Quand le silence devient une épreuve nationale
Alors que des tentatives sourdes de division traversent le débat public, l’Algérie se retrouve face à une épreuve silencieuse mais décisive : celle de son unité intérieure. Loin des affrontements visibles, c’est sur le terrain de la conscience collective, de la mémoire et du refus de la fracture que se joue aujourd’hui l’essentiel.
Il est des moments où les nations ne se défendent pas par les armes, mais par ce qu’elles ont de plus impalpable : leur dignité, leur mémoire collective, leur capacité à résister à la fracture intérieure. Ces moments-là sont les plus périlleux. Ils ne font pas le bruit des conflits armés. Ils murmurent. Ils s’infiltrent. Ils cherchent à fissurer, lentement, les liens qui tiennent un peuple debout.Dans ces heures troubles, on tente de convaincre que les frères sont des étrangers, que les régions deviennent des frontières, que les différences se transforment en armes. C’est alors que les peuples se révèlent. Non par la force, mais par la tenue morale. Par cette capacité à refuser la tempête avant même qu’elle ne montre son visage.Car ce qui menace aujourd’hui l’Algérie n’est pas un ennemi à découvert. C’est un travail d’ombre, un souffle froid, un calcul patient qui espère voir les Algériens se retourner les uns contre les autres. Comme si l’unité nationale pouvait se dissoudre dans un slogan, ou se fragiliser sous l’agitation de quelques illusions savamment orchestrées.Mais un pays ne se brise pas par des murmures. Il se brise lorsque ceux qui l’aiment choisissent le silence.Alors, certains ont décidé de parler.Dans cette nuit où l’on tente de manipuler les identités comme des pions sur un échiquier qui n’est pas le nôtre, une réponse s’est élevée. Calme. Grave. Inébranlable :
Je suisKabyle, je suisAlgérien, nousSommes unPeuple
Ce ne sont pas de simples mots-clés. Ce sont des engagements. Des balises plantées dans le sol pour dire à la tempête : « Jusqu’ici, et pas plus loin. » DireJe suis Kabyle, c’est rappeler que la montagne n’a jamais trahi la vallée.Dire Je suis Algérien, c’est affirmer que cette terre ne se laisse pas morceler au gré des ambitions. DireNous sommes un peuple, c’est rappeler que l’Algérie n’est pas un décor que l’on découpe, mais une continuité vivante, tissée de luttes, de sang et de fidélités anciennes.Il existe des pays fragiles. L’Algérie n’en fait pas partie. Son unité ne repose pas uniquement sur ses institutions ou ses frontières, mais sur une conscience profonde : malgré les blessures et les tensions, un même souffle traverse le pays, de la Kabylie au Sahara, des Aurès à l’Oranie, de la Mitidja aux Hauts Plateaux.Ce souffle est plus fort que les manœuvres.Plus fort que les provocations.
plus fort que la haine.Car la haine consume vite. L’Algérie, elle, brûle autrement. D’une flamme lente et ancienne, que ni les occupations, ni les crises, ni les tentatives de division n’ont jamais réussi à éteindre.En cette heure grave, où certains rêvent de voir un peuple se dresser contre lui-même, la réponse demeure simple et irréfutable : nous sommes un tout. Une promesse. Une nation que l’on ne désagrège pas.Et ceux qui parient sur la division devront affronter cette vérité dérangeante : l’Algérie n’a jamais été aussi unie que lorsque l’on tentait de la briser.Car lorsqu’on oppose Kabyle à Chaoui, Saharien à citadin, diaspora à pays, ce n’est pas une communauté que l’on vise, mais la patrie entière. Lorsqu’on importe des narratifs conçus ailleurs pour les projeter sur nous, c’est la paix de nos foyers que l’on menace. Et lorsqu’on joue avec les identités comme si elles étaient des drapeaux concurrents, c’est notre Histoire que l’on cherche à fragmenter.
N.K





