Algérie : L’impossibilité de créer une cause commune

Algérie : L’impossibilité de créer une cause commune

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Propos de Smaïn Laacher, sociologue, chercheur au Centre d’études des mouvements sociaux (CNRS École des hautes études en sciences sociales), autour de son ouvrage Insurrections arabes. Utopie révolutionnaire et impensé démocratique recueillis par la journaliste et chroniqueuse littéraire Nadia Agsous in Des Hommes et leurs Mondes (édition Dalimen).

La situation en Algérie se caractérise notamment par une difficulté de s’unir autour de mots d’ordre nationaux consensuels… À quoi attribuez-vous cet état de fait ?

Smain Laacher Ce problème s’enracine très profondément dans l’histoire de l’Algérie. Il suffit d’observer le mouvement nationaliste. Ce dernier a été traversé par des divisions meurtrières. Les Algériens sont dans une incapacité complète d’aborder les contradictions et de les résoudre pacifiquement ou de s’unifier autour d’une cause nationale. Cet état de fait est profondément lié au nationalisme et au mode d’enfantement de la nation et du désir de vouloir cette nation : une volonté dominée par la force et la tendance à écraser dans le sang toute parole qui s’évertuerait à proposer des modèles économiques et de pouvoir différents. Je pense que cette incapacité à créer des causes nationales renvoie au fait que les Algériens ne se trouvent pas encore dans une nation qu’ils habiteraient et par laquelle ils seraient habités (PP. 183-184-185).

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