Quand Alger vibre au rythme du 7ᵉ art, Cuba en éclat d’honneur

Pour sa 12ᵉ édition, le Festival international du film d’Alger déploie une programmation d’une ampleur inédite : plus de cinquante œuvres en compétition, une centaine de projections, des hommages, un marché professionnel naissant… et un invité d’honneur qui symbolise un demi-siècle d’affinités culturelles : Cuba.
Le rideau se lèvera le 4 décembre sur la 12ᵉ édition du Festival international du film d’Alger (AIFF), qui réunira jusqu’au 10 décembre un total de cinquante longs, courts métrages et documentaires en compétition officielle. L’annonce a été faite samedi lors d’une conférence de presse à Alger, où les organisateurs ont également révélé la mise à l’honneur de Cuba, invitée centrale de cette édition.
Une sélection dense et internationale
Cette année, le festival rassemble 50 films issus de 28 pays, dont 16 longs métrages, 14 documentaires et 20 courts métrages en lice. À ces œuvres en compétition s’ajoutent 51 projections hors compétition, parmi lesquelles six films cubains, huit films palestiniens, vingt-deux œuvres inscrites dans le « Panorama du cinéma algérien » et dix titres issus du « Panorama du Sud global ». La compétition des longs métrages alignera seize films, dont six productions algériennes, à l’image de Ruqaya de Yanis Koussim ou Les Amants d’Algérie de Mohamed Charaf-Eddine Qatita. Le volet international comptera des œuvres comme Après la fin de l’Argentin Pablo Cesar, L’Homme d’or du Kazakh Turdebek Maidan ou encore Rêves fugaces du Palestinien Rashid Masharawi.Du côté des courts métrages, vingt films seront en course, dont neuf algériens. Parmi les productions étrangères retenues figurent L’Écharpe noire de l’Iranien Ali Reza Shah Hosseini, Dissonance de l’Espagnole Raquel Larroza ou encore Le Secret de ma grand-mère de l’Égyptienne Nourhan Abdel Salam.
La sélection documentaire regroupe quatorze titres, dont quatre films algériens, tels que Aknaw de Houria Hamadouche ou Retour à la ville de Djamel Lekhal.
Cuba, un hommage politique et cinéphile

Le directeur du festival, Mehdi Ben Aissa, a rappelé que le choix de Cuba comme invitée d’honneur s’inscrit « dans un lien historique et culturel profond » unissant les deux pays. Une sélection de films cubains sera ainsi présentée en partenariat avec l’Institut cubain des arts et de l’industrie cinématographiques, mettant en lumière des œuvres à la croisée de l’engagement politique et de la recherche esthétique. Mehdi Ben Aissa a également détaillé la remise de distinctions qui rythmera la compétition : Grand Prix, Prix du Jury, Prix du Public, ainsi qu’un tout nouveau Prix de l’Innovation Technique, attribué cette année par un jury spécialisé présidé par le réalisateur Rachid Benallal.
Une ouverture sur la Palestine et un marché du film inédit
En parallèle des compétitions officielles, une section dédiée intitulée « Portes ouvertes sur la Palestine » fera découvrir huit films palestiniens primés à l’international. Le panorama algérien proposera vingt-deux œuvres issues de différentes générations de cinéastes, tandis que le « Panorama du Sud global » présentera dix films de divers pays du Sud.
Nouveauté de taille : la création du Marché international du film d’Alger, pensé comme un espace d’échange et de développement professionnel, où dix projets bénéficieront d’une mise en lumière destinée à stimuler les collaborations dans les secteurs du cinéma et de l’audiovisuel.
Jurys, hommages et projections restaurées
La directrice artistique du festival, Nabila Rezaik, a dévoilé la composition des jurys : Karim Traïdia présidera celui des longs métrages, la réalisatrice allemande Monika Maurer dirigera le jury documentaire, tandis que la Libanaise Hoda Ibrahim supervisera les courts métrages.
La séance d’ouverture, au Théâtre national algérien, sera marquée par la projection de la version restaurée de Les Plongeurs du désert (1952) du regretté Tahar Hanache, alors que la clôture sera assurée par La Voix de Hind Rejeb de la Tunisienne Kaouther Ben Hania.Cette édition rendra également hommage à plusieurs figures artistiques, dont la comédienne Baya Bouzar, dite « Biyouna», disparue récemment, la cinéaste Zahira Yahia, la réalisatrice cubaine Lizette Villa, la réalisatrice allemande Monika Maurer, le metteur en scène Tawfiq Fares, l’écrivaine américaine Aline Mokhtafi et l’acteur Saleh Augrout.Ateliers et projections dans cinq salles de la capitale.Outre les séances prévues dans cinq salles d’Alger – la salle Ibn Zeydoun du Riadh El Feth, la Cinémathèque, le Théâtre municipal (ancien Casino), notamment – le FIFA proposera un CineLab, un laboratoire de formation destiné aux étudiants. Des ateliers sur les effets sonores, l’écriture scénaristique et d’autres domaines y seront encadrés par des professionnels confirmés.
HHS





