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Crimes coloniaux, jeunesse et coopération: Ségolène Royal brise les tabous à Alger

En visite de quatre jours en Algérie, la présidente de l’Association France-Algérie (AFA), Ségolène Royal, a appelé à l’apaisement des relations entre les deux pays, à la reconnaissance des crimes coloniaux et à une coopération renforcée fondée sur le respect mutuel, la jeunesse et le partenariat économique.

Samedi 31 janvier 2026, lors d’une conférence de presse tenue jeudi soir à l’hôtel Aurassi à Alger, la présidente de l’Association France-Algérie (AFA), Mme Ségolène Royal, a livré une analyse sans détour des relations franco-algériennes, plaidant pour un dépassement des tensions héritées du passé et une responsabilisation des jeunes des deux rives de la Méditerranée.« Il faut tourner la page du passé, régler les contrevérités, améliorer la situation des sept millions de binationaux, encourager les projets communs et reconnaître les crimes coloniaux français en Algérie », a-t-elle résumé devant un parterre de journalistes. Cette conférence s’inscrit dans le cadre de sa première visite officielle en Algérie, qu’elle a qualifiée de « fructueuse », malgré un contexte diplomatique marqué par des tensions persistantes.Au cours de son séjour, Ségolène Royal a été reçue par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ainsi que par plusieurs responsables institutionnels, notamment à la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), au Conseil du renouveau économique algérien (CREA), et par les ministres de la Justice et de la Culture. Selon elle, cette visite vise avant tout à « tâter le pouls » des relations bilatérales et à insuffler une nouvelle dynamique économique et financière entre les deux pays.La présidente de l’AFA a clairement affiché sa volonté de jouer la carte de l’apaisement, affirmant que les « questions en suspens » doivent être réglées pour bâtir un avenir commun solide. Elle s’est dite indifférente aux critiques émanant de l’extrême droite française, opposée à cette démarche de rapprochement.Interrogée sur une éventuelle candidature à la prochaine élection présidentielle française, Mme Royal a préféré garder le silence, invoquant la prudence afin d’éviter les attaques de ses détracteurs. En revanche, elle a longuement insisté sur la nécessité d’un travail mémoriel sincère, faisant de la reconnaissance des crimes coloniaux un axe central de son discours. À ce sujet, elle estime que le président français, Emmanuel Macron, pourrait restituer « en 24 heures » les archives et patrimoines culturels de la période coloniale, sans pression ni chantage.Elle s’est par ailleurs dite agréablement surprise par l’adoption, jeudi matin par l’Assemblée nationale française, de la proposition de loi visant à améliorer l’indemnisation des victimes des essais nucléaires en Algérie. Une avancée qu’elle juge significative, notamment avec l’instauration d’un délai de six mois pour l’échange de données sur l’impact de ces essais sur le Sahara.Tout au long de sa visite, Ségolène Royal n’a cessé de saluer les progrès réalisés par l’Algérie dans plusieurs secteurs. Après des échanges avec le CREA et la CACI, elle a plaidé pour une diversification du partenariat économique, annonçant la future visite du MEDEF en Algérie, longtemps gelée en raison des tensions diplomatiques.La responsable française s’est également montrée impressionnée par les avancées technologiques du pays, notamment lors de sa visite des pôles de Rahmania et de Sidi Abdellah, où elle a rencontré de jeunes entrepreneurs et des porteurs de start-up. « L’Algérie d’aujourd’hui n’est plus celle que j’ai connue il y a dix ans, lorsque je suis venue en tant que ministre de l’Environnement en 2016 », a-t-elle souligné.Concluant sur une note ferme, Ségolène Royal a estimé que « la France doit prendre conscience que l’Algérie avance » et que, pour rester un partenaire crédible, elle doit s’engager davantage et s’adapter à cette nouvelle réalité

H.H.S

 

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