France Algérie : JE T’AIME MOI NON PLUS

France Algérie : JE T’AIME MOI NON PLUS

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Le 21 juin c’était au tour de la France d’accueillir la 11e édition des Rencontres Algérie réunissant plus d’une centaine de chefs d’entreprises au siège de Business France à Paris. Le maitre-mot de cette réunion a été le « Partenariat productif ». Au-delà des entretiens B to B organisés pour les entreprises porteuses de projets, les projecteurs étaient principalement braqués sur le secteur automobile. Le nouveau directeur de Peugeot Algérie, Fayçal Hamia, a évoqué des perspectives prometteuses notamment dans la création de pôles automobiles englobant à la fois les équipementiers, la logistique et la formation professionnelle.

Néanmoins à cette occasion, l’ambassadeur d’Algérie en France M. Abdelkader Mesdoua a jeté un pavé dans la mare en dressant un constat qui a quelque peu refroidi l’auditoire : Avec moins de 200 millions d’euros par an, Les IDE français stagnent voir baissent depuis 3 ans. Monsieur Mesdoua dénonce le double langage contreproductif de certaines instances françaises.

En effet, avant de s’implanter dans un pays, les deux paramètres primordiaux qu’une entreprise française étudie avec minutie sont la fiche pays du ministère des affaires étrangères et celle de la COFACE. Concernant l’Algérie ces deux indicateurs sont au rouge.

En consultant la fiche de l’Algérie sur le site du ministère français des affaires étrangères on en a froid au dos. C’est à peine si le visiteur est invité à s’aventurer dans les grandes villes du nord sous réserve de s’entourer des plus grandes précautions sécuritaires. Le sud quant à lui est synonyme de non-retour.

La réalité est toute autre. En 2017 Oran a vu sa communauté française bondir de 27,6 %

Sans vouloir pousser le cynisme jusqu’à comparer l’ampleur du terrorisme entre nos deux pays, l’Algérie est devenue un pays où il fait bon vivre. Les entreprises françaises implantées sont les premières à le clamer. Ainsi le déclarait, lors de son intervention à ces rencontres, le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Algéro-Française, Jean-Marie Pinel.

Certes les algériens n’ont pas le coté docile de leurs voisins mais ils sont accueillants et chaleureux et même si ce n’est pas officiel, vous êtes ici dans le plus grand pays francophone.

Le tourisme, ce formidable vecteur d’image positive doit-être la réponse à cette mauvaise réputation. Le tourisme, ce parent pauvre de l’économie algérienne est une formidable opportunité pour les entreprises françaises qui ont un savoir-faire reconnu dans ce secteur d’activité.

En attribuant la note C (risque élevé) à l’Algérie pour la deuxième année consécutive, la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) bloque ces projets d’investissements productifs. En plaçant l’Algérie sur le même rang que l’Ethiopie, la Mongolie ou le Nicaragua, cet organisme influant occulte le fait qu’en dépit de la crise pétrolière le pays reste l’un des moins endetté au monde avec des réserves de change confortables. Comment peut-elle prétendre que l’Algérie est mauvais payeur alors que l’importateur algérien a l’obligation de provisionner la totalité de ses achats à l’étranger souvent un mois par avance auprès de son agence bancaire souvent française à l’instar de SGA (société générale Algérie) avec son réseau de plus de 90 agences en Algérie.

Dénigrer l’Algérie, c’est cacher le travail formidable entrepris par Jean Louis Levet, Haut Responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne qui depuis 2012 dans un travail de fourmi s’attache à réunir industriels, entrepreneurs, universitaires, chercheurs des deux côtés de la méditerranée pour des projets à long terme. Tout comme Business France Algérie avec à sa tête, Dominique Boutter qui depuis deux ans a à son actif la création de beaux partenariats. Dénigrer l’Algérie c’est occulter le travail de l’Institut français en Algérie car la culture, la formation et l’entreprise sont indissociables.

En attendant le fond d’investissement franco-algérien qui tarde a arriver on ne peut qu’observer la méthode chinoise. Prenons le futur port d’Alger; ici la Chine finance la totalité du projet à hauteur de 3,5 milliards d’euros, elle le construit et l’exploitera avec comme objectif d’être un leader en méditerranée. Les retombées économiques pour l’Algérie sont énormes.  En passant de 1er fournisseur au rang de 1er partenaire, la Chine fait le pari d’une Algérie principal acteur au niveau régional et d’un développement partagé.

Ce mois de juin, une vidéo sur internet a fait le buzz. On y voit un ministre algérien adresser des reproches à un patron chinois dans une espèce de petit-nègre arabo-franco-anglais, celui-ci lui répond dans un arabe parfait. On comprend alors que les chinois ne sont pas que de passage en Algérie. Rester pour produire ne devrait pas être une question qui se pose pour les investisseurs français.

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