Parmi les œuvres les plus emblématiques de Lila Boukortt, Les Demoiselles occupent une place à part, presque sacrée. Ces sculptures vibrent comme un chant d’amour adressé au continent africain, terre de racines, de couleurs et de formes. Elles sont également présentées au carrousel du Louvre à Paris « J’adore l’Afrique », confie l’artiste, le regard pétillant.

« J’ai toujours été fascinée par les coiffures des femmes africaines, si expressives et créatives. »C’est d’une conversation anodine qu’est née cette aventure artistique. « Un jour, une amie m’a dit : “Toi, tu devrais faire une statue qui représente une femme africaine.” Et tout est parti de là. » L’idée a germé, puis s’est transformée en une série exceptionnelle, vibrante et puissante.
Des femmes qui imposent leur présence
Avec Les Demoiselles, Lila Boukortt imagine des silhouettes féminines stylisées, à la fois élégantes et fières. Chaque œuvre, réalisée en résine — un matériau qu’elle affectionne pour sa souplesse et sa richesse de finition — est une création singulière, habitée d’une personnalité propre. « J’en ai fait de toutes sortes de couleurs, chacune avec son allure, ses traits, son caractère. »Certaines atteignent des dimensions presque monumentales : « Il y en a une qui mesure 1,75 mètre ! Elle est vraiment superbe, c’est une de mes préférées. » Ces femmes de résine s’imposent dans l’espace, puissantes et gracieuses à la fois, rappelant que la beauté peut être aussi force, présence, affirmation.
Une ode à la féminité plurielle
Au-delà de la matière, Les Demoiselles sont un manifeste de féminité. Lila célèbre la diversité, la différence et la richesse des identités. Les coiffures, véritables architectures symboliques, deviennent ici des emblèmes de fierté, de tradition et d’inventivité.Avec cette série, l’artiste poursuit son exploration du visage féminin sous un jour nouveau : celui d’une humanité plurielle, d’une joie de vivre éclatante, d’un dialogue entre cultures.Les Demoiselles ne sont pas seulement des sculptures ; elles sont des présences, des âmes en couleur, des hommages. Une déclaration d’amour à l’Afrique — et, à travers elle, à toutes les femmes du monde.
Lynda Bachli






