EUROPÉENNES 2019 parlement pour tous !

EUROPÉENNES 2019 parlement pour tous !

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Emmanuel Macro président de la république

Après la présidentielle et les législatives de 2017, les élections européennes ont de l’importance pour le président français Emmanuel Macron. Les citoyens des 27 États membres de l’Union sont conviés aux urnes entre le 23 et le 26 mai 2019 pour choisir leur candidat.

Deux ans plus tard, les comptes sont bien plus faibles de ces aspirations. Bloqué par les Allemands qui ne bougent pas, Emmanuel Macron n’est pas arrivé à convaincre les pays du Nord ni à défaire la méfiance de ceux d’Europe centrale pour obtenir un soutien capital à son prétentieux programme. Il n’a pu progresser qu’à petits pas, comme par exemple avec la directive européenne sur les travailleurs détachés. La seule petite victoire d’Emmanuel Macron, c’est d’avoir réussi à obtenir, en luttant avec ferveur, la création d’un budget propre à la zone euro qui n’est pas mirobolant. Mais il a dû se satisfaire du minimum. Dans le domaine de la défense, la France a marqué plus de points, mais là aussi, l’objectif «d’une autonomie stratégique » pour l’Europe est encore hors d’atteinte. Du coup, le programme de sa campagne présidentielle est loin d’être accompli sur l’Europe, pour le moment il faut mettre des bouchées doubles, même triple pour convaincre les électeurs, d’autant que le terrain n’est pas vraiment propice, étant donné les protestations des gilets jaunes depuis plusieurs mois.

En France, la campagne est lancée

La campagne pour les élections européennes est lancée, il y aura trente-trois listes en compétition, en France, pour le scrutin du 26 mai. Plus que de pays membres de l’Union. Et presque autant que le taux de participation à ces élections, qui menace lui aussi d’atteindre des records. Il n’était que de 42 % en 2014, la dernière fois qu’il a été question de choisir nos représentants au parlement de Strasbourg. Avoir autant de listes en lice cette année, est-ce bon ou mauvais signe ? L’annonce, samedi, a surpris tout le monde. Ces trente-trois listes, c’est près de deux fois plus que ce qui était attendu. Et un élargissement spectaculaire du spectre de propositions mises sur la table, avec des candidats royalistes, anti sexistes, défenseurs des quartiers sensibles, de l’espéranto, des moins de 30 ans ou des gilets jaunes (avec trois listes différentes) qui entrent en course. Avec une telle diversité d’offre, chacun devrait pouvoir trouver chaussure à son pied. Et donc une bonne raison d’aller voter? On peut rêver… Même s’il est un peu tôt pour mesurer l’effet de ce sursaut de candidatures, il y a fort à parier qu’il n’entraînera malheureusement pas le regain de participation que ce scrutin mérite.

En 2014, la dernière fois que les Français ont eu à choisir leurs députés européens, le vote était régionalisé. Organisé en huit circonscriptions, il permettait aux partis de présenter des candidats dans une ou plusieurs zones, sans avoir nécessairement à les couvrir toutes. La plus convoitée fut celle d’Ile-de-France, où trente et une listes s’étaient déclarées. Ce fut aussi la circonscription métropolitaine qui enregistra le plus faible taux de participation : moins de 39 % des inscrits s’étaient déplacés pour glisser un bulletin dans l’urne. C’est malheureusement ce scénario-là qui nous attend. Parce que trop de choix peut générer aussi l’embarras du choix. La démultiplication des candidatures risque surtout d’apporter de la confusion dans une campagne capricieuse, qui s’articule déjà autour de problématiques essentiellement franco-françaises.

En tête, c’est le duel de la présidentielle de 2017 que la République en marche et le Rassemblement national voudraient rejouer. À droite, Les républicains visent une troisième marche du podium pour rester dans la course. La gauche n’en finit plus d’essayer de recoller ses morceaux. Les Verts veulent renouer avec leurs succès européens passés. La France insoumise rêve d’une revanche en transformant le vote en référendum anti-Macron. Les souverainistes veulent tout mettre en panne. Mais qui parle vraiment d’Europe et des enjeux, fondamentaux, liés au scrutin du 26 mai?

Existence d’un spectre

Les partis qui flirtent avec les 5 % de suffrages exprimés, le seuil fatidique qui permet d’avoir des candidats élus, ou des 3 % en deçà desquels l’État ne rembourse pas les frais de campagne engagés, pourraient rater le coche à quelques voix près. Leur capacité à s’engager dans les combats électoraux suivants en pâtirait. Et la diversité des représentants français au futur Parlement en serait réduite.

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