Algérie : le Harak et le régime post-Bouteflika sont les deux faces...

Algérie : le Harak et le régime post-Bouteflika sont les deux faces d’une même pièce

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Le Harak (soulèvement populaire) qui a surgit le 22 Février pour s’opposer notamment  à l’annonce de la candidature du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat, lors de l’élection présidentielledu 18 avril dernier, aura marqué l’année 2019 d’une tache ineffaçable.

‘’On ne regrette jamais ce qu’on n’a jamais eu ‘’ Citation extraite du livre ‘’Le discours de la servitude volontaire ou le contr’un’’ d’Etienne de la Boétie, écrivain français (1530 – 1563).

Cependant, les initiatives lancées par des opposants politiques, à travers des conférences et des tribunes dans des journaux pour proposer des réponses à la crise multidimensionnelle que vit le pays, persuadés que le peuple est opprimé, et entretenir l’espoir d’une démocratisation du pays que les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont notamment suscité, sont restées lettre morte.

Dès l’apparition du Harak le 18 Février 2019, la flamme de l’espérance d’une transition démocratique semblait allumée. En effet, combien de programmes et  de feuilles de routes  basés sur la réalisation d’objectifs de promouvoir la démocratie et qui ont débouché sur une impasse engendrée par le Harak. C’est alors que des opposants au régime décèlent la nature du Harak : maintenir la continuité des pratiques du régime politique. ‘’N’est-il pas évident que, pour se raffermir, les tyrans se sont continuellement efforcés d’habituer le peuple non-seulement à l’obéissance et à la servitude, mais encore à une espèce de dévotion envers eux ?’’ souligne Etienne de la Boétie dans son livre ‘’Le discours de la servitude volontaire ou le contr’un’’.

La dernière illustration de cette dévotion tient dans l’organisation du processus électoral du 12 Décembre dernier, qui  a eu l’effet d’une douche froide pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme, ce qui amène à formaliser et à définir le cadre de ce soulèvement populaire.

Le Harak s’est distingué par le fait qu’une partie du peuple algérien n’est pas opprimé  mais qu’il est oppresseur et corrompu, voire pire que les prévisions établis par des militants des droits de l’homme. Une partie du peuple algérien qui se plait à soutenir le dévergondage d’esprit, la prostitution politique,  la corruption des mœurs, le groupe terroriste Hezbollah, le dictateur Bachar Al-Assad, le régionalisme et le népotisme.

Face au bilan politique de ces  10 derniers mois, la conception qu’un opposant  a de ce soulèvement populaire est assurément claire : rendre son tablier d’opposant à la politique intérieure du pays  car  exprimer des reproches au régime politique actuel s’avère contre-productives. En outre, Il faut  créditer que le régime politique a été attentif aux revendications du Harak. Les intérêts du régime politique et  du Harak  sont complémentaires comme les deux faces d’une même pièce de monnaie. Face à la partie  ignorante et grossière du peuple algérien, la lutte pour la culture démocratique  n’en vaut pas la chandelle.

Le régime politique est à l’image du peuple. Le peuple mérite  son régime politique. Après tout, les salaires de la fonction publique permettent de vivre décemment et de manger à sa faim et le régime politique subvient à la demande alimentaire du peuple. C’est le moment  de reconnaitre que le régime post-Bouteflika a été injustement critiqué pour sa médiation avec les militants du Harak, dont il ne faudra pas manquer d’adresser les félicitations au nouveau gouvernement algérien issu des élections présidentielles du 12 Décembre dernier.

Pour conclure, le destin  d’un peuple n’est pas modifié tant que les citoyens  qui le composent ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes.

Benteboula Mohamed-Salah.Géographe

beyusek@hotmail.fr

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