Au-delà des attentes…

Au-delà des attentes…

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Hadj Sahraoui HassinaContre toute attente, les quatorze pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) sont convenus, à l’issue d’une réunion extraordinaire le 28 septembre dernier à Alger, de réduire leur production de brut de 750 000 barils par jour, soit la moitié de l’excédent de la production mondiale. C’est la plus importante limitation depuis la crise financière post-Lehman Brothers qui a fait plonger, au cours de l’été 2008, le baril de 147 dollars à moins de 35 dollars six mois plus tard. Objectif de cet accord conclu en marge du 15e Forum mondial de l’énergie : faire remonter durablement les cours divisés par deux depuis l’été 2014. Sous la pression du Venezuela, de l’Irak, l’Algérie, du Nigeria et de l’Angola, l’Arabie saoudite, qui a découvert l’austérité budgétaire, malgré ses 10,6 millions de barils par jour, et qui a dû se résoudre à annoncer des réductions de salaire à ses fonctionnaires – une mesure sans précédent dans son histoire –, a lâché du lest. Depuis l’indépendance de l’Algérie, 6 % de l’économie du pays repose sur le gaz et le pétrole, qui représentent 96 % de ses exportations, soit près de la moitié de son PIB et 60 % des recettes budgétaires de l’état. Autant dire que l’effondrement des prix est une catastrophe. L’Algérie est le cinquième pays producteur de gaz et le treizième producteur de
pétrole. Problème ! Cette manne a très peu été investie dans le développement de l’économie nationale : elle a surtout servi à acheter la paix sociale en finançant des produits de première nécessité et des augmentations de salaire versés aux fonctionnaires et employés des entreprises publiques. Aujourd’hui, le gouvernement n’a plus les moyens de subventionner des dizaines de produits, ce qui était pour lui le moyen de soutenir le pouvoir d’achat des Algériens. Un
pouvoir d’achat déjà estropié par la baisse du dinar – 15 % en un an par rapport à l’euro. Le chômage qui frappe le pays depuis deux ans, touchant massivement les moins de 25 ans, et
le ralentissement de l’économie n’améliore pas les perspectives. Bien au contraire ! Il faut dire que certains jeunes se sont trop habitués à l’argent facile et qu’ils travaillent moins. La plupart
des salariés « vont au travail, mais ils ne travaillent pas ». L’état a versé des sommes colossales pour les projets passant par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes (ANSEJ). Il a
donné l’équivalent de 150 000 euros pour aider les jeunes sans préparation, ni formation, ni encadrement à entreprendre (60 % de ses projets ont été proposés dans le domaine des transports,
à savoir, location de voiture, taxi, etc.). Certaines personnes ont changé au noir le prêt octroyé par les banques puis ont traversé la Méditerranée pour un autre rêve ! Même quand le prix des hydrocarbures se remettra à progresser, l’Algérie ne sera pas au bout de ses peines. Car tous les voyants ont déjà viré au rouge : la production est en baisse, la consommation nationale flambe et la part réservée aux exportations recule. Prendre conscience, avoir un intérêt général pour son pays… l’Algérie, et l’Afrique aussi, doivent réellement produire et coproduire avec les Européens, l’Asie… investir dans le tourisme, les services, etc. Il n’y a plus d’autres choix, car les challenges économiques vont être rudes !

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