Exposition Les vitraux messagers de Dalila AMMARI CHAIEB

Exposition Les vitraux messagers de Dalila AMMARI CHAIEB

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Vitrailliste – Peintre verrier, Dalila AMMARI CHAIEB est née au milieu des années 70 en île de France, à Montmorency, dans le Val-d’Oise, de parents d’origine algérienne. Elle a toujours été attirée par les arts, si bien qu’à l’âge de 20 ans, elle prend des cours de dessin chez un peintre florentin et suit des cours de peinture chez Françoise CHARREAU BOUGY.

C’est en 2009, après des études en Droit et une carrière de vingt ans dans le secteur bancaire, que Dalila entreprend courageusement une réorientation professionnelle et qu’elle se tourne définitivement vers une carrière artistique dans laquelle elle trouvera son épanouissement. Elle suit alors une formation professionnelle auprès du Maître verrier Marc GROSSWEITER à Paris et obtient, en 2010, le Diplôme des arts et techniques du verre, option : vitrailliste. Elle s’investit dès lors dans la création d’œuvres d’art qu’elle confectionne dans son propre atelier et réalise, entre-autres, le vitrail qui orne la porte de l’hôtel de ville de Groslay, de même qu’elle crée un vitrail de style art déco pour la direction générale du Crédit Municipal de Paris.
Dalila a participé à plusieurs expositions individuelles et collectives, en France et en Algérie, et a reçu le Prix Couleurs d’Art en mai 2012 pour l’ensemble de ses créations, lors du Salon des peintres et sculpteurs de Groslay.

 

Lors de sa dernière exposition en juin dernier à l’espace « Syriana » à Paris (18e), intitulée «Le Papillon», cette artiste a voulu nous délivrer des messages forts dans ses créations et c’est dès l’affiche de son exposition reprenant la photo de son vitrail «Les portes de l’âme», que Dalila commence à se dévoiler. Pour elle, les portes sont des symboles représentant les choix que l’on peut faire, les surprises que le destin nous réserve et que l’on peut découvrir une fois ces portes ouvertes ou franchies ; les portes seraient comme des passerelles vers des rencontres, vers des décisions, vers un inattendu.

 

Son art sert également la cause pour l’émancipation des femmes partout dans le monde, une cause qui lui est chère et que l’on retrouve dans son œuvre «Palmyre», qu’elle appelle sa Marianne arabe, laïque et républicaine. C’est pour elle une femme arabe, maghrébine, africaine et universelle en quête de liberté à la poursuite d’un destin meilleur, mais elle représente également la gardienne des traditions et la mémoire d’une civilisation en souffrance. Elle est le symbole de la paix, de la liberté et de l’humanité.

 

Dans le vitrail nommé « La résistante », réalisée sous forme d’auto-portrait, Dalila AMMARI CHAIEB y défend trois causes : à travers le keffieh, elle rend hommage à la résistante Ahed Tamimi et à la cause du peuple palestinien. Puis par la fleur de coton, elle délivre un message pour la défense de l’écologie et rend aussi hommage à une autre femme, Elena Ourlaeva, une militante des droits de l’homme qui se bat contre le travail forcé dans les champs de coton en Ouzbékistan. Enfin, l’auto-portrait est symbole de solidarité avec les femmes qui doivent faire face, tous les jours et partout dans le monde, aux fissures que la vie peut engendrer.

 

Cependant, ses vitraux riches en couleurs, souvent insérés de lumière, sont  fréquemment ornés de graffitis en langue arabe « Houriyyati » (ma liberté) et « Salam » (Paix), constituant pour Dalila des messages d’espoir, de lutte contre l’obscurantisme et les extrémismes de tous bords.

La création de vitraux obéit à des règles et des étapes strictes, longues et ardues, faisant appel à des techniques rigoureuses que Dalila confectionne avec passion en reproduisant les gestes quasi identiques et répétés par des artisans verriers depuis un millénaire ; elle y apporte toutefois sa touche personnelle issue de diverses cultures dont celles de ses origines.

 

Ses œuvres sont pour cette artiste passionnée un moyen de communiquer mais aussi un moyen d’initier un large public à cette discipline peu connue et souvent associée aux monuments religieux.

 

Soraya DJOUADI

 

 

 

 

Légendes PHOTOS :

 

1 – « Portrait Dalila Ammari Chaieb » – Paris (France), juin 2018

 

2 – « Les portes de l’âme » – Paris (France), juin 2018

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