Gibran Khalil Gibran et May Ziyada

Gibran Khalil Gibran et May Ziyada

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Une incroyable histoire d’amour, qualifiée d’insurmontable et d’impossible, a réuni deux coeurs, deux âmes et deux êtres. L’immense écrivain Gibran Khalil Gibran et la féministe orientale May Ziyada.

Si Gibran Khalil Gibran était célèbre par ses écrits, lui qui était écrivain, poète et peintre, et si May Ziyada s’est illustrée par ses poèmes, ses essais et ses articles de presse, l’histoire qui a lié les deux êtres a été encore plus célèbre et plus illustre. D’autant plus que dans son originalité et dans sa trajectoire incroyable, leur histoire est devenu un conte de fée, même si le contenu reste triste et regorge de peines. Les deux amoureux, que le temps, l’espace et la géographie ont séparés, empêchant leur amour de se concrétiser dans la réalité, avaient tout pour être heureux à jamais. Mais le destin avec ses imprévus, la destinée avec ses caprices en décideront autrement. Gibran était libanais, tout comme May. Lui, était né en 1883 et elle en

  1. Trois petites années séparent les deux amoureux qui ne se sont jamais rencontrés. Gibran, qui a vécu au Liban, partira très jeune vivre en Europe, puis aux États-Unis, là où il deviendra un grand écrivain et sera plus tard reconnu comme le Victor Hugo libanais.

May de son côté a vu le jour en Palestine. De père libanais et de mère palestinienne, elle partira avec sa famille juste après ses études primaires vivre au Liban. Mais le sort ne sera pas clément, puisque les deux futurs écrivains libanais ne se rencontreront pas à cette période. Quand Gibran s’installe aux États-Unis, la famille Ziyada opte pour l’Égypte. Et quand May édite son premier recueil de poèmes en français Fleurs de rêve à l’âge de 24 ans, Gibran s’était déjà frayé un chemin dans le monde artistique à Boston où il avait exposé ses premiers dessins, il n’avait que 21 ans. La suite de sa carrière est d’une richesse telle que ses écrits et ses poésies sont repris et traduits.

May, de l’autre côté du monde, par rapport à Gibran, va connaître un parcours de femme de lettres et de militante de la cause féminine. Maîtrisant plusieurs langues, elle se penche sur la traduction des œuvres de grands écrivains. Dynamique, elle fonde le Salon littéraire qui deviendra l’espace des intellectuels égyptiens et du monde arabe. Le destin rattrape les deux futurs amoureux libanais. May, qui suivait avec attention et admiration les écrits de l’exilé Gibran, ose lui écrire une lettre,somme toute, intellectuelle, critique et amicale. Gibran, des États-Unis, lui répond avec amabilité, courtoisie et admiration.

Les lettres seront le seul contact réel entre les deux écrivains, qui vont s’échanger des écrits, des ressentis et des sentiments. Au fil du temps, l’amour s’installe sans se dévoiler, puis devient un fait. Plus les années passent, plus les mots d’amour enrichissent le répertoire de leur incroyable histoire. Leur relation amoureuse, intense et unique dans son genre, aura duré vingt ans pendant lesquels leur amour aura pris des proportions inimaginables. Seules leurs lettres peuvent raconter la dimension de cet amour féerique.

Le plus incroyable, c’est que jamais Gibran et May ne se sont rencontrés. Il était dit, il était écrit, que cet amour était impossible. Quand Gibran disparaît en 1931 à New York, May sera inconsolable durant les dix ans qu’il lui restera à vivre. Elle quittera ce monde pour rejoindre son amoureux dans l’autre monde, mais qui permet à l’amour de se réaliser.

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