Abdelghani Hamel : « Nous devons intensifier la coopération sécuritaire en Afrique »

Abdelghani Hamel : « Nous devons intensifier la coopération sécuritaire en Afrique »

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Le patron de la DGSN, le Général-Major Abdelghani Hamel, ici en compagnie de Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'UA, a été désigné premier président de l'Afripol

Le directeur de la DGSN, le Général-Major Abdelghani Hamel, a été désigné à la tête du Mécanisme de coopération policière africaine (Afripol) le 16 mai dernier à Alger. Il nous a accordé un entretien afin de nous expliquer la vocation et les objectifs de cet organisme continental.

Salama magazine : Quelle est la vocation du mécanisme de coopération policière Afripol dont vous avez été désigné président pour un mandat de deux ans ?

Abdelghani Hamel: Afripol est un organisme de coopération régionale qui a une double vocation.  La première concernera la formation et le renforcement des capacités des polices africaines dans le but de remettre à niveau certaines d’entre elles, la deuxième consistera en un échange d’information entre les différentes polices continentales ainsi qu’avec interpol. Il y aura par conséquent des bureaux de liaisons dans chaque pays africain.

Quels sont les objectifs que vous vous fixez pour votre mandant à la tête de l’Afripol ?

Nous comptons lutter plus efficacement contre la cybercriminalité, le terrorisme, la criminalité transnationale, le trafic des armes, des personnes et de drogue ainsi que toutes les formes contemporaines d’esclavage à travers l’intensification des échanges de données.

Les polices africaines sont-elles suffisamment outillées sur le plan technologique pour accomplir les objectifs fixés par l’Afripol ?

Comme je vous l’ai déjà précisé, nous allons former les polices de certains pays afin de les remettre à niveau. Nous allons, dans cette perspective, leur faire des propositions concrètes afin d’enclencher un processus de modernisation sur le plan des télécommunications, de la télésurveillance et des solutions informatiques.

Comment peut-on peut lutter concrètement contre la cybercriminalité ?

D’abord, le mot « cybercriminalité » recouvre un spectre assez large. Il y a le cyber terrorisme, le cyber endoctrinement..etc. A travers internet, on peut faire de la propagande, du recrutement, comme on peut commettre des cyberattaques contre des sites gouvernementaux par exemple. Notre objectif est donc de lutter contre toutes ces formes de cybercriminalité en mettant notamment à disposition des polices continentales un matériel performant permettant de créer des synergies.

De nombreux pays, à l’instar de la France et de la Russie, ont récemment subi des cyberattaques massives. L’Algérie a-t-elle été touchée ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Cela ne relève pas de ma compétence. Mais je peux vous dire en revanche que nous disposons d’un bureau central chargé de la lutte contre la cybercriminalité en Algérie. Concernant notre institution policière, nous avons les moyens, les capacités et les compétences pour lutter contre ce type d’agressions.

La police nationale est donc outillée sur tous les plans afin d’assurer la sécurité de nos concitoyens ?

Dans la phase actuelle, on ne peut pas parler de lutte contre le terrorisme de manière singulière. Lorsqu’on parle de lutte contre le terrorisme, on doit parler de lutte contre le cyber terrorisme mais également de lutte contre les migrations. Ces deux facteurs s’imbriquent dans la bataille sécuritaire.

Propos recueillis par Hassina Hadj-Sahraoui

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