Éditorial

Les violences faites aux femmes : « Un jour, des vies. Une lutte. »

Le 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, ne peut être réduit à un simple rituel commémoratif. Il est un appel à la solidarité internationale des travailleuses et des travailleurs face à un système qui instrumentalise l’oppression des femmes pour produire du profit et diviser le monde du travail. Car au cœur de la société capitaliste et patriarcale, c’est bien une lutte de classes qui se joue — une lutte dont les femmes sont trop souvent la première ligne de front.La violence faite aux femmes n’est ni un accident culturel, ni un phénomène circonscrit à un pays. Elle est structurelle. Elle est systémique. Elle est ancrée dans les rapports de domination économiques du capitalisme. Les femmes travailleuses, les femmes pauvres, les femmes opprimées ne pourront se libérer qu’en s’appuyant sur la conscience de classe et la solidarité — nationales comme internationales.C’est pourquoi chaque bataille pour des droits concrets — contre le harcèlement au travail, pour le congé maternité payé, des structures de garde d’enfants, l’égalité salariale — dépasse la seule question du genre. Elle participe d’un combat plus vaste : celui contre la propriété privée des moyens de production et contre le système de classes qui l’entretient. La lutte démocratique nourrit ainsi la lutte socialiste et prépare les avancées révolutionnaires.

Des chiffres qui témoignent d’une urgence absolue

En France, plus de 270 000 personnes — dont 85 % de femmes — sont victimes de violences conjugales chaque année. Le logement y devient trop souvent une prison. Il devrait être un refuge.En Algérie, les associations recensent 48 féminicides en 2024, portant à 315 le nombre de femmes tuées depuis 2019, le plus souvent par un proche. L’enquête menée par l’Institut national de santé publique montre une explosion des signalements : 4 004 cas de violences en 2023, contre 2 229 en 2022. Une progression alarmante. La plateforme Himayati, lancée en 2025, tente d’offrir une prise en charge globale, mais l’ampleur du problème exige des mesures structurelles.Au niveau mondial, les données de l’ONU et de l’OMS confirment l’ampleur du désastre : près d’une femme sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. En 2024, 50 000 femmes ont été tuées par un proche — une toutes les dix minutes. Jamais les droits humains les plus élémentaires n’ont été aussi massivement bafoués, en silence.

L’Afghanistan : l’apartheid de genre normalisé

Nulle part cette violence systémique n’est plus visible qu’en Afghanistan, où les femmes subissent depuis plus de quatre ans un véritable apartheid de genre. Depuis leur retour au pouvoir, soutenu par un accord conclu avec les États-Unis en 2021, les talibans ont effacé les femmes de la vie publique, de l’école, du travail, de la société. Ils savent que des femmes éduquées, autonomes, conscientes, refuseront toujours l’esclavage patriarcal et l’exploitation de classe.Pourtant, tandis que les talibans piétinent chaque jour les droits fondamentaux du peuple afghan, nombre de pays qui se prétendent défenseurs des droits humains normalisent leurs relations avec eux. Leur silence en dit long : les droits des femmes ne sont brandis que lorsqu’ils servent des intérêts diplomatiques ou militaires. Dès que les enjeux économiques dominent, la liberté de millions de femmes est reléguée au second plan.Cette lâcheté politique se paie dans le sang. En novembre dernier, une femme enceinte de la province de Herat s’est vu refuser l’accès à un hôpital parce qu’elle ne portait pas de burqa. Elle s’est effondrée dans le coma ; l’enfant qu’elle portait est mort. Un meurtre, non d’un individu, mais d’un système.

Les femmes afghanes n’attendent plus : elles luttent

Après quatre années de terreur, les femmes afghanes savent qu’aucune puissance étrangère ne viendra les sauver. Leur force, elles la puisent en elles-mêmes, dans leur solidarité, dans leur lutte autonome — aux côtés des femmes du monde entier. Leur message est clair :
elles ne céderont jamais face au fascisme religieux et misogyne.

Le 25 novembre nous rappelle que la violence contre les femmes n’est pas un accident de l’histoire : c’est un pilier d’un système à abattre. Et que la solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses reste notre arme la plus précieuse.

HHS

 

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