Présidentielle algérienne: Succession ouverte

Présidentielle algérienne: Succession ouverte

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Hadj Sahraoui HassinaLeurre pour certains, diversion pour d’autres, le retour de Chakib Khelil s’apparente à une opération savamment dosée. Il serait bien parti pour succéder à el Mouradia, son ami d’enfance, dont l’état de santé, depuis la photo du Président tweetée par Manuel Valls, le Premier ministre français, aiguise les appétits. Au pis, l’ancien ministre algérien de l’Énergie et des Mines, qui poursuit sa tournée des grandes zaouïas (grandes confréries religieuses) que le président Bouteflika a beaucoup servies et aidées, serait nommé ministre conseiller à la Présidence chargé des hydrocarbures. Objectif de ce périple religieux : redorer son image et celle de sa petite famille, ternie à tort, selon ses « proches et amis », par la justice algérienne, sur injonction de l’ex-DRS (Département du renseignement et de la sécurité), les services de renseignements algériens, par la nébuleuse affaire dite Sonatrach. L’ancien ministre jure par tous les dieux et les saints qu’il est victime d’une machination politique à cause de ses liens rapprochés avec Abdelaziz Bouteflika. Depuis son retour au pays en mars dernier, après trois ans d’exil aux États-Unis, il laisse croire qu’il a rendez-vous avec l’Histoire. À Tissemsilt, dans l’ouest de l’Algérie, des voix ne se sont-elles pas élevées pour l’inviter à se présenter à la présidentielle ? Chakib Khelil, qui aime mettre en avant son statut d’expert du marché pétrolier et de la géopolitique et afficher clairement sa « disponibilité pour servir » l’Algérie, a eu le 10 mai dernier cette réponse à un journaliste qui lui demandait s’il serait candidat à la présidentielle. « C’est le peuple qui décidera. Mais si le Président me sollicite, je répondrai présent. » C’est dans ce climat « peu clair » qu’éclate l’affaire Issad Rebrab. Le plus riche homme d’affaires d’Algérie a décidé de racheter le groupe de presse El Khabar, dont KBC sa chaîne de télévision pour, primo, peser sur les élections législatives en 2017 et surtout sur la présidentielle en 2019 ; secundo, déstabiliser le scénario que le pouvoir est en train de tracer pour la succession du Président. Le pouvoir prend cette « envie » de Rebrab comme une déclaration de guerre. Bien avant notre homme d’affaires, il y eut Khalifa News en 2004 et la chaîne El Watan en 2015. Leur tort ? Elles ont eu envie de disputer le monopole de la petite lucarne au pouvoir.

La direction et toute l’équipe de Salama

souhaite au monde musulman

un bon ramadan de partage et de paix !

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