Taghit : une des plus fascinantes oasis du désert algérien

Taghit : une des plus fascinantes oasis du désert algérien

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Une oasis à Taghit (Bechar-Algérie).

 

Coincé entre une rivière de palmeraie et une mer de sable, l’Oasis de la Saoura offre aux touristes un panorama bariolé et subjuguant. Le vert de la palmeraie, le rose poussiéreux du ksar, la couleur orange des façades des nouvelles bâtisses et le mordoré des dunes fascinantes se côtoient comme par enchantement. Les invétérés du tourisme et des randonnées pédestres font d’elle une destination de choix.

«Enchanteresse», «panoramique», «mirifique», «magique» …les qualificatifs peinent à la décrire. Ville aux trésors enfouis, Taghit qui a traversé les âges pour nous transmettre un riche héritage est une invitation au rêve, à l’évasion, à l’altérité. Telle une belle vierge, elle exhibe les atouts touristiques et toute la splendeur que dame Nature lui a conférés. Située à 93 km au sud-est de Béchar, wilaya (préfecture) se trouvant à 1 150 km au sud-ouest de la capitale Alger, l’oasis au décor de carte postale déroule ses paysages dessinés par une mer de dunes. Tous envoûtants, à couper le souffle, auxquels s’ajoutent la chaleur humaine et la générosité légendaire de ses habitants. Comme chaque année, à différentes occasions, à la fin de l’année en particulier, Taghit ouvre, béantes, ses portes aux nombreux touristes venus de partout, fuyant la grisaille, les embouteillages, le stress quotidien et la vie maussade. L’occasion s’offre à eux d’humer l’air pur et tonifiant aux pieds des majestueux palmiers d’une oasis ombragée située à l’Ouest du Grand Erg Occidental entre Béchar et Beni Abbes.

Une perle à la recherche d’un joaillier

Dune de Taghit.

Délaissée pendant des années, au grand dam de ses pèlerins, Taghit était victime d’une série d’actes de vandalisme : graffitis de peinture et autres actes de destruction qui marquent les deux principales stations de dessins rupestres sur les cinq que compte cette commune à vocation touristique. Plus tard, des travaux de réfection et de réhabilitation lui ont permis un tant soit peu de retrouver sa splendeur. Mais cela est insuffisant aujourd’hui. La perle du grand Sud qui continue à chercher son joaillier mérite mieux. Beaucoup mieux. Malgré cette « clochardisation», Taghit, véritable patrimoine séculaire, draine des milliers de visiteurs chaque année, durant la période des fêtes de fin d’année notamment. Il a fallu attendre 2013 pour qu’un ministre de la culture, Khalida Toumi, se rende compte de l’urgence de la mise en place d’un dispositif de protection du patrimoine préhistorique de cette région.

Des dizaines de touristes qui se pressent á atteindre la cime d’une dune

Qui dit Taghit dit son vieux Ksar, bâti sur un plateau rocheux, regardant la grande dune à l’Est et trônant sur le flanc droit de l’oued Zousfana et sa palmeraie, en contrebas. Composé de 120 maisons, le Ksar se vide et réserve ses venelles aux touristes ébahis par le génie des bâtisseurs de ce monument. S’il continue de défier la patine du temps, c’est grâce aux opérations de restauration dont il a fait l’objet et qui le maintiennent dans son aspect originel par l’utilisation de matériaux d’origine. Les maisons et les remparts du Ksar sont faits de mottes de terre extraites de l’oued, mélangées à de la paille elles forment un matériau défiant les aléas de la nature.

Un sable aux vertus thérapeutiques impossibles

Le Vieux Ksar de Taghit a retrouvé, au terme de travaux de réfection, sa superbe.

On a également relevé un déficit en infrastructures hôtelières et un manque d’encadrement, ce qui constitue un sérieux handicap au développement touristique d’une région qui ne manque pas d’atouts.

Parmi ses atouts, Taghit troque parfois l’uniforme de ville touristique pour accueillir chaque été des essaims de personnes souffrant de rhumatismes. Les habitants confirment que ce grain minéral fin et doré de Taghit, possède des propriétés thérapeutiques manifestes pour lutter contre plusieurs pathologies comme le rhumatisme, l’arthrose, les lombalgies, les douleurs musculaires et autres allergies. Les bains de sable consistent à creuser un trou correspondant à la mesure de la taille du patient à une profondeur ne dépassant pas généralement 20 cm. Le trou reste ouvert pendant une demi-heure afin que la chaleur soit absorbée. . Le patient s’allonge sur le dos, puis il est entièrement recouvert de sable chaud, excepté la tête. Au final il s’offre là une douche bien chaude, suivie d’un massage.

M’Hamed I.

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