Éditorial

Algérie–Niger : Le “Non” qui Redessine les Frontières de la Souveraineté Africaine

La visite du président nigérien à Alger n’a pas été un simple déplacement diplomatique. Elle a constitué un signal. Un signal clair dans un monde saturé de faux-semblants.Lorsque l’Algérie a refusé l’accès à son espace aérien aux bombardiers français pour frapper le Niger, elle n’a pas seulement opposé un veto technique. Elle a posé un acte de souveraineté. Un acte de conscience. Un acte de rupture.Car derrière les discours feutrés sur la « démocratie » et la « stabilité régionale », l’Afrique a trop souvent entendu le bruit des bombes. Trop souvent vu ses peuples payer le prix de stratégies conçues ailleurs, dans des salons où l’on parle de principes tout en redessinant des cartes.Alger a dit non. Et ce non résonne aujourd’hui comme une onde de choc qui traverse le continent.Dans un contexte de tensions et de pressions diplomatiques, ce refus n’était pas une posture. C’était une ligne. Une ligne tracée au nom de la souveraineté des États africains, au nom du refus d’un néocolonialisme latent qui avance masqué, enveloppé dans le langage rassurant des « partenariats stratégiques ».Dans un monde où les mots « démocratie », « stabilité » ou « sécurité » servent parfois d’écran à des logiques d’ingérence, ce refus prend valeur de doctrine. Il signifie qu’aucune puissance, aussi influente soit-elle, ne peut considérer l’espace africain comme un corridor opérationnel au service de ses propres calculs.La visite du président nigérien vient sceller cette séquence. Elle consacre une convergence : celle d’une Afrique qui ne veut plus être un théâtre d’opérations, mais un sujet politique à part entière. Une Afrique qui refuse que son destin soit décidé sous couvert d’ingérence humanitaire ou de sécurité internationale.Le message est limpide : la souveraineté n’est pas négociable. L’espace africain n’est pas une extension des rivalités occidentales. La dignité des peuples n’est pas une variable d’ajustement.Dans cette séquence, l’Algérie ne cherche ni applaudissements ni validation extérieure. Elle affirme une doctrine : indépendance stratégique, non-alignement assumé, solidarité africaine. Une parole cohérente avec son histoire et fidèle à ses engagements.Ce qui était présenté comme une crise diplomatique apparaît désormais comme une clarification. Ceux qui misaient sur l’isolement voient émerger une reconnaissance. Ceux qui parlaient de marginalisation constatent une centralité retrouvée.L’Afrique subsaharienne observe. Les peuples écoutent. Et les lignes bougent.Car parfois, dans le tumulte des rapports de force, il suffit d’un refus pour rappeler au monde qu’une nation consciente de sa puissance intérieure ne plie pas. Elle décide.

N.K

 

 

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