France : Elections municipales 2020, la bataille de Paris

France : Elections municipales 2020, la bataille de Paris

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À quelques jours du premier tour des élections municipales 2020, les Français ont de nouveau rendez-vous devant les urnes demain matin. Ce sont 47 millions d’électeurs qui sont appelés à voter lors des élections municipales, les 15 et 22 mars. Ils devront choisir de reconduire ou non les 35 086 maires que compte le pays, selon le dernier décompte de l’association des maires de France (AMF).

La prime au sortant devrait être très forte : plus de deux Français sur trois ont confiance dans leur maire, qui restent les élus les plus appréciés des électeurs. Ce scrutin a aussi valeur de test pour la majorité, à deux ans de la prochaine présidentielle. Très faiblement implantée localement, La République en marche sait qu’une victoire dans une grande ville serait de bon augure pour la suite. Au contraire, de mauvais résultats compliqueraient la tâche d’Emmanuel Macron pour 2022. Mode de scrutin, enjeux pour chaque parti, villes clés… Voilà tout ce qu’il faut savoir sur ces élections. Si la campagne a souvent commencé des mois avant le scrutin, elle a débuté officiellement que le 2 mars. Des emplacements d’affichage ont  été mis à disposition par les communes pour chaque candidat. Ils ont été attribués après un tirage au sort réalisé par la préfecture. 

Quel est le mode de scrutin ?

Les conseillers municipaux sont élus pour six ans, selon un mode de scrutin mixte et complexe, à la fois majoritaire et proportionnel, selon la taille des communes. Dans celles de moins de 1 000 habitants, ils sont élus au scrutin majoritaire, plurinominal, à deux tours. L’électeur peut voter pour des candidats qui se présentent individuellement, ou par liste, il peut ajouter ou retirer des noms sur un bulletin de vote et la parité n’est pas requise. Dans celles de 1 000 habitants et plus, les conseillers sont élus au scrutin de liste à deux tours, avec prime majoritaire à la liste arrivée en tête. Les listes doivent comporter autant de noms que de sièges à pourvoir et autant d’hommes que de femmes, avec l’alternance obligatoire.

La victoire est acquise dès premier tour si une liste recueille la majorité des suffrages exprimés (50% des voix plus une). Celle-ci obtient alors automatiquement la moitié des sièges. L’autre moitié est répartie à la proportionnelle à la plus forte moyenne entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages. Si aucune liste n’a atteint la majorité absolue au premier tour, seules celles qui ont obtenu au moins 10% des voix peuvent se présenter au second. Elles peuvent être modifiées, notamment par fusion avec d’autres listes ayant obtenu au moins 5% au premier tour.

ParisLyon et Marseille sont soumises à des dispositions spécifiques. Les règles y sont les mêmes que pour les communes de 1 000 habitants et plus, mais l’élection se fait par secteur. A Paris et Lyon, chaque arrondissement forme un secteur. A Marseille, huit secteurs regroupent deux arrondissements chacun. Le maire est élu lors d’un vote à bulletin secret, à la majorité absolue, lors du premier conseil municipal qui suit les élections.

Quels sont les pouvoirs du maire ? 

Sécurité, élections, urbanisme, état civil, gestion du personnel communal… Le maire dispose de larges attributions, sous sa double casquette d’agent de l’Etat et de la commune. Elu de proximité, en contact direct avec les habitants, il voit cependant ses compétences entamées par les groupements de communes, auxquels la quasi-totalité d’entre elles sont désormais rattachées.

Ces candidats qu’ils envisagent de mettre en place s’ils sont élus. De quoi vous aider à y voir plus clair si vous hésitez encore avant le premier tour dimanche, comme par exemple :

David Belliard, « L’écologie pour Paris »

Peu connu du public, son parti a frôlé dans la capitale les 20 % aux européennes de mai 2019. Le candidat écolo David Belliard, qui conduit la liste « L’écologie pour Paris » pour les municipales, veut notamment interdire l’entrée de la capitale aux bus touristiques, source de pollution, et les remplacer par des navettes plus propres et plus petites. Il souhaite aussi une verbalisation systématique des incivilités envers les cyclistes, créer une chaîne municipale de supermarchés bio à prix abordables ou encore faire revivre la Bièvre, une rivière enfouie.

Agnès Buzyn, « Ensemble pour Paris »

Agnès Buzyn s’est jetée tard dans la campagne des municipales. Juste un mois avant le premier tour, elle a dû remplacer Benjamin Griveaux pour porter les couleurs de La République En Marche (LREM). L’ancienne ministre de la Santé a repris le projet de son prédécesseur, tout en y imprimant sa patte. Comme sa rivale Rachida Dati, « propreté et sécurité » sont les grands thèmes de son programme. Tandis que Marcel Campion, « Libérons Paris »Il est connu pour sa grande roue et ses coups de gueule. Mais le « roi des forains » est aussi candidat à la mairie de Paris. Très critique sur le bilan d’Anne Hidalgo, avec laquelle il est en conflit, Marcel Campion conduit la liste « Libérons Paris ». Comprenez, « de sa maire ».Para contre Rachida Dati, « Engagés pour changer Paris » Propreté et sécurité. Rachida Dati a décliné ses deux priorités tout au long de la campagne des élections municipales. La candidate LR, que Nicolas Sarkozy est venu soutenir lors d’un meeting, a ciblé le bilan de la maire sortante Anne Hidalgo, notamment lors des débats télé du premier tour. Mais pour Anne Hidalgo, « Paris en commun »Plus de zones piétonnes dans le centre de Paris, une ville « 100 % vélo », 4000 places de crèches supplémentaires, une police municipale présente également la nuit… La maire sortante Anne Hidalgo espère continuer à administrer la capitale. Lors de deux grands débats télé du premier tour, la candidate socialiste a ainsi défendu son bilan mais également son projet.Pour Danielle Simonnet, « Décidons Paris » Gratuité totale des transports, lutte contre l’ubérisation en limitant le nombre de VTC, option végétalienne quotidienne dans les cantines, 140 ha d’espaces verts en plus dans Paris… La candidate de la France insoumise Danielle Simonnet s’est associée à l’ancien footballeur Vikash Dhorasoo pour mener la bataille pour l’Hôtel de ville. Alors pour Cédric Villani, « Le Nouveau Paris »Réguler les trottinettes partagées, créer une police municipale qui patrouillera à pied et à vélo ou encore mettre en place une Agora citoyenne de Paris… Avec ses propositions, le candidat dissident de LREM Cédric Villani espère remplacer Anne Hidalgo, dont il a présidé le comité de soutien lors des municipales de 2014. Le mathématicien médaillé à la broche araignée, devenu député après avoir soutenu Emmanuel Macron à la présidentielle, est très sévère sur le bilan de la maire sortante.

HHS

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