Abdelaziz Bouteflika et le paradoxe de la diplomatie algérienne

Abdelaziz Bouteflika et le paradoxe de la diplomatie algérienne

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Depuis la démission du chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika le 2 Avril 2019, pas un jour ne passe sans que de nombreux articles sur le bilan présidentiel paraissent sur les sites de la presse électronique.   De l’avis de nombreux observateurs de la scène politique, la diplomatie algérienne depuis 2013 demeurait muette et spectatrice à l’image de l’ancien chef d’Etat démissionnaire Bouteflika. Or, cette appréciation devrait  amener à porter un regard différent sur la politique étrangère.

Les Etats n’ont que des intérêts à préserver .C’est une formule qui revient sans cesse dans les relations interétatiques et qui garde toute sa pertinence. Parfois au prix des principes électoraux bafoués, la prise en compte de la défense des intérêts guide les relations entre les décisions politiques prises par les dirigeants des pays. C’est de la situation tendue entre les deux impératifs : la sauvegarde des valeurs et le réalisme que se trouve le chemin de crête de toute politique étrangère, souligne les spécialistes  des questions diplomatiques.

De mon point de vue, il est paradoxal que depuis ces dernières années le rôle diplomatique  de l’Algérie se soit affaibli alors que  la médiation, sous l’égide de l’Algérie en tant que chef de file, est le garant politique de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali de 2015 issu du processus d’Alger lancé le 16 juillet 2014 à Alger.

 En outre,  la  22eme Conférence Régionale Africaine de l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol) tenue en Algérie en septembre 2013 a recommandé la création d’un mécanisme de coopération régionale regroupant les chefs de police africains, dénommée  Organisation Africaine de Coopération Policière (AFRIPOL) .Le siège d’Afripol situé à Alger avait été inauguré en 2015.

Dans le même sillage, la 32e session ordinaire de la Conférence de l’Union Africaine tenue en  Février 2019, a exprimé son  soutien au ’’ Mémorandum sur les piliers d’une action commune de l’UA contre le fléau du terrorisme et de l’extrémisme violent, présenté par Abdelaziz Bouteflika , Leader désigné pour promouvoir la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, afin d’inspirer et d’orienter la mise à jour du Plan d’action de l’UA sur la prévention et la lutte contre le terrorisme.’’

Tout en soulignant  ‘’la nécessité de s’attaquer à toutes les conditions propices à la propagation du terrorisme et de l’extrémisme violent, notamment les conflits non résolus et qui perdurent, le non-respect de l’état de droit et les violations des droits de l’homme, la discrimination, l’exclusion politique, la marginalisation socioéconomique et la mauvaise gouvernance.’’

A cet égard, le  nouveau gouvernement  issu des élections présidentielles du 12 Décembre 2019, a mis en évidence l’héritage désastreux de la gouvernance des années précédentes qu’il tente d’assainir  par l’initiation d’une démarche dans la transformation politique.

Ainsi, le plan d’action du gouvernement pour la mise en œuvre du programme présidentiel  élaboré le 16 Février 2020 ‘’ consistera avant tout  à assurer à l’Algérie la place et le rôle qui lui siéent dans le concert des nations, à la hauteur de sa vocation de puissance régional ’’.

Dans ce cadre, ‘’l’action diplomatique de l’Algérie se déploiera sous le triptyque « souveraineté, sécurité et développement » pour la défense des intérêts suprêmes de la Nation, la préservation de notre sécurité nationale et de notre indépendance de décision et pour la mobilisation du partenariat étranger et de la coopération au service du développement de notre pays.’’a  ajouté le même plan d’action gouvernementale. Néanmoins, des analystes des relations internationales soulignent que  l’intérêt national n’existe pas en soi. C’est ce que les plus hautes  autorités de l’Etat ont défini comme tel.

Benteboula Mohamed-Salah .Géographe                              

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