Chroniques

La paix hors de l’ONU : vers un monde plus inégal, une dérive dangereuse

Il est des idées qui se parent des habits de la paix pour mieux masquer leur nature viciée. L’adhésion de Mohammed VI à ce prétendu « Conseil de la paix » porté par Donald Trump relève de cette catégorie. Une initiative pittoresque en apparence, presque théâtrale, mais dont le cœur bat au rythme d’une logique malsaine où l’argent, la dîme et l’accès payant tiennent lieu de boussole morale.Qu’on ne s’y trompe pas. Derrière les mots soigneusement polis de « vision » et « d’engagement pour la paix », se dessine un club fermé, réservé à ceux qui peuvent s’acquitter du ticket d’entrée. La paix y devient un produit, la diplomatie une marchandise, et la souveraineté des peuples une variable d’ajustement. Payer pour siéger, payer pour exister, payer pour être entendu. Voilà la nouvelle liturgie de ce temple factice.Cette construction artificielle se veut une alternative aux Nations unies, mais elle n’en est que la caricature dangereuse. En fragilisant les fondations déjà éprouvées du multilatéralisme, ce conseil menace d’installer une gouvernance parallèle, façonnée par les intérêts financiers et dirigée par ceux qui, hier encore, méprisaient les règles communes. Sous couvert d’efficacité, c’est l’arbitraire qui s’installe. Sous couvert de paix, c’est la soumission qui s’organise.Il y a quelque chose de presque folklorique dans cette mise en scène. Un aréopage de puissants, s’autoproclamant gardiens de la paix mondiale, exigeant allégeance et contribution financière. Mais ce pittoresque n’a rien d’innocent. Il est le vernis séduisant d’une démarche destinée avant tout à mettre les peuples à genoux, à les placer sous l’égide d’un organe bâti et dirigé par les ennemis déclarés de la liberté véritable, celle qui ne se monnaie pas.Les peuples n’ont pas besoin d’un conseil de plus, encore moins d’un conseil à vendre. Ils ont besoin de justice, de respect et de voix égales. Toute initiative qui remplace ces principes par un chèque et une charte écrite par les puissants n’est pas un pas vers la paix, mais une marche forcée vers un monde plus inégal, plus cynique et plus dangereux. À nous de le dire avec force, à nous de refuser cette dîme moderne qui prétend acheter l’avenir de l’humanité.

Dans quel but au final…

Affaiblir l’ONU sans l’attaquer frontalement plutôt que de détruire l’ONU, Trump cherche à la rendre obsolète. En attirant certains États clés dans une nouvelle enceinte plus « efficace » en apparence, il fragilise le consensus multilatéral et normalise l’idée qu’on peut gouverner le monde hors des cadres existants.

N.K

 

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