À Oran, l’Afrique resserre les rangs : le cri d’unité qui veut peser sur le monde
Alors que s’achève la 12ᵉ édition du Processus d’Oran, l’Algérie orchestre un appel vibrant à l’unité africaine pour affronter une triade de crises qui fragilise le continent : coups d’État à répétition, expansion terroriste et ingérences étrangères. Devant une participation internationale inédite, le discours de clôture marque un tournant stratégique : remettre l’Union africaine au centre de la prévention des conflits, renforcer le poids africain au Conseil de sécurité de l’ONU et revendiquer haut et fort le principe des « solutions africaines aux problèmes africains ». Un message ferme, empreint d’ambition et de réalisme, qui réaffirme la volonté d’un continent de ne plus être ignoré.
C’est dans une atmosphère solennelle, empreinte de gravité mais aussi d’espoir, que s’est clôturée la 12ᵉ édition du Processus d’Oran. Devant un parterre de ministres, d’ambassadeurs et de représentants de haut niveau, l’Algérie a réaffirmé avec force son rôle de cheville ouvrière d’un dialogue africain déterminé à défendre la paix et la stabilité du continent.Dès l’ouverture, le ton est donné : reconnaissance appuyée aux dirigeants de l’Union africaine, aux membres africains du Conseil de sécurité de l’ONU, et aux partenaires internationaux. Une mention particulière est réservée à une nouveauté majeure de cette édition : la présence, pour la première fois, de pays non africains fraîchement élus au Conseil de sécurité — Bahreïn, la Colombie et la Lettonie — signe de l’écho grandissant du Processus d’Oran sur la scène diplomatique mondiale.
Une triade de crises qui met l’Afrique à l’épreuve
Le discours met en lumière une réalité sans fard : l’Afrique est confrontée à une dangereuse trilogie de menaces.D’abord, les changements anticonstitutionnels, redevenus tristement familiers. Ensuite, un terrorisme proliférant, particulièrement dans le Sahel, où il s’est imposé comme un pouvoir de facto sur de vastes territoires. Enfin, des ingérences extérieures de plus en plus envahissantes, qui déplacent le centre de décision hors du continent.Un tableau préoccupant, qui appelle selon l’intervenant une réaction collective, lucide et urgente.
« Des solutions africaines aux problèmes africains » : plus qu’un slogan, une stratégie
Au cœur du message : la nécessité vitale de repositionner l’Union africaine comme acteur central de la prévention des crises et de la résolution des conflits. Dans un contexte mondial fracturé, marqué par des polarisations qui aggravent les tensions, l’Afrique doit cultiver sa propre autonomie stratégique.D’où l’importance, martelée à plusieurs reprises, d’une synergie renforcée entre le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine et les membres africains du Conseil de sécurité de l’ONU. Une cohérence d’action, affirme-t-on, qui multiplie les résultats et donne du poids à la voix africaine sur la scène internationale.
L’unité comme moteur : l’héritage algérien au Conseil de sécurité
Le discours insiste sur un point devenu leitmotiv : l’unité.
L’unité des institutions africaines, l’unité des délégations africaines au Conseil de sécurité, l’unité des États du continent. Car, rappelle-t-on, c’est cette cohésion qui donne force, crédibilité et stabilité face aux pressions extérieures.L’Algérie salue à cet égard ses partenaires — Mozambique, Somalie, Sierra Leone — ainsi que la contribution de la Guyana, porteuse de la « sixième région » africaine : la diaspora caribéenne.
La parole de Julius Nyerere en filigrane
En clôture, une citation du leader tanzanien Julius Nyerere vient donner une portée symbolique au message :
« L’unité ne nous rendra peut-être pas riches, mais elle rendra difficile pour l’Afrique et les peuples africains d’être ignorés. »
Une formule qui résume l’esprit du Processus d’Oran : celui d’un continent qui refuse la marginalisation et affirme sa capacité à maîtriser son destin.
HHS






