L’arabo-islamophobie d’une certaine presse algérienne

L’arabo-islamophobie d’une certaine presse algérienne

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Tous les ans, l’Unesco célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse. Le 3 mai a été proclamé Journée mondiale de la liberté de la presse par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1993.Cependant, des interrogations majeures demeurent en suspens : la liberté d’expression sans cesse sacralisée, où en est-elle ? Quel est le rôle de la presse ? Quels sont les principes fondamentaux de la liberté de la presse ? La presse rend-elle hommage à Albert Londres dont le nom est synonyme de mythe ? L’enjeu culturel révèle- t-il un changement de la presse algérienne ? La presse algérienne est- elle l’expression de l’opinion publique ?

Au menu de la presse algérienne, certains journaux font leurs gros titres sur la remise en cause de l’identité culturelle du pays. Une certaine presse algérienne est infidèle à la définition que donnait Albert Londres du devoir du journaliste : « Porter la plume dans la plaie » !, et infidèle à tant d’autres principes. Albert Londres, l’auteur du livre ‘’Terres d’ébène ‘’ s’était intéressé aux relations entre les cultures en Afrique, par opposition à la presse arabo-islamophobe, dont la démarche se borne seulement à repérer les phrases qui lui est utile de l’ouvrage ‘’Terres d’ébène’’ puis de les extraire.

L’expression ‘’ Porter la plume dans la plaie’’ est un extrait du passage suivant : ‘’ Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de cœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions la main plongée dans une corbeille de pétales de roses .Notre métier n’est pas de faire plaisir non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ‘’.Ce paragraphe est un extrait du livre ‘’Terres d’ébène ‘’ d’Albert Londres. Une certaine presse algérienne a trahi le credo d’Albert Londres.
La presse arabo-islamophobe à l’image de Mohamed Benchicou fondateur du média ‘’ Le Matin d’Algérie ‘’ et de son directeur Hamid Arab, accueille des libellistes usant de la violence verbale inspirée par l’arabo-islamophobie, tente de battre le tambour de la guerre contre l’Arabité et du conflit identitaire, et publie des articles dépréciant l’Union du Maghreb Arabe (UMA).Or, cette dernière est une union renforcée par la convergence de plusieurs composantes et qui s’est enrichie de ses nombreux affluents. L’UMA appartient culturellement et civilisationnellement à l’Ummah Arabe et Islamique, l’Ummah d’Avicenne le plus célèbre représentant de la médecine arabe, de Saladin 1 er formidable stratège et grand politique, l’un des plus grands personnages de l’histoire de l’Islam.

Pour prendre un exemple parmi tant d’autres, les Arabes, les Perses, les Kurdes et les Hébreux ont plus de points de commun que de différences. La langue Kurde et la langue Farsi ont une identité pro arabe, en ayant adopté un alphabet arabe. L’Arabe et l’Hébreu appartiennent à la même famille Sémite.
Les sabreurs de la presse arabophobe qui se disent épris de liberté pour les peuples d’Afrique du Nord, feignent d’ignorer que la Tunisie a réussi sa transition démocratique et que sa constitution mentionne que le pays constitue une partie du Maghreb arabe, qu’elle œuvre pour son unité et prend toutes les mesures pour sa concrétisation. En outre, Il est paradoxal de noter que la presse arabophobe dénigre l’Arabité tout en utilisant les chiffres arabes dans leurs articles, et l’alphabet latin pour fantasmer et encourager l’arabophobie.

De plus, il est important d’observer que la presse arabophobe s’identifie comme africaine, alors que le mot africain est un terme emprunté au latin. Cette même presse arabophobe qui a les yeux tournés vers le modèle jacobin français, omet volontairement l’histoire de la population française, alors que chaque pays doit créer et développer son propre modèle politique, religieux, culturel, social et économique. De plus, chaque être humain est libre de s’identifier à des référents linguistiques, religieux, politiques et culturels. Le ‘’Matin d’Algérie ‘’ oserait-il qualifier le peuple tunisien d’avoir mal voté et mal écrit la constitution ?
L’absence volontaire d’un débat contradictoire, pilier fondamental de la démocratie réduit la presse arabo-islamophobe à publier des lettres ouvertes, des pétitions, des tribunes et des appels demandant à leurs ‘’compatriotes’’ d’exprimer leurs solidarités pour les droits de l’homme ,d’une manière très sélective, car lors de la signature d’une pétition ou d’un appel, il y a une règle de base que ces journalistes stagiaires et certains partis politiques algériens ignorent : un signataire n’est jamais maitre de l’expression de son contenu.

Benteboula Mohamed-Salah. Géographe

Auteur du livre ‘’La diplomatie algérienne à deux têtes’’ Editions Amazon
beyusek@hotmail.fr

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