Face au succès de l’exposition « Etienne Dinet, Passions algériennes »

Face au succès de l’exposition « Etienne Dinet, Passions algériennes »

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 Etienne Dinet (1861 – 1929) est un artiste hors-du-commun. Né à Paris dans une famille bourgeoise du Second Empire, Il est l’un des seuls peintres orientalistes qui a échappé au reproche d’exotisme colonial. Son œuvre, puissante et sensuelle, témoigne de son amour incandescent pour son pays d’adoption l’Algérie, dont il a épousé la terre, la foi et la cause.Cette exposition – la première consacrée à l’artiste, à Paris, depuis 1930 – réunit plus de quatre-vingts œuvres ainsi que des photographies et des documents d’archives inédits. Elle est réalisée en partenariat avec l’IMA-Tourcoing.

Étienne Dinet reçoit à Paris une formation académique dont il se détache. Il découvre l’Algérie en 1884 à l’occasion d’un voyage. A partir de 1895 il renonce à toute source d’inspiration en dehors des sujets algériens et s’installe dans l’oasis de Bou-Saâda, une oasis du littoral aux portes du désert, dans la famille de Sliman Ben Ibrahim qui sera son trait d’union avec la société saharienne. Profondément marqué par la culture du sud algérien, il vit désormais entre les deux pays et apprend l’arabe. Sa peinture s’inscrit en décalage avec les peintres orientalistes qui ne s’attachaient qu’aux aspects les plus rutilants d’un « Orient » factice qu’il dénonce : Dinet rend visible une culture, alors largement ignorée ou méprisée, dont il se sentait proche. L’unité et la puissance de conviction de sa démarche passent par sa peinture mais également par ses illustrations de nombreux ouvrages présentées dans l’exposition
 

Étienne Dinet se convertit à l’islam en 1913 sous le nom de Nasreddine : ce tournant personnel complète d’un point de vue spirituel et moral ses choix esthétiques. Il s’insurge publiquement contre des réalités sociales dramatiquement injustes, « forcé de vivre au milieu de cette immonde pourriture coloniale ». Il L’artiste a fait preuve d’un sens civique important auprès des autorités françaises durant la Grande Guerre en soulignant l’élémentaire gratitude due aux soldats musulmans indigènes.C’est dans ce cadre qu’il publie La Vie de Mohammed, prophète d’Allah en 1918. Point culminant de sa vie, il effectue le pèlerinage à La Mecque (Hajj) en 1929, peu avant son décès la même année. Il est enterré selon son souhait à Bou-Saâda.Le président de la République française Paul Doumer inaugure lui-même, un an après la mort d’Etienne Dinet, la rétrospective consacrée à ce peintre reconnu et admiré. Après sa disparition, Dinet occupera une place éminente dans la culture algérienne. A l’écart de l’entreprise coloniale de la folklorisation de la société indigène, il est devenu une image de l’Algérie à l’étranger et un trésor du patrimoine algérien.

Communiqué de L’IMA

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