Il était une fois Nacéra BENSEDDIK, la femme africaine

Il était une fois Nacéra BENSEDDIK, la femme africaine

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Nacéra BENSEDDIK est historienne de l’Afrique du Nord antique, épigraphiste et archéologue algérienne. Nous l’avons rencontrée à Paris, à l’occasion de la sortie de son dernier livre, lors de la conférence qu’elle a animée sur «Les femmes en Afrique du nord à la période antique».

 

Nacéra Benseddik est née à Bordj-bou-Arréridj (Algérie) en 1949. Elle a fait ses études secondaires au lycée de jeunes filles de Sétif, puis au lycée Victor Hugo d’Alger. Après une licence d’histoire-géographie à la Faculté des Lettres d’Alger, elle poursuit ses études d’Histoire en France et devient Docteur de troisième cycle en Histoire ancienne et épigraphie latine (Université Paris X- Nanterre, 1977), puis Docteur d’État (Université Paris IV – La Sorbonne, 1995).

 

Après son retour en Algérie, Nacéra Benseddik occupe successivement différentes fonctions, auprès du Ministère de la Culture : Conservateur en chef à la Direction des Musées, de l’Archéologie, des Monuments et Sites Historiques, Inspecteur des Antiquités à la Direction du Patrimoine Culturel, Chef de Département « Recherche et Inventaire » à l’Agence Nationale d’Archéologie et de Protection des Monuments et Sites Historiques (Alger), Inspecteur des Antiquités à l’Agence Nationale d’Archéologie et de Protection des Monuments et Sites Historiques (Alger).

Aujourd’hui elle enseigne à l’École Nationale de Conservation et de Restauration des Biens culturels d’Alger et à L’École supérieure des beaux-arts d’Alger.

 

En plus de la soixantaine d’articles scientifiques et qu’elle a publiés, le Pr. Nacéra BENSEDDIK  a  rédigé près de dix ouvrages, dont «Femmes en Afrique ancienne, Scripta antiqua, Ausonius, Bordeaux 2017» ; elle y étudie la place et le rôle des femmes dans l’Afrique du Nord ancienne afin de donner la parole aux pérégrines oubliées par les textes littéraires ou juridiques grecs et latins écrits par des hommes. Ainsi, s’est-elle intéressée à la société africaine néolithique et antique et a entrepris des recherches audacieuses en examinant des supports archéologiques: les images gisantes sur les sols nord-africains et les innombrables inscriptions latines partiales et fragmentaires, qui constituent de véritables sources.  Aussi, découvrirons-nous qu’en Afrique du nord, au néolithique dans un milieu hostile ou la période romaine, les femmes étaient déjà au travail. Elles étaient évidemment concubines, épouses, mères, nourrices, courtisanes ou esclaves, mais aussi, archères, musiciennes, chanteuses ou danseuses. Elles étaient également sages-femmes, médecins, éducatrices, commerçantes et mêmes prêtresses.

 

Lors de sa conférence Madame BENSEDDIK a évoqué quelques-uns des problèmes rencontrés dans le cadre de ses recherches et les « drames » sur le terrain. Elle a notamment fait référence au « Sarcophage des époux », datant de l’époque romaine, qui a été détruit dans le Parc de Tipaza, pourtant classé au patrimoine mondial par l’UNESCO et qui était sous la responsabilité du ministère algérien de la culture.

Elle a également dénoncé la destruction de nombreux vestiges à la station de métro, Place des martyrs – Alger, au cœur de la cité antique d’Icosium et de la ville médiévale d’El-Djazaïr Béni Mezghenna. Elle s’est également offusquée des destructions qui ont eu lieu, pour les besoins du Festival et à cause d’une mauvaise gestion, sur le site antique de Cuicul, El-Djemila, près de Sétif (inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco).

En outre, elle nous révèle que les accès aux musées et réserves sont très compliqués pour les chercheurs, les enseignants et les étudiants en Histoire et en sauvegarde du  patrimoine, voire interdit au Musée national des antiquités à Alger.

Enfin, elle nous dit très préoccupée par les financements accordés à la recherche et au manque de budgets alloués à l’archéologie et à la sauvegarde, restauration et entretien du patrimoine. Elle nous confie qu’il y a près de dix ans, elle a entrepris un projet de recherche sur le corpus des inscriptions latines sur le site de Tubusuctu (El-Kseur – Béjaïa – Algérie), mais que pour faute de financement, ce travail est à l’arrêt!

Soraya DJOUADI

 

 

Légendes Photos :

Nacéra BENSEDDIK, Femmes en Afrique ancienne, Scripta antiqua, Ausonius, Bordeaux 2017 

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