Emmanuel Macron : une stratégie en (et qui) marche !

Emmanuel Macron : une stratégie en (et qui) marche !

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Emmanuel Macron a eu du flair. En démissionnant le 30 août dernier du gouvernement Valls, il a senti que François Hollande n’était plus en mesure de se représenter et que les primaires accéléreront l’inéluctable décomposition des deux grands partis de gouvernement. Des lors, fort d’appuis importants dans la sphère économique notamment, il s’est jeté dans le bain vaseux de la présidentielle. Un pari risqué mais aujourd’hui gagnant. Lui qui ne peut se prévaloir d’une très grande expérience en politique est sur le point de remporter sa première grande bataille électorale.

Ambitieux et impatient, il n’a donc pas attendu le renoncement de son mentor pour annoncer sa candidature le 16 novembre dernier et s’est présenté en rempart contre la candidate du Front national, Marine Le Pen. La suite lui a donné raison. A droite, la campagne de François Fillon a été un naufrage après les révélations sur les emplois présumés fictifs de sa famille. A gauche, le frondeur Benoît Hamon n’a pu rassembler largement. Dans ce contexte plus que favorable, l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée de 2012 à 2014 s’est métamorphosé en une figure incontournable du paysage politiquo-médiatique français.

Mais son pari est risqué. En voulant transcender le clivage droite-gauche, entre «conservateurs» et «progressistes» et rassembler des sociaux-démocrates à la droite sociale, il aura des difficultés à constituer une majorité au parlement. Bien qu’il a déjà su séduire des personnalités de tout bords y compris parmi ses ex-détracteurs. Le très probable futur président de la République souhaite par ailleurs incarner la mondialisation heureuse et se veut être « le président de l’espoir » dans une France où le vote FN fait des ravages, notamment dans les régions désindustrialisées. L’heure est grave en effet : le « diviser pour mieux régner » de Marine Le Pen gagne du terrain. Même si ses réserves de voix paraissent minces, il faudra rassembler largement au second tour pour éviter l’arrivée du nationalisme haineux au pouvoir. Or, malgré ce contexte tendu, Jean Luc Mélenchon refuse de se prononcer, voulant certainement garder le contrôle de son électorat pour les prochaines élections législatives. Des lors, même si une bonne partie de la droite et la quasi totalité des électeurs  PS comptent voter en faveur d’Emmanuel Macron, celui-ci doit rester prudent car la diabolisation de Marine Le Pen ne suffira pas !

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