son président Monsieur Emmanuel Macron, visant à instaurer une relation plus appropriée, sincère et cordiale.

Accueil à l’aéroport de Mme Borne et les membres du gouvernement Français                          

Matignon avait tenu à préciser avant même de l’arrivée de madame Borne que cette visite n’avait rien avoir avec la question du gaz « qui ne sera pas à l’ordre du jour et que pour le séjour de la première Ministre Alger du dimanche 9 et lundi 10 octobre, vise très clairement à conjurer les vieux démons d’une relation franco-algérienne marquée historiquement par les cycles perpétuels d’un passif parfois, pas tout rose.

Mme Borne dépose, une gerbe au Monument des martyrs

Après un accueil en grande pompe dimanche après-midi par leurs homologues algériens sur le tarmac de l’aéroport d’Alger, la cheffe du gouvernement français de déposer, à son arrivée et comme c’est la tradition, une gerbe au Monument des martyrs qui surplombe la capitale algérienne, haut lieu de la mémoire algérienne de la guerre d’indépendance (1954-1962) face à la France, avant de se rendre au cimetière Saint-Eugène à Alger, où reposent   nombre de Français nés en Algérie.

Elisabeth Borne se recueille devant la tombe de soldats Français au cimetière de Bologhine (ex.Saint Eugene)

Ce déplacement de Madame Elisabeth Borne était accompagné par une délégation gouvernementale conséquente de quinze ministres et une secrétaire d’Etat qui intervient,à peine un mois et demi après la visite d’Emmanuel Macron, qui avait scellé la réconciliation entre les deux pays après une période assez tendue entre Paris et Alger. Cette initiative est dans un but qui est surtout de ne pas autoriser la dynamique réactivée par le président français et son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, à s’enliser dans la routine bureaucratique et de ce qui se trame à gauche ou à droite.

La délégation gouvernementale au cimetière de St Eugène d’Alger

Le format diplomatique du comité intergouvernemental de haut niveau au forum qui abrite depuis 2012, les rencontres entre chefs de gouvernement ainsi que leurs équipes ministérielles qui sans nul doute, tombait à point nommé pour confirmer l’aspiration de la déclaration d’Alger pour un partenariat renforcé, signée entre autres, le 27 août entre les présidents des deux pays.Dans son discours Madame Elisabeth Borne, la première ministre française s’est confiée : « Il s’agissait de mon premier déplacement officiel à l’étranger depuis manominationcommePremièreministre.Qu’il se déroule à Alger, quelques semaines après la rencontre de nosprésidents,estunsignefort.C’est la conscience de notre Histoire et des liens qui unissent nos deuxpeuples. Aussilapreuvedenotredéterminationàconstruireunerelationrenouveléeentrenosdeuxpays. C’est une étape pour bâtir des coopérations plus denses encore entre laFranceetl’Algérie.C’est donc un grand honneur d’être reçue à Alger et de coprésider ce 5eme CIHN, cette réunion se tient dans le prolongement de la visite du président Macron en août et de la signature de la Déclaration d’Alger ».

Rencontre à la présidence Elisabeth Borne et Abdelmadjid Tebboune

Elle ajoute : « Cette réunion est le gage de notre volonté d’avancer simultanément sur tous les domaines d’intérêt commun. Le partenariat franco algérien est riche de sens face aux défis du monde en particulier dans un contexte de l’agression russe en Ukraine mais aussi des crises régionales en Libye et au Sahel.

Nous sommes prêts à aller de l’avant dans l’apaisement des mémoires. Mise en place prochaine d’une commission conjointe d’historiens (ouverture des archives en France et en Algérie). Les liens entre nos peuples sont des richesses. Nous voulons faire davantage pour faciliter la mobilité de ceux qui le souhaitent de part et d’autre de la Méditerranée et en même temps l’encadrer à chaque fois que c’est nécessaire ».

Nous pouvons faire davantage sur le plan économique. La première ministre a salué les travaux menés pour l’amélioration du climat des affaires. Elle ajoute : « il faut aussi renforcer nos coopérations en matière d’enseignement, de culture et de recherche scientifique. Poursuivre notamment la coopération engagée sur le cinéma. Avancer les discussions sur le projet de nouveau lycée ».

Signature d’accords de principe au CIC à Alger

Dialogue et Accords

Au cours de sa visite, la Première ministre française a été reçue officiellement par le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune,pour un entretien et dialogue sur divers sujets entre autres sur la coopération durable et pérenne. La première Ministre Française a affirmé au président Tebboune qu’il peut comptersur la mobilisation et la détermination de son gouvernement.

Cette visite a été également marquée par la tenue de la 5ème réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) et le forum économique algéro-français,coprésidés par le premier ministre Algérien AïmeneBenabderrahmane et Mme Borne, ainsi que la signature de plusieurs accords de coopération dans divers domaines entre les deux pays.La première ministre Elisabeth Borne n’a emmené avec elle qu’un seul grand groupe, Sanofi, qui a un projet d’usine à insuline, et quatre PME : Générale Energie, qui envisage la construction d’une usine de recyclage et transformation de noyaux d’olives, Infinite Orbits, qui a un projet de premier microsatellite algérien, Neo-Eco, qui travaille sur le traitement des déchets comme l’amiante, et Avril, spécialisée dans la transformation de céréales. De son côté Business France, structure publique chargée des investissements internationaux, emmène plusieurs dizaines d’entreprises venues pour le Forum des affaires franco-algérien,

Coopération et Partenariat Renouvelé

Lors de la cérémonie d’ouverture du forum économique algéro-français, qu’elle a co-présidé avec le Premier ministre, Aïmene Benabderrahmane, Mme Borne a déclaré qu’avec la volonté du Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, et celle du Premier ministre,« je sais que l’Algérie est engagée dans une ambitieuse diversification de son économie et queles entreprises françaises sont prêtes à participer à ce mouvement et à contribuer à l’amplifier, rappelant que « la déclaration d’Alger » établit une liste de secteurs d’avenir,et nous devons nous en saisir »puis elle rajoute dans son discours :« J’ai la conviction que nous serons plus forts ensemble, la conviction que la coopération entre les entreprises algériennes et françaises peut être à l’origine de grandes réussites ».      

Elisabeth-borne-a-longuement-echange-avec-son-homologue-algerien-aimene-benabderrahman au forum économique à l’hôtel Aurassi à Alger

La cheffe de l’exécutif français a désigné ce forum de « symbole fort« , dans lequel chaque secteur représenté par les entrepreneurs des deux rives, incarne une facette de la coopération entre les deux pays et chacune des entreprises« porte des solutions pour les défis globaux que nous avons à affronter », a-t-elle affirmé. S’adressant aux entrepreneurs des deux pays, Mme ElisabethBorne a estimé que chacun d’eux a un « rôle déterminant » et « donne un visage, une énergie et une volonté à la relation entre la France et l’Algérie ».

Elle a rappelé que la rencontre entre le Président Tebboune et son homologue français, Emmanuel Macron, à l’occasion de la visite d’amitié effectuée à Alger le 25 août dernier, cette visite a marqué « une étape décisive » dans les liens entre les deux pays.Pour les deux Etats, il s’agira « d’encourager, lever les barrières qui freinent les entrepreneurs et limiter les contraintes administratives et réglementaires ».Estimant que l’Algérie, avec la nouvelle loi sur l’investissement, « prend le chemin de l’attractivité »,la première ministre française a appelé à « multiplier les ponts entre nos jeunesses et mettre en place les coopérations éducative, culturelle et entrepreneuriale qui leur permettront de se parler, de se comprendre et d’avancer dans la même direction ».Par ailleurs le premier ministre Aïmene Benabderrahmane a précisé que « le partenariat exceptionnel auquel aspirent l’Algérie et la France ne doit pas se heurter à des difficultés qui seraient facilement surmontables, comme l’octroi de visas et la question du plan de sécurité réalisé par les autorités françaises, lequel ne reflète nullement la réalité de l’Algérie d’aujourd’hui ».Le Premier ministre a ainsi précisé que les deux parties sont appelées« à relancer le dialogue autour des questions inhérentes à la circulation des personnes, à la migration et à la réadmission des personnes, conformément à la Déclaration d’Alger, dans un climat empreint de confiance et de pragmatisme« .

Les deux premiers ministres  Mme  Elisabeth Borne et AïmeneBenabderrahmane

Une mémoire Commune

Il a indiqué que la qualité du dialogue politique entre les deux pays a permis d’aborder la question de la mémoire commune dans un climat empreint de « sérénité, de clarté et de respect mutuel« ,souhaitant la mise en œuvre d’apaisement de la mémoire commune puisse aller de l’avant grâce à la commission d’historiens Algériens et Français et à notre adhésion effective au règlement des autres questions qui sont trèsimportantes comme la récupération totale des archives, l’indemnisation des victimes des essais nucléaires et l’assainissement des sites des essais nucléaires dans le Sahara algérien.

Dialogue et Sécurité

 M.Benabderrahmane a indiqué  que « La nouvelle dynamique qui anime nos relations, inspirée de la Déclaration d’Alger, exigera d’approfondir la concertation sur les questions d’actualité, tant régionales qu’internationales« , faisant l’objet d’une  synthèse de vues entre Alger et Paris, à l’ouverture des travaux de la 5e session du Comité intergouvernemental algéro-français de haut niveau (CIHN) au Centre international des conférences (CIC) « Abdellatif Rahal » qu’il a co-présidés avec son homologue française, Mme Elisabeth Borne. Evoquant les questions autour desquelles les regards de l’Algérie et de la France affluent,le Premier ministre a cité celles relatives au dialogue Euro-Méditerranéen, au dossier libyen ainsi qu’à la situation au Sahel, la lutte anti-terroriste et l’extrémisme violent.A ce propos, M. Benabderrahmane relevé que la 5e session du CINH « permet aux deux pays d’établir une feuille de route et un agenda des futures rendez-vous communs à l’horizon 2030, décidés par les présidents des deux pays, MM. Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron dans le cadre de la Déclaration d’Alger ».

A ce propos, le Premier ministre a indiqué que cette Déclaration, qui s’ajoute à celles des années 2003 et 2012, a défini« les domaines et les priorités de la relation bilatérale algéro-française dans tous ses aspects à savoir humain, culturel, scientifique, historique, économique et social, en plus d’accorder une attention particulière à la jeunesse des deux pays ». Elle a également eu le mérite de « mettre en place de nouveaux mécanismes conférant un nouvel élan à la coopération bilatérale entre les deux pays ».

Rencontre à la présidence Elisabeth Borne et Abdelmadjid Tebboune

Dans ce contexte, le Premier ministre a exprimé sa conviction que cette session représenterait « une nouvelle étape dans le processus de construction du partenariat exceptionnel auquel aspirent les pays », mettant en avant que la tenue de la 5e session du Comité intergouvernemental de haut niveau entre les deux pays après les entraves et les perturbations imposées par la conjoncture sanitaire « témoigne de la qualité et de la régularité des échanges entre l’Algérie et la France, et le dialogue politique au plus haut niveau dans les deux pays ».

Et d’ajouter que « le partenariat exceptionnel auquel aspirent l’Algérie et la France ne doit pas se heurter à des difficultés qui seraient facilement surmontables, comme l’octroi de visas et la question du plan de sécurité réalisé par les autorités françaises, lequel ne reflète nullement la réalité de l’Algérie d’aujourd’hui ».

Le Premier ministre Algérien, a rappelé que les deux parties sont conviées « à relancer le dialogue autour des questions inhérentes à la circulation des personnes, à la migration et à la réadmission des personnes, conformément à la Déclaration d’Alger, dans un climat gravé de confiance et de pragmatisme ».

Signature des accords de principe entre les ministres Français et Algériens 

Cette visite elle a été également marquée par la tenue de la 5ème réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau (CIHN) et le forum économique algéro-français, coprésidés par M. Benabderrahmane et Mme Borne, ainsi que la signature de plusieurs accords de coopération dans divers domaines entre les deux pays. Au centre international des conférencesd’Alger (CIC) de club des pins, le « cinquième Comité intergouvernemental de haut niveau France-Algérie » – a réuni les membres des deux gouvernements pendant plusieurs heures. En début de soirée, les ministres alignés face à face dans une vaste salle aux motifs andalous qu’on appelle le « zelij » ont tour à tour paraphé un une douzaine d’accords visant à renforcer la coopération franco-algérienne. « Déclaration d’intention », « convention-cadre », des engagements vastes, donc, qui doivent conduire Algériens et Français à parler à des échéances régulières dans une grande diversité de domaines : industrie, numérique, tourisme, agroalimentaire, start-up, emploi, formation etc.

Elisabeth Borne accompagné par l’ambassadeur de France à Alger, rencontre et dialogue avec les élèves au lycée Français de ben Aknoun à Alger 

Autre axe de la visite, la jeunesse, qu’Élisabeth Borne rencontrera avait notamment au lycée français d’Alger où elle a rencontré plusieurs élèves de la classe première et terminal, sous un soleil de plomb elle entamé des discussions et répondu aux diverses questions posées par plusieurs élèves.

Avant son départ, elle tenait à préciser qu’à ce titre, « la qualité » de l’accueil que lui a réservé le Président Tebboune et le gouvernement algérien et « la richesse » des échanges qui sont, a-t-elle dit, « la preuve de notre détermination à agir et à construire ensemble un partenariat renouvelé ».

HHS

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