Algérie : ’’dis-moi quel détenu politique et d’opinion tu soutiens, je te...

Algérie : ’’dis-moi quel détenu politique et d’opinion tu soutiens, je te dirais qui tu es ‘’

106
PARTAGER

Depuis le déclenchement du soulèvement populaire (Hirak) le 22 Février 2019, le régime politique algérien a traité plusieurs affaires qui se sont soldées par l’arrestation de certains militants politiques, notamment aux mois de Juin et de Septembre. Les pétitions se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les journaux en ligne pour exiger la libération des détenus politiques et d’opinion.

Ce soulèvement a au moins le mérite de révéler le positionnement de certains détenus politiques et d’opinion, par rapport à la situation politique en Syrie. Pis,  ce soulèvement populaire a servi de  prétexte  pour ces ‘’militants politiques ’’ emprisonnés  qui d’une part  tentaient de transformer les avenues d’Alger-Centre en une  tribune attentatoire aux valeurs de la république   et  d’autre part  sacrifiaient  les principes des droits de l’homme sur l’autel de l’opportunisme, en appliquant la politique du  ‘’Pousse-toi de là que je m’y mette ‘’. Ces ‘’militants politiques ’’ transformés en détenus politiques et  d’opinion  piaffent d’impatience d’être les courtisans d’un régime régénéré.

 Cependant, un défenseur des droits de l’homme est guidé par le sens des perspectives historiques. Signer une pétition pour exiger la libération de certains détenus  politiques et d’opinion, c’est le choix d’un engagement politique. En outre, aucun algérien  ne peut incarner le soulèvement du 22 Février 2019.

Ces arrestations du mois de Juin ont été suivies d’une pétition réclamant la libération d’une figure dite nationale  et vétéran de la guerre d’indépendance algérienne (Moujahid) qui a rencontré le dirigeant sanguinaire de Syrie Bachar Al-Assad, à Damas en 2017. Or, certains de ces pétitionnaires croupissent en prison depuis le mois de Septembre, aux côtés de leur figure dite nationale qui a noué des liens avec le dictateur chimique Bachar Al-Assad, devenant eux –mêmes des détenus politiques et d’opinion.

Ces derniers qui soutiennent  une personnalité ‘’nationale ‘’ favorable à la tyrannie de Bachar Al-Assad, ne peuvent se ranger du côté des promoteurs  des droits de l’homme en Algérie. Se servant  des droits de l’homme comme couverture de leurs intérêts personnels, ces ‘’militants politiques ‘’  emprisonnés ont troqué l’analyse politique écrite  pour le show médiatique. Il est intellectuellement plus facile  de tenir un micro que de prendre la plume  .Leurs appels au micro accumulent les faux-semblants et le recours au sophisme est le seul moyen pour eux de s’assurer de participer aux manifestations hebdomadaires infiltrées par les berbéristes et les chabihas. (Chabiha =Personne qui soutient  le tyran Bachar Al-Assad.)

Cette propension d’une partie du  peuple algérien et de certains détenus d’opinion et politiques, à l’adoration d’une ‘’personnalité’’  nationale emprisonnée qui  piétine les droits du peuple syrien à se libérer du joug dictatorial, accrédite la thèse d’une régénération du régime politique dans le domaine de la politique étrangère.

Au vu des récents  développements  sur la scène moyen-orientale, la défense des droits de l’homme au sein des pays arabes s’articule avec le clivage qui réside en Algérie, entre les opposants et les partisans à l’axe régime d’Al-Assad-Régime iranien de Khamenei -Hezbollah. Le  maintien des relations diplomatiques avec la Syrie et l’Iran constitue la plus grande catastrophe politique du régime algérien et  un affront à la mémoire des révolutionnaires syriens tombés au champ d’honneur. Le soutien d’une partie du peuple algérien envers le dictateur Bachar Al-Assad et le leader du groupe  terroriste Hezbollah, Hassan Nassrallah est un crime et porte atteinte aux intérêts de l’union des peuples arabes.

Au regard des derniers événements politiques, deux  questions majeures sont à soulever : l’option d’une assemblée constituante, défendue par certains de ces  détenus politiques et d’opinion  fait-elle  l’objet d’un appui financier de la part de certains  pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, dont la superficie ne dépasse pas 18 000 km carré ?  Certains détenus politiques et  d’opinion  ont-ils  été payés, lors de leur passage dans les émissions  d’une chaîne satellitaire d’information dite indépendante qui a cessé d’émettre récemment, en Algérie ?

Benteboula Mohamed-Salah. Géographe

beyusek@hotmail.fr

Commentaires

commentaires