« Raï is not dead » défend FANFARAÏ BIG BAND

« Raï is not dead » défend FANFARAÏ BIG BAND

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FANFARAI - STUDIO DE L'ERMITAGE - 5 NOVEMBRE 2016

FANFARAÏ BIG BAND est un groupe de 12 musiciens multi-instrumentistes passionnés issus de formations différentes, d’influences diverses et de parcours multiples. C’est la rencontre d’inspirations variées donnant naissance à des sonorités musicales colorées invitant au voyage.

 

FANFARAÏ est né en 2005 de la fusion entre la Zornadjiya Zyrara alors composée de trois membres et de cinq cuivres. L’aventure de FANFARAÏ se poursuit, puisque le groupe s’agrandit progressivement en incluant un batteur, un pianiste, un nouveau  trompettiste et un second chanteur. C’est ainsi que le groupe dorénavant composé de 12 artistes[1] devient «FANFARAÏ BIG BAND». La joyeuse fanfare qui se produisait jusque là dans la rue, gagne à présent la scène.

 

Entre 2011 et 2013, le groupe a édité deux albums, Samir Inal, l’un des fondateurs du groupe, nous confie que « le premier album «Raï Cuivré» (mai 2011) est un album Home Studio que nous avons préparé tranquillement et de manière artisanal. Le second album «Tani» (mai 2013), est plus professionnel ; c’est d’ailleurs là que nous avons commencé à faire des reprises avec «Raba» de Boutaïba SGHIR et «Zwit rwit» de Idir et que nous avons aussi introduit des morceaux de musique arabo-andalouse et de chaâbi», ajoutant que « c’est à cette occasion que nous avons eu la chance de rencontrer notre manager et productrice, Ourida YAKER, une femme exceptionnelle, courageuse et hyper pro ».

 

Dans leur troisième album « Raï is not dead », sorti en avril dernier, FANFARAÏ BIG BAND déclare fort que le Raï n’est pas mort, que le Raï est encore bien vivant.
Le groupe y affirme sa véritable identité et délivre un message musical très coloré mêlant les sons et chants traditionnels d’Algérie aux influences musicales de jazz, blues, funk, latino-américaines, turques et tziganes, passant par les inspirations de chants gnawis et y introduisant des notes de modernités apportées par la batterie, la basse et les claviers. Ainsi, FANFARAÏ veut-il redonner un souffle nouveau au Raï, ce blues-rock de l’ouest algérien qui a connu un grand succès dans les années 90 en France et dans le monde ; «Depuis le début, notre message est de faire découvrir la musique algérienne avec différentes tonalités. Nous avons toujours voulu sortir du répertoire traditionnel en le renouvelant avec différentes sonorités, afin de pouvoir délivrer un message à un large public venu d’horizons différents», relève Samir.

 

Nous noterons, que l’album « Raï is not dead » rend un bel hommage à la musique Raï, en particulier, à l’une de ses vedettes phares, Boutaïba SGHIR, dont FANFARAÏ a choisi de réarranger quatre titres: Khalouha tgari (laissez-la se garer) qui ouvre l’album, Zine akahll aïn (beauté aux yeux noirs), Samhini ya tofla (excusez-moi mademoiselle) et Diri yadik (mets ta main), interprétée par Sofiane SAIDI, l’un des invités sur cet album. On y retrouve également une reprise de Fet elli fet (le passé c’est le passé) de Ahmed WAHBY. Sur le titre Waliye, c’est Lotfi ATTAR, l’un des créateurs et guitariste du mythique groupe Raïna Rai, le second invité, y exécute un solo à la guitare. Enfin, Manity (Humanité) est le morceau qui vient clore le disque avec la participation aux timbales du troisième et dernier invité, Hichem TAKAOUTE.

 

La musique de FANFARAÏ BIG BAND est donc une recette savante composée d’un métissage d’identités sonores différentes se traduisant par une réinterprétation du répertoire musical classique algérien, au moyen de compositions et d’arrangements innovants et envoutants. Ce groupe permet ainsi de créer des liens entre la tradition et la modernité, entre les cultures et les continents.

 

Soraya DJOUADI

 

 

Légendes photos :

FANFARAÏ BIG BAND – ©Claire Curt – Concert au Studio de l’Hermitage – 2016

[1] Le groupe est composé de: Samir INAL aux percussions, oud, chœur. Patrick TOUVET à la trompette, buggle, chœur. Emmanuel LE HOUEZEC au saxophone alto et flute. Olivier COMBROUZE au saxophone ténor et baryton. Mehdi CHAIB au saxophone soprano, alto, karkabou, chœur. Yvan DJAOUTI à la trompette, buggle. Didier COMBROUZE  à la basse, shaker, claviers, guitare, chœur. Abdelkader TAB au guembri, percussions, chant. Bouabdellah KHELIFI au violon, claviers, chant. Smaïl BENHOUHOU au piano, claviers, karkabou, chœur. Hervé LE BOUCHE à la batterie, shaker, karkabou. Antoine GIRAUD au trombone.

 

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